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Mobilisation générale en France :
ce que dit le Code de la défense

La France n'a pas mobilisé de civils depuis 1939. Le droit le permet toujours, par décret en Conseil des ministres. Mobilisation, réquisition, service volontaire : trois mécanismes distincts, un vide juridique majeur sur les exemptions.

Mis à jour le mardi 5 mai 2026 — 13h08
14 min
Militaires français en tenue de camouflage rassemblés sur les Champs-Élysées à Paris — symbole de l'armée d'active française
Militaires français sur les Champs-Élysées : la France s'appuie sur ses 200 000 militaires d'active et ses 43 794 réservistes opérationnels.© AFP / Geoffroy Van der Hasselt
Mise à jour — 4 mai 2026. Le service militaire volontaire annoncé par Emmanuel Macron le 27 novembre 2025 ouvre ses candidatures à la mi-janvier 2026 : 18-19 ans, 10 mois, 800 € par mois, premières incorporations en septembre 2026 (3 000 jeunes), cible 50 000 par an en 2035. La LPM 2024-2030 (loi du 1er août 2023) a profondément modifié le régime de la réquisition : depuis le 1er août 2024, le nouvel article L2212-5 du Code de la défense supprime les protections automatiques pour les femmes enceintes ou aidantes — seule l'aptitude physique compte. Le refus de déférer à une réquisition est puni de cinq ans d'emprisonnement et 500 000 euros d'amende. La cible LPM affiche 80 000 réservistes opérationnels en 2030 et 105 000 en 2035 (43 794 fin 2024).

La France n'a pas mobilisé de civils sous les drapeaux depuis 1939. Le droit le permet toujours.

À chaque crise géopolitique majeure, une requête se multiplie sur Google : « mobilisation générale France ». Peut-on être appelé sous les drapeaux ? À quel âge ? Les femmes aussi ? Que risque-t-on en cas de refus ? Les réponses sont dans le Code de la défense et dans le Code du service national. Elles sont précises, mais pas simples.

Trois mécanismes juridiques sont régulièrement confondus dans le débat public : la mobilisation générale, la réquisition, et le service militaire volontaire annoncé en novembre 2025. Ils n'obéissent pas aux mêmes règles, ne déclenchent pas les mêmes obligations, et ne s'adressent pas aux mêmes personnes.

Un vide juridique majeur subsiste : depuis la suspension du service militaire en 1997, aucune liste actualisée d'exemptions n'existe. Si l'État devait rétablir l'appel sous les drapeaux, il devrait écrire un cadre nouveau.

La mobilisation générale dans le Code de la défense

La mobilisation générale est définie aux articles L2141-1 à L2142-1 du Titre IV du Code de la défense.

L'article L2141-1 la présente comme la mise en œuvre de « l'ensemble des mesures de défense déjà préparées ». L'article L2141-2 précise qu'elle est « décidée par décret pris en Conseil des ministres ». L'article L2141-3 prévoit que ces décrets ont pour effet la « mise en application immédiate des dispositions que le Gouvernement doit préparer et adapter à tout moment aux nécessités de la défense ». Le ministre des Armées notifie l'ordre aux autorités civiles et militaires.

Trois principes en découlent.

Premier principe : un acte de l'exécutif, pas du Parlement. Le président de la République, réuni avec ses ministres, peut déclencher la mobilisation sans vote des assemblées. La Constitution (article 35) exige l'autorisation du Parlement pour une déclaration de guerre. Mais mobilisation et déclaration de guerre sont deux actes juridiques distincts. Une mobilisation peut théoriquement être déclenchée sans qu'aucune guerre ne soit formellement déclarée.

Deuxième principe : générale ou partielle. L'article L2141-4 ouvre le choix. En cas de mobilisation partielle, seuls les personnels désignés par le décret sont convoqués par ordre d'appel individuel, indiquant à chacun l'unité à rejoindre et le délai pour s'y rendre. L'ordre peut aussi être diffusé par voie d'affiches et de publications.

Troisième principe : un dernier recours non utilisé depuis 1939. La dernière mobilisation générale en France remonte au samedi 2 septembre 1939. Le président Albert Lebrun signe ce jour-là le décret mobilisant les armées de terre, de mer et de l'air. Cinq millions d'hommes sont appelés — soit environ 40 % de la population active masculine de l'époque. Aucune mobilisation générale n'a été décrétée sous la Ve République.

