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Présidentielle 2027 :
où en sont les candidats et les sondages

Premier tour le 11 avril 2027. Bardella écrase tous les sondages au premier tour, mais Philippe est le seul à le battre au second. Verdict en appel pour Le Pen le 7 juillet 2026 — la présidentielle se joue d'abord au tribunal.

Mis à jour le mardi 5 mai 2026 — 13h05
19 min
Main tenant une carte électorale et une enveloppe de vote — illustration de l'élection présidentielle française 2027
Le premier tour de la présidentielle 2027 se tiendra le 11 avril 2027, le second tour le 25 avril. Plus d'une dizaine de candidats sont déjà déclarés.© AFP / Ludovic Marin
Mise à jour — 4 mai 2026. Le premier tour de la présidentielle se tiendra le 11 avril 2027. Le verdict en appel de Marine Le Pen, fixé au 7 juillet 2026 à 13h30, déterminera si elle peut se présenter (parquet : 5 ans d'inéligibilité, 4 ans de prison dont 3 avec sursis, 100 000 € d'amende). Bardella domine les sondages premier tour à 35-38 %, Édouard Philippe est le seul candidat à le battre au second (Odoxa 9 avril : 51,5 % vs 48,5 %). Bruno Retailleau a été validé candidat LR le 19 avril 2026 par 73,8 % des militants (participation 60 %). Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa quatrième candidature dimanche 3 mai au journal de 20 heures de TF1, confirmant que LFI ne participera pas à la primaire de la gauche. La primaire de la gauche se tiendra le 11 octobre 2026, sans LFI ni PS ni Place publique. Aux municipales des 15 et 22 mars, le RN passe de 9 à 57 mairies de plus de 3 500 habitants ; la gauche conserve Paris, Marseille et Lyon ; Bayrou est battu à Pau.

Le premier tour de la présidentielle 2027 se tiendra le dimanche 11 avril 2027. Le second tour, le dimanche 25 avril.

À un an du scrutin, le paysage politique français présente une singularité historique. Pour la première fois depuis 1988, les sondages ont déjà désigné un favori : Jordan Bardella, président du Rassemblement national. Il domine les intentions de vote au premier tour, dans toutes les configurations testées par les instituts. Mais Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre devenu fondateur d'Horizons, est le seul candidat à le battre au second tour dans les sondages publiés.

Trois grandes inconnues structurent encore la course. La première est judiciaire : Marine Le Pen, condamnée en première instance dans l'affaire des assistants parlementaires, attend le verdict de son procès en appel, fixé au 7 juillet 2026. La deuxième est partisane : la gauche organise une primaire le 11 octobre 2026, sans LFI ni Place publique (Glucksmann) — une primaire restreinte aux Écologistes, à L'Après et à Debout !. La troisième est centrale : le camp macroniste n'a pas de processus de désignation, et Sébastien Lecornu, Premier ministre, doit composer avec le rythme parlementaire.

Les municipales des 15 et 22 mars 2026 ont rebattu les cartes. Le RN passe de 9 à 57 mairies de plus de 3 500 habitants, la gauche conserve Paris, Marseille et Lyon malgré ses divisions, et François Bayrou, ancien Premier ministre, est battu à Pau. Les sénatoriales partielles de septembre 2026 traduiront cette réalité dans la chambre haute.

Le présent dossier détaille les candidats déclarés, les sondages, le calendrier, le cas Le Pen, la primaire de la gauche, la recomposition à droite et l'analyse des scénarios. Mis à jour à chaque évènement significatif — dernière mise à jour : 4 mai 2026.

