Les auto-entrepreneurs (micro-entrepreneurs) déclarent chaque année leurs revenus professionnels à l'administration fiscale via le formulaire 2042-C-PRO, en complément de la déclaration de revenus classique (2042). Depuis le 1er janvier 2026, les plafonds de chiffre d'affaires sont relevés à 203 100 € pour la vente et 83 600 € pour les services (loi de finances 2026). Deux régimes fiscaux coexistent : le micro-fiscal classique et le versement libératoire.
Quels sont les nouveaux plafonds de chiffre d'affaires en 2026 ?
Les plafonds de CA pour rester en micro-entreprise ont été relevés au 1er janvier 2026 et s'appliquent jusqu'en 2028. Le dépassement entraîne le basculement vers le régime réel d'imposition.
En cas de création en cours d'année, les plafonds sont proratisés en fonction du nombre de jours d'activité. Le dépassement pendant deux années consécutives entraîne la sortie du régime micro (source : article 50-0 du CGI pour les BIC, article 102 ter pour les BNC).
Comment fonctionne le régime micro-fiscal classique ?
Le régime micro-fiscal est le régime par défaut. L'administration applique un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires brut déclaré. Cet abattement est censé couvrir toutes les charges professionnelles. Le bénéfice après abattement est ensuite intégré au revenu global du foyer et soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Exemple : un graphiste freelance (BNC) qui a facturé 40 000 € en 2025 déclare ce montant sur le formulaire 2042-C-PRO. L'administration applique l'abattement de 34 %, soit un bénéfice imposable de 26 400 €. Ce montant s'ajoute aux éventuels autres revenus du foyer (salaires, revenus fonciers) pour le calcul de l'impôt.
Quelles cases remplir sur le formulaire 2042-C-PRO ?
Le montant à déclarer est toujours le chiffre d'affaires brut HT encaissé au cours de l'année. L'abattement est calculé automatiquement par la DGFiP. Les cases diffèrent selon le régime choisi.
Erreur courante : la case 5HY. Cette case concerne les cotisations sociales personnelles. Ne la remplissez jamais : les cotisations URSSAF sont déjà déclarées et payées séparément. La remplir entraîne une double prise en compte et un impôt plus élevé que nécessaire.
Comment fonctionne le versement libératoire de l'impôt ?
Le versement libératoire permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations URSSAF, chaque mois ou trimestre, sous forme d'un pourcentage fixe du CA. Le revenu professionnel n'est alors pas soumis au barème progressif.
Condition d'éligibilité 2026 : le revenu fiscal de référence (RFR) de 2024 ne doit pas dépasser 29 315 € par part de quotient familial (source : impots.gouv.fr). L'option doit être exercée auprès de l'URSSAF avant le 30 septembre de l'année précédente ou dans les 3 mois suivant la création.
Le versement libératoire est avantageux pour les contribuables dont le taux marginal d'imposition (TMI) est supérieur au taux libératoire. Pour un prestataire BNC avec un TMI à 30 %, le versement libératoire à 2,2 % représente une économie substantielle.
Quelles sont les cotisations URSSAF en 2026 ?
Les cotisations sociales sont dues indépendamment de l'impôt sur le revenu. Elles sont déclarées et payées directement à l'URSSAF, chaque mois ou trimestre, sur le CA encaissé.
ACRE 2026 : l'exonération de 50 % des cotisations s'applique pendant la première année d'activité. La demande doit être faite à l'URSSAF dans les 60 jours suivant le début d'activité. Attention : à partir du 1er juillet 2026, l'exonération passe de 50 % à 25 % seulement pour les nouveaux créateurs.
Quel est le calendrier fiscal de l'auto-entrepreneur en 2026 ?
La déclaration URSSAF est obligatoire même si le CA est de 0 €. L'absence de déclaration entraîne une pénalité de 58,90 € par déclaration manquante (source : autoentrepreneur.urssaf.fr).
Ce qu'il faut retenir
- Déclarez le CA brut HT sur le formulaire 2042-C-PRO (cases 5KO/5KP/5HQ ou 5TA/5TB/5TE)
- Ne remplissez jamais la case 5HY (risque de double imposition)
- Nouveaux plafonds 2026 : 203 100 € (vente) et 83 600 € (services)
- Le versement libératoire est avantageux si votre TMI dépasse le taux libératoire
- L'ACRE passe de 50 % à 25 % d'exonération à compter du 1er juillet 2026
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