Service militaire : suspendu en 1997, pas supprimé

Le point passe souvent inaperçu. Depuis la loi n° 97-1019 du 28 octobre 1997 portant réforme du service national, l'appel sous les drapeaux est suspendu. Pas supprimé.

L'article L112-2 du Code du service national est explicite : l'appel sous les drapeaux peut être « rétabli à tout moment par la loi » dès lors que « les conditions de la défense de la Nation l'exigent ». Concrètement, il suffirait d'un vote du Parlement pour réactiver le service obligatoire. Pas de référendum, pas de révision constitutionnelle.

La suspension de 1997 vise spécifiquement les hommes nés après le 31 décembre 1978 et les femmes nées après le 31 décembre 1982. Pour les classes antérieures, les obligations militaires ont continué de s'appliquer jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2003. Le dernier contingent de conscrits a quitté l'uniforme fin 2001.

Trois mécanismes citoyens demeurent toutefois actifs.

Le recensement à 16 ans. Tous les jeunes Français — hommes et femmes — doivent se faire recenser dans les trois mois suivant leur 16ᵉ anniversaire, à la mairie de leur domicile ou en ligne sur service-public.fr. Le recensement génère une attestation indispensable pour le permis de conduire et l'inscription aux examens scolaires.

La Journée Défense et Citoyenneté (JDC). Obligatoire pour les jeunes Français, généralement passée entre 17 et 18 ans (date butoir 25 ans), elle a remplacé l'ancien service national en 1998. Une journée de présentation des armées, des enjeux de défense et des engagements possibles. Plus de 800 000 jeunes y participent chaque année. La JDC inclut un test d'évaluation des apprentissages fondamentaux qui détecte chaque année près de 100 000 jeunes en difficulté de lecture, redirigés vers des dispositifs de remédiation. Sans attestation de recensement et de JDC, impossible de s'inscrire au baccalauréat, au permis de conduire ou à un examen public avant 25 ans.

La Garde nationale. Créée en 2016 après les attentats de 2015, elle regroupe les réservistes opérationnels et les réservistes citoyens. Volontariat strict, formation militaire, engagement contractuel. Pas une obligation, mais une voie d'engagement encadrée. Les réservistes opérationnels effectuent typiquement entre 30 et 60 jours de service par an, rémunérés selon leur grade. Les réservistes citoyens, eux, exercent un rôle de relais auprès du grand public, sans engagement opérationnel direct. La Garde nationale a vocation à intervenir aussi bien sur les missions de protection du territoire (sentinelle, points sensibles) que sur les opérations extérieures, dans la limite des plafonds fixés par contrat.

Le vide juridique des exemptions

C'est le point le plus méconnu — et probablement le plus structurant. Les anciennes dispositions du Code du service national prévoyaient des exemptions : orphelins de la Nation, soutiens de famille, inaptes physiques ou psychiques. Ces dispositions ont été suspendues avec la loi de 1997 et ont cessé de s'appliquer aux classes antérieures le 1ᵉʳ janvier 2003.

Résultat : en cas de rétablissement de l'appel sous les drapeaux ou de mobilisation générale, il n'existe pas de liste actualisée d'exemptions. Le législateur devrait définir de nouvelles règles depuis zéro.

Qui serait dispensé ? Les parents isolés ? Les personnes handicapées ? Les professions essentielles (médecins, infirmiers, pompiers, électriciens du nucléaire, ingénieurs cyber) ? Les étudiants en cours d'études supérieures ? Les détenus ? Les ressortissants binationaux ? La loi actuelle ne dit rien.

Ce vide juridique, rarement commenté publiquement, est pourtant la première question que des millions de Français se poseraient si la situation l'exigeait. Il est aussi le signal d'un sujet politique laissé en jachère : aucune proposition de loi récente n'a tenté de combler le trou normatif.

Mobilisation, réquisition, service volontaire : trois mécanismes distincts

Derrière l'anxiété, il y a surtout une confusion entre trois mécanismes juridiques qui obéissent à des logiques différentes.

La mobilisation générale (articles L2141-1 et suivants du Code de la défense) consiste à intégrer des civils dans les forces armées et à les envoyer au combat. C'est le scénario le plus extrême — celui de 1939.

La réquisition (articles L2212-1 à L2212-11 du Code de la défense, profondément remaniés par la LPM 2023) permet à l'État de s'approprier des moyens humains et matériels — véhicules, usines, compétences professionnelles — sans enrôler ni envoyer au combat. Un décret en Conseil des ministres l'ordonne, voire un acte ministériel en cas d'urgence.