Derniers développements

  • 3 mai 2026Jean-Luc Mélenchon officialise sa candidature à la présidentielle 2027 lors du journal de 20 heures de TF1. C'est sa quatrième campagne, après 2012 (11,10 %), 2017 (19,58 %) et 2022 (21,95 %). LFI ne participera pas à la primaire de la gauche du 11 octobre 2026.
  • 19 avril 2026Bruno Retailleau validé par les militants LR dans un scrutin interne. La candidature du président de LR est officialisée, écartant toute idée de primaire à droite. Quatre candidats LR demeurent déclarés (Retailleau, Bertrand, Wauquiez, Lisnard) mais Retailleau dispose désormais de la légitimité partisane.
  • 16-17 avril 2026Séminaire stratégique du RN en région parisienne. Marine Le Pen, Jordan Bardella et une quinzaine de conseillers et élus préparent la campagne 2027 en parallèle, dans les deux scénarios possibles : Le Pen libre ou Bardella tête de liste. Pas de programme commun encore arrêté.
  • 11 avril 2026Glucksmann, Jadot et Vallaud lancent à Montreuil une initiative parallèle baptisée « Ensemble Sur Nos Territoires », explicitement positionnée comme alternative à la primaire de la gauche du 11 octobre. Argument : la primaire « déchirerait » la gauche.
  • 9 avril 2026 — sondage Odoxa : Philippe seul candidat capable de battre le RN au second tour (51,5 % contre 48,5 % face à Bardella, 53 % contre 47 % face à Le Pen).
  • 7 avril 2026cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran, négocié à Islamabad. La guerre avait éclipsé le débat politique intérieur pendant cinq semaines. Le retour de l'attention sur la politique française a accéléré les positionnements.
  • 3 avril 2026Bruno Retailleau annonce mettre les villes dirigées par LFI « sous surveillance » et appelle à une « candidature unique » de la droite pour 2027. Signal de campagne présidentielle assumé.
  • 23 mars 2026 — lendemain du second tour des municipales. Bayrou battu à Pau de 344 voix par le socialiste Jérôme Marbot. La gauche conserve Paris (Grégoire 50,52 %), Marseille (Payan 54,34 %) et Lyon (Doucet 50,67 % — Aulas dépose recours). Le RN passe de 9 à 57 mairies de plus de 3 500 habitants. Nice bascule vers Ciotti (allié RN). LR reprend Bordeaux (Cazenave). Participation : 57 %.
  • 12 février 2026 — fin du procès en appel Le Pen. Le parquet requiert 5 ans d'inéligibilité, 4 ans de prison (3 avec sursis) et 100 000 € d'amende. Verdict fixé au 7 juillet 2026 à 13h30.
  • 12 février 2026Bruno Retailleau (LR) se déclare candidat à la présidentielle, 14 mois avant le scrutin.
  • 24 janvier 2026 — Clémentine Autain annonce que la primaire de la gauche unitaire se tiendra le 11 octobre 2026.

Le calendrier 2026-2027

L'élection présidentielle est encadrée par l'article 7 de la Constitution : « l'élection du nouveau Président a lieu vingt jours au moins et trente-cinq jours au plus avant l'expiration des pouvoirs du Président en exercice ». Le mandat d'Emmanuel Macron expirant le 14 mai 2027, la fenêtre constitutionnelle court du 9 avril au 24 avril 2027. Seuls deux dimanches respectent ces critères : 11 avril et 18 avril 2027. La date privilégiée par le Conseil constitutionnel est le 11 avril 2027.

DateÉvènementStatut
15 mars 2026Municipales — premier tourPASSÉ
22 mars 2026Municipales — second tourPASSÉ
11 avril 2026Initiative « Ensemble Sur Nos Territoires » (Glucksmann/Jadot/Vallaud)PASSÉ
19 avril 2026Validation Retailleau par les militants LRPASSÉ
3 mai 2026Officialisation candidature Mélenchon (TF1, 20h)PASSÉ
7 juillet 2026 — 13h30Verdict appel Le Pen (inéligibilité)
Juillet 2026Congrès PCF — décision sur la primaire
Septembre 2026Élections sénatoriales (renouvellement partiel)
Septembre 2026Congrès du RN (succession Le Pen → Bardella selon verdict)
11 octobre 2026Primaire de la gauche unitaire
Fin 2026 - début 2027Vague de déclarations de candidatures
Février-mars 2027Collecte des 500 parrainages
11 avril 2027Premier tour présidentielle (date privilégiée)
25 avril 2027Second tour présidentielle
14 mai 2027Fin du mandat d'Emmanuel Macron

Les candidats déclarés

Au 27 avril 2026, plus d'une dizaine de personnalités ont officialisé ou quasi-officialisé leur candidature.

Rassemblement national

  • Marine Le Pen — candidate déclarée mais frappée d'inéligibilité en première instance (mars 2025). Le verdict en appel, fixé au 7 juillet 2026, déterminera si elle peut se présenter. Le Pen a annoncé qu'elle prendrait sa décision sur sa candidature dès l'annonce de la sentence, sans attendre un éventuel recours en cassation.
  • Jordan Bardella — président du RN, plan B officiel. Si Le Pen est définitivement inéligible, un congrès du RN en septembre 2026 validera sa candidature. Donné favori absolu (35-38 % au premier tour).

