La France accueille le sommet annuel du G7 du 15 au 17 juin à Évian-les-Bains (Haute-Savoie), sur la rive sud du lac Léman. Trois jours durant, les dirigeants des sept grandes puissances industrielles, rejoints par l'Union européenne et cinq pays invités, doivent passer en revue un agenda chargé, de la croissance mondiale aux conflits en cours. La rencontre mobilise un dispositif de sécurité considérable, qui s'étend de part et d'autre de la frontière franco-suisse.
Quels pays autour de la table à Évian ?
Le G7 réunit sept États : l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l'Italie, le Japon et le Royaume-Uni. L'Union européenne y siège également, représentée par les présidents du Conseil et de la Commission. Né en 1975 pour répondre au premier choc pétrolier, ce cercle informel reste un lieu de coordination entre démocraties d'un même poids économique — sans secrétariat permanent ni pouvoir contraignant, ses décisions valant engagement politique plus qu'obligation juridique.
Comme le veut l'usage, le pays hôte invite des partenaires. Pour Évian, la France a convié le Brésil, l'Inde, le Kenya, la Corée du Sud et l'Égypte — un panel qui mêle grandes économies émergentes et acteurs régionaux, alors que le club cherche à élargir son audience face aux pays du « Sud global ». Les tractations internationales menées en marge, le G7 Finances réuni à Paris au printemps en avait donné un aperçu.
La rencontre se tient dans un climat que la diplomatie française décrit comme marqué par la « multiplication des conflits » et la « fragilisation de la gouvernance mondiale ». La cohésion du club, éprouvée ces dernières années par les divergences sur le commerce et le climat, figure parmi les enjeux implicites de ces trois jours.
Sept priorités, du cancer aux minerais critiques
La présidence française a fixé sept priorités. Trois relèvent de l'économie : créer les conditions d'une croissance « équilibrée, durable et partagée », bâtir un « nouveau consensus » sur la solidarité internationale, et sécuriser les chaînes d'approvisionnement en minerais critiques — ces métaux indispensables aux batteries, à la défense et au numérique, dont l'extraction et le raffinage restent largement dominés par la Chine.
Trois autres touchent à la protection des personnes : la lutte contre le narcotrafic, la protection des mineurs en ligne et, pour la première fois au programme d'un G7, la lutte contre le cancer. Le septième point est le plus mouvant : les crises géopolitiques, au premier rang desquelles la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient, susceptibles de reléguer une partie de l'ordre du jour au second plan.
Un périmètre de sécurité à cheval sur la frontière
Évian, station thermale resserrée entre le lac et la montagne, impose un dispositif hors normes. Les autorités françaises ont prévu des restrictions de circulation et un périmètre de protection autour de la ville, détaillés par la préfecture de Haute-Savoie. L'effet déborde sur la Suisse voisine : la rive nord du Léman, Genève et le canton de Vaud sont concernés, l'aéroport de Genève servant de point d'arrivée à plusieurs délégations.
Côté suisse, les transports publics genevois doivent fonctionner sur un horaire allégé pendant le sommet, et les autorités ont ouvert une ligne d'information pour la population, les perturbations étant attendues sur une période plus large que les seules journées de réunion. Habitants et visiteurs sont invités à anticiper leurs déplacements et à consulter les canaux officiels pour connaître les zones fermées.
Les informations pratiques sont centralisées par les autorités : la présidence française pour le programme et la liste des participants, la préfecture de Haute-Savoie pour les restrictions côté français, et le canton de Genève pour l'impact transfrontalier.