Le service militaire volontaire (annoncé en novembre 2025 par Emmanuel Macron) obéit à une logique entièrement différente. Il s'agit d'un dispositif de temps de paix, exclusivement basé sur le volontariat.

Une mobilisation générale est l'outil le plus contraignant et le moins probable. Une réquisition est plus modulable et beaucoup plus crédible dans les scénarios contemporains. Le service militaire volontaire vise une logique d'attractivité, pas de contrainte.

La réquisition durcie par la LPM 2023

La loi n° 2023-703 du 1ᵉʳ août 2023 relative à la programmation militaire 2024-2030 a profondément modifié le régime des réquisitions. L'ensemble du livre II du Code de la défense a été restructuré. Son titre, autrefois « Réquisitions pour les besoins généraux de la nation », est devenu « Réquisitions pour les besoins de la défense et de la sécurité nationale ».

Les personnes peuvent désormais être réquisitionnées « en fonction de leurs aptitudes physiques, psychiques et compétences professionnelles ». Le refus de déférer à une réquisition est puni de cinq ans d'emprisonnement et 500 000 euros d'amende.

Le changement le plus discret est aussi le plus structurant. L'ancien article L2212-2 protégeait explicitement contre la réquisition individuelle :

  • les femmes enceintes,
  • les femmes effectivement chargées de la garde non professionnelle d'un ou plusieurs enfants d'âge scolaire,
  • les personnes effectivement chargées d'une ou plusieurs personnes de plus de 70 ans,
  • les personnes effectivement chargées d'une ou plusieurs personnes nécessitant une assistance permanente.

La LPM 2023 a créé un nouvel article L2212-5, en vigueur depuis le 1ᵉʳ août 2024, qui rend caduques ces protections. Désormais, seule subsiste la condition d'aptitude physique. Toutes les femmes peuvent être réquisitionnées, sauf si leur état physique ne le permet pas — la grossesse est traitée non comme une protection automatique, mais comme un cas potentiel d'inaptitude.

Ce changement, très peu commenté publiquement, modifie la portée concrète de la réquisition pour des millions de personnes. C'est l'un des retraits les plus significatifs de protections genrées dans le droit de la défense depuis l'après-guerre.

Le service militaire volontaire 2026 : 18-19 ans, 800 €, 50 000 en 2035

Le 27 novembre 2025, lors d'une visite à la 27ᵉ brigade d'infanterie de montagne de Varces, en Isère, Emmanuel Macron annonce la création d'un nouveau service militaire volontaire. Un dispositif de temps de paix, qui ne se confond ni avec la mobilisation, ni avec la réquisition, ni avec le service obligatoire suspendu en 1997.

Public cible : les jeunes Français de 18 et 19 ans. Une extension jusqu'à 25 ans reste possible « dans des cas exceptionnels », sur autorisation parlementaire — mais le cœur du dispositif vise les sortants de la majorité.

Durée : 10 mois, dont un mois de formation militaire initiale (discipline, maniement d'arme, défilé, rituels) suivi de neuf mois d'affectation opérationnelle dans une unité militaire sur le territoire national.

Rémunération : 800 euros par mois, plus l'uniforme et l'équipement. Affectation exclusivement sur le sol français — pas de projection extérieure, pas de zone de combat.

Calendrier de montée en puissance :

  • Ouverture des candidatures : mi-janvier 2026.
  • Premières incorporations : septembre à novembre 2026, 3 000 jeunes.
  • 2030 : objectif 10 000 jeunes incorporés par an.
  • 2035 : ambition 50 000 jeunes par an.

L'effectif visé reste modeste comparé aux 800 000 jeunes participant chaque année à la JDC. Le dispositif ne reproduit donc pas le service militaire universel : il vise un public restreint, motivé, rémunéré, sur des missions strictement nationales.

Pour ceux qui souhaitent s'engager au-delà de ce dispositif, la voie classique reste la réserve opérationnelle ouverte aux civils volontaires, ainsi que les Recrutement armée française : 26 000 postes ouverts par an, le guide pour postuler chaque année.

La trajectoire de la réserve : 80 000 en 2030, 105 000 en 2035

Le chantier prioritaire de la défense française n'est pas la conscription. C'est la montée en puissance de la réserve opérationnelle.