Droite (Les Républicains)

  • Bruno Retailleau — déclaré le 12 février 2026, validé par 73,8 % des militants LR le 19 avril 2026 (consultation interne, participation 60 %). Président de LR, ancien ministre de l'Intérieur. Positionné sur la sécurité et l'immigration. Plaide pour une candidature unique de la droite.
  • Xavier Bertrand — déclaré. Président des Hauts-de-France, ancien ministre. Troisième tentative après 2017 et 2022.
  • Laurent Wauquiez — déclaré depuis mars 2025. Ancien président de LR, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
  • David Lisnard — déclaré en janvier 2026. Maire de Cannes, président de l'Association des maires de France.

Centre et camp présidentiel

  • Édouard Philippe — ancien Premier ministre, maire du Havre (réélu pour un troisième mandat au second tour le 22 mars 2026 avec 47,71 %), fondateur d'Horizons. 20-25 % au premier tour selon les instituts. Seul à battre Bardella au second tour.
  • Gabriel Attal — ancien Premier ministre, président de Renaissance. 11,5-13 % dans les sondages. Appelle Horizons et le MoDem à coordonner via un « comité de liaison ». Pas encore officialisé.
  • Sébastien Lecornu — Premier ministre en exercice. Position délicate : son entourage réfute officiellement toute ambition élyséenne, mais certains macronistes l'y voient.

Gauche — candidats à la primaire du 11 octobre 2026

  • Marine Tondelier — secrétaire nationale des Écologistes. Désignée par son parti en décembre 2025.
  • François Ruffin — député, fondateur de Debout !. Ex-LFI, rupture avec Mélenchon.
  • Clémentine Autain — députée, fondatrice de L'Après. Ex-LFI également.

Gauche — hors primaire

  • Jean-Luc Mélenchon — candidature officialisée le 3 mai 2026 au journal de 20 heures de TF1 (« Oui, je suis candidat »). LFI ne participera pas à la primaire de la gauche. Quatrième campagne pour Mélenchon, 74 ans (75 ans au moment du scrutin), après 2012 (11,10 %), 2017 (19,58 %) et 2022 (21,95 %). 8,5-13 % dans les sondages 2027.
  • Raphaël Glucksmann — Place publique refuse la primaire. Tête de liste lors des dernières européennes (13,8 %), 18-21 % au premier tour selon les configurations 2027.
  • Jérôme Guedj — député socialiste, candidature hors primaire envisagée.
  • Yannick Jadot — eurodéputé, signataire de l'initiative Montreuil du 11 avril 2026.
  • Boris Vallaud — chef de file PS à l'Assemblée, signataire de l'initiative Montreuil.

Autres candidats déclarés

  • Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France).
  • Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) — déclarée depuis décembre 2025, 4e candidature.
  • François Asselineau (UPR).

Le cas Le Pen : inéligibilité et verdict du 7 juillet

C'est la question centrale de la présidentielle 2027. Marine Le Pen peut-elle se présenter ?

La condamnation de première instance

Le 31 mars 2025, Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires du FN au Parlement européen. Peine prononcée : 4 ans de prison (2 fermes, 2 avec sursis), 100 000 euros d'amende, 5 ans d'inéligibilité. L'inéligibilité a été prononcée avec exécution provisoire — effective immédiatement. Le Conseil d'État a rejeté le recours contre l'exécution provisoire.

Le procès en appel

L'appel s'est ouvert le 13 janvier 2026. Onze co-prévenus, dont Marine Le Pen. Les audiences se sont étalées jusqu'au 12 février 2026, date de la mise en délibéré. Le parquet a requis :

  • 5 ans d'inéligibilité (cette fois sans exécution provisoire) ;
  • 4 ans de prison dont 3 avec sursis, possibilité d'aménagement sous bracelet électronique pour la partie ferme ;
  • 100 000 euros d'amende.

Le verdict est fixé au 7 juillet 2026 à 13h30. Marine Le Pen a annoncé qu'elle prendrait immédiatement sa décision sur sa candidature dès l'annonce de la sentence, sans attendre un éventuel recours en cassation.

