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Océans :
un nouveau record de chaleur, la Méditerranée en première ligne

Record en juin, puis en juillet et en août : la surface des océans n'a jamais été aussi chaude, sous l'effet conjugué du réchauffement et d'El Niño. La Méditerranée bat des records, et une mer surchauffée nourrit pluies extrêmes et montée des eaux.

Mis à jour le jeudi 24 septembre 2026 — 09h54
4 min
Vue de l'océan et du littoral, illustrant le réchauffement des mers du globe
Les océans ont connu leur mois de juin le plus chaud jamais mesuré, sous l'effet du réchauffement et du retour d'El Niño.© Fred Tanneau / AFP

Les océans n'ont jamais été aussi chauds au mois de juin. La température moyenne à la surface des mers du globe a atteint 20,98 °C, un record pour cette période de l'année, sous l'effet conjugué du réchauffement climatique et du retour d'El Niño, a annoncé l'observatoire européen Copernicus Marine. Le plus fort restait à venir.

Ce niveau dépasse le précédent record de juin 2024 (20,89 °C). Sur l'ensemble du premier semestre, la surface des océans a connu sa deuxième période la plus chaude jamais mesurée, juste derrière 2024. « Les conditions actuelles pourraient indiquer le début d'une nouvelle phase, nous conduisant, une fois de plus, en territoire inconnu », met en garde Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus sur le changement climatique.

Les records sont tombés ensuite, les uns après les autres. Le service Copernicus sur le changement climatique, qui suit la surface de l'océan entre 60° de latitude sud et 60° nord avec sa propre méthode, a mesuré le mois de juillet le plus chaud de sa série (20,96 °C), puis le mois d'août le plus chaud (21,07 °C), à égalité avec mars 2024 pour le niveau mensuel le plus élevé jamais atteint. Les 24 et 25 août 2026, la moyenne quotidienne a touché 21,11 °C, au-dessus des 21,09 °C de mars 2024.

El Niño rebat les cartes

Deux forces se combinent. Une tendance de fond, d'abord : les océans, qui couvrent plus de 70 % de la planète, absorbent près de 90 % de la chaleur excédentaire produite par les activités humaines, au premier rang desquelles la combustion du pétrole, du gaz et du charbon. À cela s'ajoute El Niño, ce phénomène naturel qui réchauffe périodiquement les eaux de surface du Pacifique et revient tous les deux à sept ans.

Le centre et l'est du Pacifique équatorial, cœur du phénomène, ont été les plus touchés : l'océan Pacifique tropical y a égalé son record semestriel de 2016, à 26,91 °C. « Avec l'arrivée d'une année El Niño, on peut s'attendre à ce que 2026 figure parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées », prévient Simon van Gennip, océanographe à Mercator Ocean International.

La Méditerranée en première ligne

Pour les riverains français, c'est la Méditerranée qui concentre les inquiétudes. Mer quasi fermée, elle réagit vite au moindre coup de chaud de l'atmosphère : 98 % de sa surface a connu une vague de chaleur marine au premier semestre, et sa température a grimpé à 24,34 °C en juin, un record. Fin juin, dans le nord-ouest du bassin, le pic relevé dépassait de 5,2 °C les valeurs normales, selon l'Institut des sciences de la mer de Barcelone, qui l'attribuait en grande partie à la canicule qui venait de frapper l'Europe. L'été a fait pire : 27,07 °C en moyenne en juillet, puis 28,27 °C en août, deux records pour le bassin, selon les bulletins de Mercator Ocean International.

Entre janvier et fin juin, 82 % de l'océan mondial ont subi une canicule marine, et près de la moitié une canicule forte à extrême. Ces épisodes déciment les espèces les moins mobiles — coraux, gorgones, oursins, mollusques —, incapables de fuir une eau devenue trop chaude. Ils prolongent, en mer, le lien désormais établi entre chaleur extrême et changement climatique.

Des mers plus chaudes, des pluies plus violentes

Une mer surchauffée ne pèse pas que sur la faune. Elle « fournit une énergie supplémentaire à l'atmosphère », explique Simon van Gennip, et alimente les pluies extrêmes de type « épisode méditerranéen », ces déluges d'automne qui frappent régulièrement l'arc méditerranéen. En se réchauffant, l'eau se dilate aussi et fait monter le niveau de la mer, tout en aggravant cyclones et précipitations intenses. Autant de raisons, à terre, de repenser la manière dont nous habitons un climat qui se réchauffe.

L'ampleur exacte du pic à venir échappe encore aux modèles. « Il est encore impossible de dire de combien », reconnaît l'océanographe. Le calendrier, lui, laisse peu de place au doute : El Niño continue de se renforcer, et le service climatique de Copernicus n'exclut pas qu'il devienne l'un des plus puissants jamais observés.

L'essentiel

  • Copernicus Marine a mesuré 20,98 °C en juin à la surface des océans, un record pour ce mois ; juillet et août ont aussi battu les leurs, selon le service climatique de Copernicus.
  • Presque toute la Méditerranée (98 %) a subi une canicule marine entre janvier et juin, puis le bassin a vécu ses mois de juillet et d'août les plus chauds jamais relevés.
  • Une mer plus chaude alimente les pluies extrêmes d'automne sur l'arc méditerranéen, élève le niveau des eaux et tue en masse les espèces marines qui ne peuvent pas fuir.

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