La France comptait 43 794 réservistes opérationnels au 31 décembre 2024, en hausse de plus de 10 % en un an — la plus forte croissance depuis 2016. La cible LPM 2024-2030 fixe :

  • 80 000 réservistes opérationnels en 2030, sur un total de 355 000 personnels (275 000 militaires d'active et civils + 80 000 réservistes) ;
  • 105 000 réservistes en 2035, pour atteindre un ratio d'un réserviste pour deux militaires d'active, y compris outre-mer.

L'âge limite des réservistes opérationnels a été relevé à 70 ans par la LPM 2024-2030. Il atteint 72 ans pour les médecins, pharmaciens, vétérinaires et chirurgiens-dentistes — professions tendues côté militaire, où l'expérience civile pèse.

L'âge plafond pour les civils non réservistes en cas de mobilisation générale totale n'est, lui, pas fixé clairement par le Code actuel. C'est un autre vide juridique que le législateur devrait combler en urgence si la situation l'exigeait.

Cette trajectoire concentre les efforts du ministère des Armées, loin du fantasme de la conscription de masse. Elle s'accompagne d'une simplification des procédures de recrutement et d'une meilleure articulation avec les employeurs civils, dont la coopération conditionne la disponibilité des réservistes.

Comparaison européenne : qui a déjà rétabli la conscription ?

La France n'est pas seule à se poser la question. Plusieurs pays européens ont déjà rétabli — totalement ou partiellement — la conscription au cours des dernières années.

La Suède a rétabli la conscription en 2017, après l'avoir suspendue en 2010. Le modèle suédois est mixte : recensement obligatoire pour les jeunes de 18 ans, sélection sur volontariat et critères d'aptitude. Environ 8 000 jeunes incorporés chaque année, sur une classe d'âge de plus de 100 000. La sélection s'appuie sur un questionnaire en ligne et un test physique. La durée du service varie de 9 à 15 mois. Les femmes sont incluses sur le même pied que les hommes — une singularité européenne souvent citée en exemple.

La Lettonie a remis en place le service militaire obligatoire en 2023, avec une mise en œuvre opérationnelle à partir de 2024. Onze mois pour les hommes de 18 à 27 ans, avec une option volontaire pour les femmes. Décision prise dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne déclenchée en 2022.

L'Allemagne débat depuis 2024 du retour partiel à un service obligatoire ou « semi-obligatoire ». Le ministre de la Défense Boris Pistorius a proposé un dispositif inspiré du modèle suédois : recensement universel, sélection par tirage et critères, affectation sur six mois renouvelables. La Bundeswehr compte environ 181 000 militaires d'active, après avoir culminé à près de 500 000 personnels avant la fin de la guerre froide, et peine à attirer suffisamment de volontaires. La cible affichée par Berlin est de 460 000 militaires (active + réserve) à l'horizon 2030 — soit un peu plus du double des effectifs actuels. Le débat n'est pas tranché, et les forces armées allemandes restent largement professionnelles.

La Finlande, la Norvège, le Danemark n'ont jamais aboli la conscription. Le service y est universel ou ciblé selon le pays, avec des durées variables de 4 à 19 mois. La Finlande maintient une réserve mobilisable de 280 000 hommes — ratio considéré comme un modèle par les états-majors européens.

La position française reste singulière : pas de conscription, pas de retour annoncé, mais un service militaire volontaire à effectifs limités et une réserve opérationnelle en montée en puissance. Les forces professionnelles, les alliances (OTAN, coopérations bilatérales) et les capacités industrielles concentrent les efforts. L'absence de doctrine de protection civile à grande échelle et las'inscrivent dans la même logique : préparer la population sans la mobiliser.

La mobilisation générale reste un outil juridique opérationnel. Mais elle est un dernier recours que la France n'a pas utilisé depuis 1939. Le droit le permet — et c'est précisément parce que ce droit existe que la question mérite une réponse factuelle, pas des titres anxiogènes.

Le vide juridique des exemptions, lui, reste à combler. C'est probablement l'angle politique qu'une future législature aura à trancher si la situation stratégique évolue.

À lire aussi

Sources primaires officielles : Code de la défense (Légifrance), Code du service national (Légifrance), Loi n° 2023-703 du 1ᵉʳ août 2023 (LPM 2024-2030), Loi n° 97-1019 du 28 octobre 1997 (réforme du service national), Ministère des Armées — Réserves, Ministère des Armées — Objectif réservistes LPM 2024-2030, Ministère des Armées — Annonce du service militaire volontaire (27 novembre 2025).