Trois issues juridiques possibles

Issue 1 — Inéligibilité confirmée à 5 ans (réquisitions parquet suivies). Le Pen ne peut pas se présenter. Bardella prend le relais lors du congrès RN de septembre 2026. C'est l'hypothèse la plus probable au regard des réquisitions du parquet et de la condamnation initiale.

Issue 2 — Inéligibilité réduite ou abandonnée. Le Pen peut se présenter et accomplit sa quatrième campagne présidentielle (après 2012, 2017, 2022). C'est le scénario que le RN prépare en parallèle, le séminaire stratégique des 16-17 avril 2026 ayant traité les deux hypothèses simultanément.

Issue 3 — Inéligibilité confirmée mais avec recours en cassation suspensif. Scénario juridiquement complexe : Le Pen pourrait théoriquement maintenir sa candidature jusqu'à la décision finale de la Cour de cassation, qui interviendrait après le scrutin de 2027. Cette piste est jugée risquée par la défense elle-même.

La primaire de la gauche unitaire

La gauche veut s'unir. Le problème : personne ne s'entend sur les termes.

Le format

  • Date : 11 octobre 2026.
  • Organisateurs : Les Écologistes, L'Après (Autain), Debout ! (Ruffin), Génération.s.
  • Format : vote en présentiel et en ligne, un bureau par canton.
  • Condition : 500 signatures d'élus, comme pour la présidentielle.

Les absents

  • La France insoumise (Mélenchon) — refuse la primaire, fera cavalier seul.
  • Place publique (Glucksmann) — refuse également.
  • Parti communiste — décidera lors de son congrès en juillet 2026.
  • Parti socialiste — divisé sur sa participation, attend le congrès du PCF.

L'initiative parallèle de Montreuil (11 avril 2026)

Le 11 avril 2026, à Montreuil, Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann et Boris Vallaud lancent une initiative concurrente baptisée « Ensemble Sur Nos Territoires ». Argument central : la primaire d'octobre, en l'absence de LFI, du PS et de Place publique, désignerait un candidat qui ne représente qu'une fraction de la gauche. Plutôt que de « déchirer » la gauche par un vote, les trois signataires proposent une logique de plateforme et de mouvement territorial.

Cette initiative confirme et amplifie les refus déjà exprimés par Mélenchon et Glucksmann. La primaire risque désormais de se dérouler dans un champ rétréci aux Écologistes, à L'Après, à Debout !, à Génération.s et au PCF en cas de feu vert. Le candidat issu du scrutin d'octobre devra ensuite convaincre les électeurs socialistes, insoumis et de Place publique de le rejoindre — un défi déjà majeur, encore amplifié par l'initiative de Montreuil.

Le risque de fragmentation pèse lourd. Les débats sociaux ouverts par la refonte des aides sociales avec l'allocation solidarité unifiée illustrent à quel point la gauche peine à parler d'une seule voix sur les sujets concrets, condition pourtant nécessaire d'un rassemblement présidentiel.

La recomposition à droite et au centre

L'après-Macron n'a pas de mode d'emploi. À droite comme au centre, c'est le chacun pour soi — avec quelques tentatives de coordination.

Les Républicains

Quatre candidats déclarés (Retailleau, Bertrand, Wauquiez, Lisnard) — un de trop. La validation de Bruno Retailleau par les militants LR le 19 avril 2026 cherche à clarifier la donne : le président du parti dispose désormais de la légitimité partisane et écarte toute idée de primaire ouverte. Mais elle ne dissuade pas mécaniquement les autres déclarés. Bertrand pourrait basculer en candidature transpartisane, Lisnard tabler sur sa stature de maire de grande ville.

Le parti est tiraillé entre une ligne dure (Retailleau, sécurité/immigration) et une ligne plus modérée (Bertrand). Éric Ciotti, ex-président de LR, a rejoint l'orbite du RN — la frontière entre droite et extrême droite s'est brouillée. Les municipales l'ont confirmé : Nice est conquise par Ciotti, allié du RN.

Le camp présidentiel

Macron ne peut pas se représenter : la limite des deux mandats consécutifs imposée par la révision constitutionnelle de 2008 s'applique pour la première fois. Trois figures se positionnent. Édouard Philippe (Horizons) consolide son ancrage avec sa réélection au Havre (troisième mandat, 47,71 % au second tour, 43 % au premier). Gabriel Attal (Renaissance), 11,5-13 % dans les sondages, appelle à un « comité de liaison » entre Horizons, Renaissance et le MoDem pour coordonner les candidatures avant la présidentielle. Sébastien Lecornu, Premier ministre en exercice, conserve une position délicate : son entourage réfute officiellement toute ambition élyséenne, mais l'option n'est pas écartée par certains macronistes.

