Combien d'enfants les Français aimeraient-ils avoir, ou auraient-ils aimé avoir, dans l'idéal ? 2,27 en moyenne, selon la dernière enquête de l'Union nationale des associations familiales (Unaf), menée avec l'institut Verian. Dans les faits, la France n'en compte plus que 1,56 par femme en 2025, sa plus faible fécondité depuis la sortie de la Première Guerre mondiale, d'après le bilan démographique de l'Insee.
En 2025, 643 905 bébés sont nés, selon le décompte définitif de l'Insee, qui observe un recul des naissances depuis quinze ans : 2,3 % de moins qu'en 2024, et près d'un quart de moins qu'en 2010, dernier pic. Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le pays a même enregistré plus de décès que de naissances, selon le bilan démographique. Les premiers chiffres de 2026, encore provisoires, prolongent la tendance : de janvier à août, l'institut compte 1,0 % de naissances de moins qu'un an plus tôt.
Pourquoi fait-on moins d'enfants en France ?
Devant les députés, le président de l'Unaf a présenté les conclusions de ses travaux : selon le compte rendu publié par l'association, les causes sont « certes multiples, complexes, liées entre elles, mais d'abord et avant tout matérielles ». Dans un communiqué du 9 janvier 2026, l'Unaf cite une enquête menée pour elle par l'institut OpinionWay : avant un premier enfant, les trois conditions jugées les plus importantes sont d'être en couple stable, d'avoir un logement adapté et d'avoir assez d'argent. Pour agrandir la famille, ce sont « le manque de confiance dans l'avenir et le coût de l'enfant » qui arrivent en tête.
Chez les moins de 30 ans, le nombre d'enfants que les femmes et les hommes ont l'intention d'avoir a nettement baissé en vingt ans : de 2,5 à 1,9 pour les femmes, de 2,3 à 1,8 pour les hommes, selon l'Institut national d'études démographiques (Ined). Cette baisse « tient en partie à la manière dont les individus conçoivent la famille et appréhendent l'avenir », écrit l'institut ; les personnes très inquiètes du changement climatique, par exemple, souhaitent moins d'enfants. « Ce n'est sans doute qu'une partie de l'explication », ajoute-t-il. Le nombre d'enfants jugé idéal pour une famille, une notion plus générale, est tombé de 2,7 en 1998 à 2,3 en 2024.
Bernard Tranchand, qui préside l'Unaf, juge au contraire, dans le communiqué de janvier, qu'« on ne constate pas de variation du désir d'enfant en 15 ans ». Le baromètre de l'association, qui porte sur un nombre idéal, est passé de 2,39 en 2020 à 2,27 lors de l'édition suivante, une « légère baisse » selon son rapport, sur des échantillons qui ne couvrent pas tout à fait les mêmes âges.
Un premier enfant de plus en plus tard
En 1974, les femmes avaient leur premier enfant à 24 ans en moyenne ; en 2023, à 29,1 ans, selon l'Insee. L'âge moyen à l'accouchement a atteint 31,2 ans en 2025, d'après le bilan démographique. Ce retard n'est pas toujours choisi : selon l'Unaf, 21 % des parents disaient en 2023 avoir eu leur premier enfant plus tard que souhaité, contre 9 % en 2012.
Pour les femmes nées jusqu'en 1985, ce report a surtout décalé les naissances, relève l'Insee, qui estime que la descendance finale de toutes ces générations « atteint, voire dépasse, 2 enfants par femme ». Dans ses données de 2025, ce nombre n'est observé que jusqu'à la génération 1975, la plus jeune à avoir alors eu 50 ans ; au-delà, il s'agit d'une estimation. Pour les plus jeunes, le nombre d'enfants à 30 ans continue de baisser, et les dernières projections de population indiquent que leur descendance finale devrait diminuer.
Le congé de naissance existe depuis juillet
Depuis le 1er juillet 2026, chaque parent peut prendre un « congé supplémentaire de naissance » d'un ou deux mois, en plus des congés de maternité et de paternité. Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, il vaut pour les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026. Les salariés sont indemnisés à 70 % de leur salaire le premier mois et à 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale.
Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027, déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre, prévoit de laisser les prestations familiales à leur niveau de 2026, une économie attendue de 0,5 milliard d'euros, et de réduire de 0,6 milliard la dépense d'allocation de rentrée scolaire.