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L'essentiel

  • Mobilisation générale : décret en Conseil des ministres (article L2141-2 du Code de la défense), sans vote du Parlement.
  • Service militaire suspendu depuis la loi du 28 octobre 1997, pas supprimé : un vote du Parlement suffit à le rétablir (article L112-2 du Code du service national).
  • Vide juridique : aucune liste actualisée d'exemptions depuis la suspension de 1997. Les anciennes dispositions ont cessé de s'appliquer le 1ᵉʳ janvier 2003.
  • LPM 2024-2030 : 43 794 réservistes opérationnels au 31 décembre 2024, objectif 80 000 en 2030 puis 105 000 en 2035 (ratio 1 réserviste / 2 militaires d'active).
  • Service militaire volontaire annoncé le 27 novembre 2025 : 18-19 ans, 10 mois, 800 €/mois, 3 000 incorporations en 2026 et cible 50 000/an en 2035.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre mobilisation générale et réquisition en France ?
La mobilisation générale (articles L2141-1 et suivants du Code de la défense) intègre des civils dans les forces armées pour les envoyer au combat. La réquisition (articles L2212-1 et suivants, modifiés par la LPM 2023) permet à l'État de s'approprier des moyens humains et matériels — véhicules, usines, compétences professionnelles — sans enrôler ni envoyer au combat. La mobilisation nécessite un décret en Conseil des ministres ; la réquisition peut être ordonnée par un acte ministériel en cas d'urgence. Le refus de déférer à une réquisition est passible de cinq ans d'emprisonnement et 500 000 € d'amende.
Les femmes peuvent-elles être mobilisées ou réquisitionnées en France ?
Oui. Le Code du service national vise explicitement « les hommes et les femmes de la disponibilité et les hommes et les femmes de la réserve ». La loi n° 2023-703 du 1ᵉʳ août 2023 (LPM 2024-2030) a créé un nouvel article L2212-5 du Code de la défense, en vigueur depuis le 1ᵉʳ août 2024, qui rend caduques les protections antérieures de l'ancien article L2212-2 (femmes enceintes, charges d'enfants en âge scolaire, charges de personnes de plus de 70 ans ou nécessitant une assistance permanente). Désormais, seule subsiste la condition d'aptitude physique.
Quel est l'âge limite pour être appelé sous les drapeaux en France ?
Pour les réservistes opérationnels, la LPM 2024-2030 a relevé l'âge limite à 70 ans (72 ans pour les médecins, pharmaciens, vétérinaires et chirurgiens-dentistes). Pour les civils non réservistes, en cas de mobilisation générale totale, le Code actuel ne fixe pas clairement de plafond — un vide juridique que le législateur devrait combler en urgence si la situation l'exigeait. L'âge minimum d'appel serait 18 ans, conformément au recensement obligatoire effectué à 16 ans.
Le service militaire obligatoire peut-il être rétabli en France ?
Oui. L'article L112-2 du Code du service national prévoit que l'appel sous les drapeaux peut être « rétabli à tout moment par la loi » dès lors que « les conditions de la défense de la Nation l'exigent ». Concrètement, un vote du Parlement suffit — pas besoin de référendum ni de révision constitutionnelle. La suspension actée par la loi du 28 octobre 1997 visait les hommes nés après le 31 décembre 1978 et les femmes nées après le 31 décembre 1982 ; les obligations militaires des classes antérieures ont continué de s'appliquer jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2003.
Qu'est-ce que le nouveau service militaire volontaire 2026 ?
Annoncé par Emmanuel Macron le 27 novembre 2025 lors d'une visite à la 27ᵉ brigade d'infanterie de montagne de Varces (Isère), il s'agit d'un dispositif de temps de paix qui ne se confond ni avec la mobilisation, ni avec la réquisition, ni avec le service obligatoire suspendu en 1997. Public cible : jeunes Français de 18-19 ans (extension jusqu'à 25 ans possible « dans des cas exceptionnels » sur autorisation parlementaire). Durée : 10 mois — un mois de formation militaire initiale (discipline, maniement d'arme, défilé, rituels) suivi de neuf mois d'affectation opérationnelle dans une unité militaire sur le territoire national. Rémunération : 800 euros par mois, plus l'uniforme et l'équipement. Affectation exclusivement sur le sol français : pas de projection extérieure ni zone de combat. Ouverture des candidatures à mi-janvier 2026, avec un objectif de 50 000 volontaires intégrés à l'horizon 2035.

Thomas Renaud

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