Le camp central manque d'un processus de désignation clair. Une concurrence Philippe-Attal au premier tour les neutraliserait probablement, ouvrant un boulevard à Bardella. La communication gouvernementale sur la résilience individuelle témoigne d'un exécutif qui se sait en fin de cycle, sans candidat naturel pour porter sa continuité.

Les sondages : où en est-on ?

Les sondages publiés en mars 2026 dessinent une photographie cohérente du rapport de force, à 13 mois du scrutin. Quatre instituts ont publié des enquêtes complètes : Elabe, Odoxa, Harris Interactive et Ifop-Fiducial.

Premier tour — configuration avec Marine Le Pen

Elabe (25-27 mars 2026, 1 504 personnes) — avec Marine Le Pen comme candidate RN : Le Pen 31,5 %, Philippe 22 %, Glucksmann 20,5 %, Mélenchon 8,5 %.

Odoxa (25-26 mars 2026, 1 005 personnes) — avec Marine Le Pen comme candidate RN : Le Pen 38 %, Philippe 25 %, Glucksmann 10 %, Mélenchon 13 %.

Premier tour — configuration avec Jordan Bardella

Elabe : Bardella 35 %, Glucksmann 20,5 %, Philippe 20,5 %, Attal 12,5 %, Mélenchon 10,5 %.

Odoxa : Bardella 34 %, Glucksmann 21 %, Philippe 21 %, Attal 13 %, Mélenchon 12 %.

Harris Interactive (22 mars 2026, 1 062 personnes) : Bardella 35 %, Glucksmann 18 %, Philippe 18 %, Attal 13 %, Mélenchon 11 %.

Ifop-Fiducial (mars 2026) : Bardella 36 %, Philippe 20-24 %, Attal 18 %, Glucksmann 10,5 %.

Hypothèses de second tour

Tous instituts confondus, deux constats convergent.

Philippe est le seul à battre le RN au second tour. Elabe le donne à 51,5 % contre 48,5 % face à Bardella, Odoxa à 51,5 % contre 48,5 % face à Bardella et 53 % contre 47 % face à Le Pen.

Glucksmann et Attal perdent face à Bardella. Glucksmann à 41,5 % contre 58,5 % (Elabe). Attal à 44 % contre 56 % (Odoxa).

Précautions de lecture

Les sondages à un an sont historiquement peu fiables. Depuis 1995, le favori désigné un an avant le scrutin n'a remporté la présidentielle qu'environ une fois sur deux. L'ordre d'arrivée au premier tour reste régulièrement mal anticipé. En mars 2016, peu d'analystes prévoyaient Macron président. En mars 2021, peu imaginaient Zemmour candidat. La photographie de mars 2026 est un point de départ, pas un verdict.

Quatre scénarios pour 2027

L'incertitude juridique sur la candidature de Marine Le Pen, combinée à la fragmentation à gauche et au centre, ouvre quatre scénarios distincts à 12 mois du scrutin.

Scénario 1 — Bardella élu (probabilité élevée)

Le verdict du 7 juillet 2026 confirme l'inéligibilité de Le Pen. Le congrès du RN de septembre 2026 valide officiellement Bardella. Le candidat RN domine le premier tour avec 35-38 % et accède au second tour. Au second tour, il affronte le candidat du camp central (Philippe ou Attal) ou celui de la primaire de la gauche. Si la fragmentation au centre persiste (Philippe + Attal au premier tour), Bardella aborde le second tour avec un report de voix favorable et l'emporte. Si Philippe accède seul au second, le scénario reste ouvert : 51,5 % contre 48,5 % aujourd'hui dans les sondages, mais avec une marge d'erreur de 2-3 points et 12 mois de campagne.

Scénario 2 — Philippe à l'Élysée

Le verdict Le Pen rebat les cartes : Bardella prend le relais mais peine à transformer ses sondages en mobilisation effective. Philippe l'emporte au second tour avec 51-52 %. Ce scénario suppose la convergence des voix de gauche derrière un Philippe modéré, capable de capter à la fois l'électorat macroniste et celui de la « gauche raisonnable ». Précédent historique : Chirac 2002 (82 %) face à Le Pen père. La logique de barrage n'est pas garantie cette fois.

