La France a accueilli le sommet annuel du G7 du 15 au 17 juin 2026 à Évian-les-Bains (Haute-Savoie), sur la rive sud du lac Léman. Trois jours durant, les dirigeants des sept grandes puissances industrielles, rejoints par l'Union européenne et cinq pays invités, ont passé en revue un agenda chargé, de la croissance mondiale aux conflits en cours — avant de se quitter sur une image d'unité que peu attendaient, Donald Trump compris. La rencontre avait mobilisé un dispositif de sécurité considérable, étendu de part et d'autre de la frontière franco-suisse.
Quels pays autour de la table à Évian ?
Le G7 réunit sept États : l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni. L'Union européenne y siège également, représentée par les présidents du Conseil et de la Commission. Né en 1975 pour répondre au premier choc pétrolier, ce cercle informel reste un lieu de coordination entre démocraties d'un même poids économique — sans secrétariat permanent ni pouvoir contraignant, ses décisions valant engagement politique plus qu'obligation juridique.
Comme le veut l'usage, le pays hôte invite des partenaires. Pour Évian, la France avait convié le Brésil, l'Inde, le Kenya, la Corée du Sud et l'Égypte — un panel qui mêle grandes économies émergentes et acteurs régionaux, alors que le club cherche à élargir son audience face aux pays du « Sud global ». Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également fait le déplacement, invité à rester jusqu'à la fin du sommet. Les tractations menées en marge, le G7 Finances réuni à Paris au printemps en avait donné un aperçu.

La rencontre s'est tenue dans un climat que la diplomatie française décrivait comme marqué par la « multiplication des conflits » et la « fragilisation de la gouvernance mondiale ». La cohésion du club, éprouvée ces dernières années par les divergences sur le commerce et le climat, figurait parmi les enjeux implicites de ces trois jours.
Sept priorités, du cancer aux minerais critiques
La présidence française avait fixé sept priorités. Trois relevaient de l'économie : créer les conditions d'une croissance « équilibrée, durable et partagée », bâtir un « nouveau consensus » sur la solidarité internationale, et sécuriser les chaînes d'approvisionnement en minerais critiques — ces métaux indispensables aux batteries, à la défense et au numérique, dont l'extraction et le raffinage restent largement dominés par la Chine.
Trois autres touchaient à la protection des personnes : la lutte contre le narcotrafic, la protection des mineurs en ligne et, pour la première fois au programme d'un G7, la lutte contre le cancer. Le septième point était le plus mouvant : les crises géopolitiques, au premier rang desquelles la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient — et ce sont bien elles qui ont dominé les trois jours.
Un sommet conclu sur une rare unité
À l'arrivée, le pari de l'hôte a été tenu au-delà des attentes. Les Sept ont affiché un front commun pour accroître la pression sur la Russie — Donald Trump se disant prêt à rétablir des sanctions sur le pétrole russe, un temps suspendues : « Nous serons bientôt en mesure » de les réintroduire, a-t-il assuré. Fait rare, le président américain a signé une déclaration conjointe affirmant les dirigeants « unis » dans leur « soutien indéfectible à l'Ukraine alors qu'elle défend sa liberté, sa souveraineté et son intégrité territoriale ». Les États-Unis et les pays européens du club sont par ailleurs convenus, selon une source diplomatique, de produire « sous licence » en Ukraine des missiles de longue portée et des systèmes de défense antiaérienne ; Londres a annoncé la fourniture d'uranium enrichi pour les centrales ukrainiennes, Ottawa de nouvelles sanctions contre la flotte fantôme de pétroliers au service de Moscou. Les dirigeants ont enfin salué l'accord conclu entre Washington et Téhéran juste avant le sommet, qui a permis la réouverture du détroit d'Ormuz. Le détail de ces trois jours est à retrouver dans notre compte rendu du sommet.
« Ce G7 est objectivement un succès », s'est félicité Emmanuel Macron, pour qui « il y a eu un moment Evian à coup sûr, sur l'Ukraine ». Donald Trump a remercié son hôte « pour un sommet du G7 extrêmement réussi » : « Je dirais l'un des plus réussis. »
Un périmètre de sécurité à cheval sur la frontière
Évian, station thermale resserrée entre le lac et la montagne, avait imposé un dispositif hors normes. Les autorités françaises avaient posé des restrictions de circulation et un périmètre de protection autour de la ville ; l'effet a débordé sur la Suisse voisine — la rive nord du Léman, Genève et le canton de Vaud —, l'aéroport de Genève servant de point d'arrivée à plusieurs délégations, et les transports publics genevois fonctionnant sur un horaire allégé pendant le sommet.
La contestation s'est surtout exprimée de l'autre côté du lac. La veille de l'ouverture, le 14 juin, quelque 15 000 personnes selon une estimation de l'AFP ont défilé à Genève à l'appel de la coalition « No-G7 », qui regroupe environ 200 associations, organisations et syndicats. Commencée dans le calme, la manifestation a débordé en fin d'après-midi — bouteilles, pierres et pétards contre grenades lacrymogènes —, sans toutefois atteindre le fiasco de 2003, quand des groupes violents avaient provoqué émeutes et pillages à Genève et Lausanne en marge du G8, déjà réuni à Évian.

Le dernier soir, Donald Trump a eu droit aux honneurs d'un dîner au château de Versailles. « Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd », s'était réjoui l'intéressé en découvrant le programme.











