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Fête de la musique :
LFI dénonce un « mensonge » après l'interdiction de son concert

La préfecture de police a interdit le concert prévu dimanche par La France insoumise pour la Fête de la musique, invoquant l'ordre public et des artistes aux propos anti-police. LFI crie au « mensonge » et saisit le tribunal administratif.

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Un drapeau de l'Union populaire de La France insoumise lors d'un rassemblement
Un drapeau de l'Union populaire (La France insoumise) lors d'un rassemblement du parti.© AFP / Olivier Chassignole

La France insoumise a accusé jeudi le gouvernement de « mentir » pour justifier l'interdiction de son concert de la Fête de la musique, prévu dimanche à Paris, et a saisi la justice administrative. La préfecture de police invoque un risque de trouble à l'ordre public ; les Insoumis y voient une atteinte à la liberté. Entre les deux, un désaccord porte jusque sur l'identité des artistes attendus.

Un désaccord sur les invités

Selon l'arrêté préfectoral, l'événement devait accueillir « notamment le Comité Adama et sa fondatrice Assa Traoré, les rappeurs Médine et Soso Maness », des personnalités proches de LFI. La préfecture reproche en particulier à Soso Maness d'avoir entonné le chant « et tout le monde déteste la police » lors d'un concert à la Fête de l'Humanité en 2021, et redoute « un public particulièrement hostile aux forces de l'ordre » dans « un contexte politique très polarisé ».

La France insoumise répond qu'aucun de ces noms ne figure à l'affiche des concerts prévus place de la République, de 18 heures à minuit, au terme d'une marche contre le racisme. « La présence de Soso Maness a été évoquée, mais ni lui ni Médine ne sont prévus », assure une source du parti. Un point que nuance un courriel adressé par l'organisateur à la préfecture, et consulté par l'AFP : le nom du rappeur marseillais y était bien mentionné.

Une bataille politique

Le ton est monté. « La porte-parole de l'autoritarisme ment allègrement à la télévision », a lancé le coordinateur de LFI Manuel Bompard, après que la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon eut soutenu que « la préfecture est dans son rôle ». À suivre « la logique de cet arrêté », a ironisé M. Bompard, « il faudrait faire annuler tous les concerts avec du Renaud, du Brassens ou du NTM ». Le député Antoine Léaument abonde : « Quand bien même il y aurait Médine et le comité Adama, ni l'un ni l'autre ne sont des motifs d'annulation. »

Que La France insoumise assume de politiser la fête populaire divise jusque dans l'opposition. Le maire PS de Paris Centre Ariel Weil a fustigé un « projet irresponsable » et une « récupération à des fins politiques ». Le président du CRIF, Yonathan Arfi, juge le concert « légal » mais s'interroge : « Aucun parti ne devrait détourner une fête populaire qui vise à rassembler les Français, pas à les diviser. » À l'inverse, le sénateur communiste Ian Brossat estime que « rien ne justifie une telle interdiction » : « Le principe même de la Fête de la musique, c'est la liberté. »

La France insoumise avait déjà organisé un concert pour la Fête de la musique en 2025, sur les bords du canal Saint-Martin, en présence de Médine ; le rassemblement n'avait pas été interdit. Le tribunal administratif doit désormais trancher avant dimanche.

L'essentiel

  • La préfecture de police de Paris a interdit le concert que La France insoumise prévoyait dimanche pour la Fête de la musique, place de la République, invoquant un risque de trouble à l'ordre public lié à des artistes aux propos hostiles aux forces de l'ordre.
  • LFI accuse le gouvernement de « mentir » et a saisi le tribunal administratif, affirmant que les artistes visés (Soso Maness, Médine, le Comité Adama) ne sont pas programmés — un courriel de l'organisateur à la préfecture mentionnait pourtant le nom de Soso Maness.
  • L'interdiction divise au-delà du gouvernement : critiquée à gauche au nom de la liberté (PCF), elle est aussi jugée justifiée par des opposants à LFI (PS, CRIF) qui dénoncent une récupération politique d'une fête populaire.

Thomas Renaud

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