Scénario 3 — Le Pen candidate au second tour

L'inéligibilité est levée ou réduite. Le Pen mène sa quatrième campagne présidentielle (après 2012, 2017, 2022). Le RN dispose alors de l'expérience et de la machine partisane. Mais sans le renouvellement qu'aurait apporté Bardella, la candidate fait face aux mêmes plafonds qu'en 2022. Au second tour, l'écart se resserre — sans nécessairement basculer en sa faveur.

Scénario 4 — La gauche unie l'emporte

Hypothèse aujourd'hui peu crédible dans les sondages. Elle suppose : (1) une primaire d'octobre 2026 réussie qui désigne un candidat consensuel ; (2) un ralliement de Mélenchon, Glucksmann et Place publique au candidat issu de la primaire ; (3) une dynamique de campagne qui efface les divisions héritées des municipales. Probabilité actuelle faible, mais non nulle. Précédent : Front populaire 1936, victoire à la surprise des observateurs.

Municipales 2026 : ce que les résultats disent de 2027

Les municipales des 15 et 22 mars 2026, premier test électoral avant la présidentielle, ont livré des enseignements majeurs.

RN : percée historique, plafond métropolitain

Le Rassemblement national passe de 9 à 57 mairies de plus de 3 500 habitants (+48). Il quadruple son nombre de conseillers municipaux, à 3 121. Le parti conquiert Nice (5e ville de France, avec Éric Ciotti, allié RN), Menton, Carcassonne, Liévin et Vierzon. Mais il échoue à Marseille, Toulon et Nîmes. Le signal est double : la percée territoriale est historique, le plafond métropolitain demeure. Pour 2027, le RN dispose désormais de davantage de grands électeurs en vue des sénatoriales de septembre 2026, sans avoir conquis de grande métropole — à l'exception de Nice par alliance.

La gauche : l'union gagne, la division perd

La gauche conserve ses trois métropoles clés : Paris (Rachida Dati battue, Grégoire 50,52 %), Marseille (Payan 54,34 %) et Lyon (Doucet 50,67 %, malgré le recours d'Aulas). Dans chaque cas, l'union des forces de gauche a été décisive. À l'inverse, la division a coûté cher. À Toulouse, la fusion PS-LFI n'a pas suffi face à Jean-Luc Moudenc. À Strasbourg, une alliance inédite PS-Horizons (Trautmann) a permis de l'emporter, brouillant les clivages traditionnels. À Roubaix, LFI gagne seule avec Guiraud. Aucun modèle d'alliance unique ne s'impose pour la primaire d'octobre 2026.

Camp présidentiel : le paradoxe Bayrou

Bordeaux est repris par Cazenave (Renaissance), et Édouard Philippe confirme son ancrage au Havre avec un troisième mandat. Mais le fait politique majeur est ailleurs : François Bayrou, ancien Premier ministre, est battu à Pau de 344 voix par le socialiste Jérôme Marbot. Le paradoxe est saisissant : le camp présidentiel gagne une grande ville (Bordeaux) mais perd celle de son ancien Premier ministre. Pour 2027, cela pose la question de la solidité de l'ancrage territorial du centre.

Sénatoriales de septembre 2026 : l'effet mécanique

Les municipales ont un effet immédiat : les grands électeurs sont en place. Avec 3 121 conseillers municipaux, le RN se rapproche de la constitution d'un groupe au Sénat lors du renouvellement partiel de septembre 2026. La chaîne est directe : municipales → sénatoriales → équilibre institutionnel pour 2027. Un groupe RN au Sénat modifierait les rapports de force sur les nominations et les commissions d'enquête dans la dernière année du quinquennat.

L'élection présidentielle 2027 se jouera donc sur deux terrains parallèles : la mécanique des sondages et des alliances, mais aussi un calendrier judiciaire dense, dont le 7 juillet 2026 sera la première borne décisive. Le verdict d'appel pour Marine Le Pen ne tranchera pas seulement son sort personnel : il fixera les conditions politiques dans lesquelles s'écrira la dernière année de campagne.

