Un militaire français a été tué et six blessés jeudi soir dans une attaque de drone au Kurdistan irakien. L'adjudant-chef Arnaud Frion, commando montagne de 42 ans, est la première victime française de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février.
Arnaud Frion, commando montagne de 42 ans
« L'adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak », a annoncé dans la nuit le président Emmanuel Macron sur X.
Déployé en Irak depuis fin janvier, Arnaud Frion avait été engagé à de nombreuses reprises au cours de sa carrière, notamment au Tchad, en Afghanistan et à plusieurs reprises au Mali, selon l'armée de Terre.
Il a été « frappé par un drone Shahed », un engin de conception iranienne de longue portée, selon le colonel François-Xavier de la Chesnais, chef de corps du 7e BCA, qui a salué un « excellent soldat, ultra-compétent ».
Le porte-parole de l'état-major, le colonel Guillaume Vernet, a toutefois jugé « prématuré » d'affirmer quel type de drone a été utilisé ou d'où il avait été tiré, indiquant qu'une « enquête technique » est en cours.
Le « Camp Tiger », une base au Kurdistan irakien
Le drone a frappé jeudi à 19h40 GMT le « Camp Tiger », une base sous l'autorité des combattants kurdes Peshmerga, située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.

La base est entourée d'une profonde tranchée de trois mètres de large et l'enceinte est surmontée de sacs de sable soigneusement empilés, ont constaté vendredi des journalistes de l'AFP. Un des deux soldats en faction a assuré à l'AFP que « tout le monde est parti », sans préciser quand les occupants avaient levé le camp.
« Nous déplaçons régulièrement notre personnel de manière à leur donner les meilleures garanties de sécurité, qui reste une priorité pour les armées », a indiqué le colonel Vernet.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien a essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Des militaires américains, français, britanniques et italiens y sont déployés dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe État islamique, mise en place en 2014.
Menaces pro-iraniennes contre les intérêts français
Un groupe armé pro-iranien nommé Ashab al-Kahf a annoncé vendredi sur Telegram prendre pour cible les intérêts français dans la région après le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale.

« Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible », a déclaré le groupe.
Cette milice chiite pro-iranienne a exhorté les forces de sécurité irakiennes à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, selon le groupe, des militaires français.
Emmanuel Macron a rappelé que la présence des militaires français en Irak « s'inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme » auprès des partenaires irakiens. Pour le président, la guerre en Iran « ne saurait justifier de telles attaques ». Paris met en avant le « rôle défensif » de la France dans le conflit, ayant renforcé son dispositif pour protéger les ressortissants français et soutenir ses partenaires dans la région.











