Après une première session de pourparlers vendredi à Oman, l'Iran a fermement exclu dimanche 8 février toute concession sur l'enrichissement de l'uranium, pierre d'achoppement majeure dans les négociations avec les États-Unis. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a également mis en doute le « sérieux » de Washington à « mener de véritables négociations ».
Le refus catégorique de Téhéran
M. Araghchi a réaffirmé lors d'une conférence de presse que l'Iran ne céderait pas à la demande réitérée de Donald Trump de renoncer à l'enrichissement d'uranium, « même si une guerre nous est imposée ». Le ministre a indiqué, sans plus de détails, que l'Iran pouvait envisager « une série de mesures de confiance concernant le programme nucléaire », en contrepartie d'une levée des sanctions internationales qui asphyxient son économie.
Téhéran martèle ne vouloir discuter que de son programme nucléaire, qu'il présente comme strictement civil. Les États-Unis, qui ont déployé une vaste force navale dans le Golfe, exigent un accord plus large, incluant la limitation des capacités balistiques du pays et l'arrêt de son soutien à des groupes armés hostiles à Israël.
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Washington entre négociation et pression militaire
Le négociateur américain Steve Witkoff s'est rendu la veille à bord du porte-avions Abraham Lincoln, dépêché dans le Golfe, accompagné de l'amiral Brad Cooper, chef du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, et de Jared Kushner, gendre de Donald Trump. M. Witkoff a mis en avant « le message de paix et de force du président Trump ».
Le déploiement militaire américain « ne nous effraie pas », a rétorqué M. Araghchi. En cas d'attaque, l'Iran a menacé de frapper les bases américaines dans la région et de bloquer le détroit d'Ormuz, passage clé des approvisionnements énergétiques mondiaux.
Donald Trump a qualifié les discussions
Donald Trump a qualifié les discussions entre Witkoff, Kushner et Araghchi -- les premières depuis les bombardements américains d'installations nucléaires iraniennes en juin dernier -- de « très bonnes » et affirmé qu'elles se poursuivraient « en début de semaine prochaine ».
Israël exige un accord global
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui doit rencontrer Donald Trump mercredi à Washington, exige que les volets balistique et de soutien aux groupes armés soient « inclus dans toute négociation ». Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a déclaré que « la tentative de l'Iran d'obtenir l'arme la plus dangereuse au monde constitue une menace claire pour la paix mondiale ».
La question des missiles iraniens « ne pourra jamais être négociée, s'agissant d'un enjeu de défense », a réaffirmé M. Araghchi, faisant également état de « consultations » avec la Chine et la Russie.
Près de 7 000 morts dans la répression
En parallèle des négociations, la répression se poursuit en Iran. L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, a confirmé 6 961 morts dans le mouvement de contestation, pour la plupart des manifestants, et a recensé plus de 51 000 arrestations. D'autres ONG redoutent un bilan beaucoup plus élevé, dont l'ampleur a été dissimulée par trois semaines de coupure d'internet.