À lire aussi

Sources : Conseil constitutionnel — Élection présidentielle, Vie-publique.fr — Élections, Légifrance — Code électoral, Odoxa — Sondage présidentielle 2027 (avril 2026), Elabe — Sondages présidentielle 2027, LCP — Calendrier présidentielle 2027, Affaire des assistants parlementaires du FN au Parlement européen, France info — Mélenchon officialise sa candidature (3 mai 2026), LCP — Mélenchon officialise pour 2027.

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L'essentiel

  • Calendrier confirmé : 1er tour le 11 avril 2027, 2nd tour le 25 avril 2027 (mandat Macron expire le 14 mai 2027).
  • Bardella domine le 1er tour (35-38 %) dans tous les sondages depuis octobre 2025 — mais Philippe le battrait au 2nd (51,5 % contre 48,5 %, Elabe + Odoxa, mars 2026).
  • Verdict appel Le Pen le 7 juillet 2026 à 13h30. Si l'inéligibilité est confirmée, passation à Bardella validée au congrès RN de septembre 2026.
  • Primaire de la gauche le 11 octobre 2026 — sans LFI ni Place publique (Glucksmann). Initiative parallèle Glucksmann/Jadot/Vallaud lancée le 11 avril 2026 à Montreuil.
  • Bruno Retailleau validé par les militants LR le 19 avril 2026 — la droite ne fera pas de primaire.

Questions fréquentes

Quand auront lieu le premier et le second tour de l'élection présidentielle 2027 ?
Le premier tour se tiendra le dimanche 11 avril 2027, le second tour le dimanche 25 avril 2027. Ces dates respectent l'article 7 de la Constitution, qui impose un scrutin organisé entre 20 et 35 jours avant l'expiration des pouvoirs du président en exercice. Le mandat d'Emmanuel Macron expire le 14 mai 2027.
Marine Le Pen pourra-t-elle se présenter à la présidentielle 2027 ?
Cela dépend du verdict de la cour d'appel de Paris, attendu le 7 juillet 2026 à 13h30. Le parquet a requis 5 ans d'inéligibilité, 4 ans de prison (3 avec sursis) et 100 000 euros d'amende. Si la cour suit ces réquisitions, Le Pen ne pourra pas se présenter. Jordan Bardella prendrait alors le relais lors du congrès du RN de septembre 2026. Si l'inéligibilité est levée ou réduite, Le Pen pourra mener sa quatrième campagne présidentielle.
Qui est en tête dans les sondages pour la présidentielle 2027 ?
Jordan Bardella domine le premier tour dans tous les sondages publiés depuis octobre 2025, avec 35 à 38 % des intentions de vote selon les instituts (Elabe, Odoxa, Harris, Ifop). Édouard Philippe est second avec 20-25 %. Au second tour, Philippe est le seul candidat à battre Bardella dans les sondages (51,5 % contre 48,5 % en mars 2026, Elabe et Odoxa). Les sondages à un an du scrutin restent toutefois historiquement peu fiables : depuis 1995, le favori désigné un an avant le scrutin n'a gagné qu'environ une fois sur deux.
Comment fonctionne la primaire de la gauche unitaire du 11 octobre 2026 ?
La primaire de la gauche unitaire est organisée par Les Écologistes, L'Après (Clémentine Autain), Debout ! (François Ruffin) et Génération.s. Vote en présentiel et en ligne, un bureau par canton, condition d'entrée fixée à 500 signatures d'élus. Les principaux absents : La France insoumise (Mélenchon), Place publique (Glucksmann), une partie du PS et du PCF. Le 11 avril 2026, Glucksmann, Jadot et Vallaud ont lancé à Montreuil une initiative parallèle baptisée « Ensemble Sur Nos Territoires », explicitement présentée comme une alternative à cette primaire.
Quels candidats sont déjà déclarés à la présidentielle 2027 ?
Au 27 avril 2026, plus d'une dizaine de candidatures sont déclarées ou quasi-déclarées : à droite, Bruno Retailleau (validé par les militants LR le 19 avril 2026), Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez et David Lisnard ; au centre, Édouard Philippe (Horizons), avec Gabriel Attal et Sébastien Lecornu en réserve ; à gauche, Marine Tondelier, François Ruffin, Clémentine Autain pour la primaire, plus Jean-Luc Mélenchon (LFI), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jérôme Guedj et Yannick Jadot hors primaire ; au RN, Marine Le Pen ou Jordan Bardella selon le verdict du 7 juillet 2026 ; ainsi que Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud et François Asselineau.

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