Les engagements climatiques déposés par les pays depuis un an n'ont eu qu'un effet « négligeable » sur le réchauffement attendu, selon le rapport annuel du Programme des Nations unies pour l'environnement sur l'écart entre les promesses et les besoins. Présenté le 21 octobre, il paraît à moins de trois semaines de la conférence des Nations unies sur le climat d'Antalya, en Turquie.
Si les politiques actuelles se poursuivent, le réchauffement pourrait atteindre 2,8 °C au-dessus des niveaux préindustriels au cours du siècle, puis continuer, selon le communiqué du programme. Si tous les engagements nationaux étaient tenus et que l'effort se poursuivait ensuite au même rythme, il serait limité à 2,6 °C. Ces projections sont plus mauvaises que celles de l'an dernier, explique le programme, en raison du retrait des États-Unis de l'accord de Paris et d'une révision des émissions passées. Dans le scénario le plus favorable, où s'ajouteraient les objectifs de neutralité carbone annoncés, le réchauffement serait encore de 2,1 °C.
Ce qu'il faudrait pour revenir à 1,5 °C
Le rapport décrit un scénario où le réchauffement culminerait vers 1,7 ou 1,8 °C au milieu du siècle avant de redescendre à 1,5 °C ou moins en 2100, avec environ une chance sur deux. Il faudrait pour cela réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 18 % d'ici à 2030, de 45 % d'ici à 2035 et de 69 % d'ici à 2040, par rapport à 2025. Il faudrait aussi retirer de l'atmosphère et stocker environ 320 milliards de tonnes de gaz carbonique au cours du siècle, ce qui reste incertain, selon le programme. Les engagements actuels, s'ils étaient tous tenus, ne réduiraient les émissions que de 5 à 8 % en 2030 et de 11 à 15 % en 2035. « Le dépassement n'est pas une capitulation », a déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans un message accompagnant le rapport (traduction de la rédaction).
À Antalya, l'adaptation et le financement au programme
Du 9 au 20 novembre, les États parties à l'accord de Paris doivent notamment discuter de l'objectif mondial d'adaptation aux effets du réchauffement, des financements et des échanges de réductions d'émissions entre pays prévus par l'article 6 de l'accord, selon l'ordre du jour provisoire. À Dubaï, en 2023, ils ont appelé chaque pays à contribuer, à sa manière, à des efforts mondiaux, selon la décision finale. Parmi eux figurent « une transition hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques » et le triplement des capacités renouvelables mondiales d'ici à 2030 (traduction de la rédaction). À Bakou, en 2024, ils ont fixé un objectif d'au moins 300 milliards de dollars par an d'ici à 2035 pour l'action climatique des pays en développement, de sources publiques et privées, les pays développés en prenant la tête, selon la décision. Ces objectifs sont mondiaux : ils ne fixent pas de part chiffrée à chaque pays.
En France, une accélération qui reste à confirmer
La France a adopté sa troisième stratégie nationale bas-carbone par un décret du 16 juillet. Ce texte plafonne les émissions à 342 millions de tonnes d'équivalent CO2, tous gaz à effet de serre confondus, par an en moyenne sur 2024-2028, puis à 262 millions sur 2029-2033 et 194 millions sur 2034-2038. Ces plafonds ne comptent ni le secteur des terres et des forêts ni le carbone capté par des procédés techniques.
Les émissions n'ont baissé que de 2,1 % en 2025, selon une estimation encore provisoire du Citepa, l'organisme qui fait l'inventaire des émissions françaises. Pour 2026, il estime qu'elles pourraient atteindre 349,4 millions de tonnes, en baisse de 2,8 %, soit une accélération, mais 1,4 million de plus que le repère annuel de la stratégie. « Ces comparaisons demeurent toutefois indicatives, dans l'attente des résultats des prochains inventaires nationaux », précise l'organisme. Pour tenir le budget de 2024-2028, la baisse doit « atteindre en moyenne plus de 4 % par an en 2026, 2027 et 2028 », écrit le Haut Conseil pour le climat dans son rapport de juillet.
Dans le Lot, après trois mois sans pluie, l'été a ruiné la récolte de Pascal Testut, qui s'était lancé en 2018 à Castelnau-Montratier dans un raisin de table réputé résistant à la chaleur. « Pour moi, la récolte est anéantie pour cette année », confiait-il en août à La Dépêche du Midi. « Le moral est en baisse, je ne sais pas comment je vais faire. »











