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Luc Besson :
la justice refuse de rouvrir l'enquête pour viol

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a refusé de rouvrir l'enquête pour viol visant le réalisateur Luc Besson, déjà close par un non-lieu. La plaignante, l'actrice Sand Van Roy, qui invoquait une nouvelle analyse ADN, annonce un pourvoi en cassation.

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Le réalisateur français Luc Besson
Le réalisateur français Luc Besson, ici au Festival international du cinéma de Rome.© Alberto Pizzoli / AFP

L'une des affaires emblématiques du mouvement #MeToo en France n'ira pas plus loin, du moins pour l'instant. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a refusé, mardi, de rouvrir l'enquête pour viol visant le réalisateur Luc Besson, a indiqué une source judiciaire. Ouverte après une plainte de l'actrice Sand Van Roy, l'instruction s'était soldée par un non-lieu en faveur du cinéaste. L'affaire avait, dès 2018, placé sous les projecteurs le traitement judiciaire des plaintes pour viol en France.

Les juges n'ont pas retenu l'argument de la plaignante, qui estimait qu'une analyse ADN réalisée aux Pays-Bas sur une partie jamais expertisée d'un de ses sous-vêtements constituait un « élément nouveau », de nature à justifier la réouverture. Son avocat, Me Antoine Gitton, a aussitôt annoncé un pourvoi « immédiat » en cassation, dénonçant une « non-justice ».

Cinq ans d'enquête, un non-lieu

L'affaire débute en mai 2018. Sand Van Roy, actrice belgo-néerlandaise aujourd'hui âgée de 38 ans, dépose plainte pour viol quelques heures après un rendez-vous dans un palace parisien. Selon elle, le réalisateur lui a imposé un acte sexuel malgré ses refus, une version qu'elle dit étayée par des constatations des urgences médico-judiciaires. Luc Besson a décrit, lui, un rapport consenti dans le cadre d'une relation suivie, indiquant ne pas avoir « le souvenir » d'une partie des faits dénoncés. Les deux récits divergent.

Présumé innocent, le réalisateur de 67 ans n'a jamais été renvoyé devant un tribunal. L'enquête, longue de cinq ans, s'est conclue par un non-lieu, et la Cour de cassation avait déjà rejeté un premier pourvoi de la plaignante en 2023. « Six procureurs, deux juges d'instruction, trois juges de la cour d'appel, toutes des femmes, ont conclu que M. Besson était innocent des faits qui lui étaient reprochés », a souligné son avocat, Me Thierry Marembert, se « félicitant » du refus de rouvrir « une affaire déjà maintes fois jugée ».

Une bataille qui se poursuit

Deux mois après sa première plainte, Sand Van Roy avait élargi ses accusations à d'autres viols et agressions sexuelles qui auraient eu lieu entre 2016 et 2018, évoquant une « relation d'emprise » sous la menace de représailles sur sa carrière. Aucune de ces démarches n'a abouti à des poursuites. En saisissant la Cour de cassation, Me Gitton entend contester une décision qui, selon lui, traduit une volonté d'« éviter la recherche de la vérité ».

Réalisateur de Léon, Nikita ou Lucy, longtemps l'un des cinéastes français les plus exportés, Luc Besson ressort, au terme de cette décision, blanchi par la justice. La procédure, elle, n'est pas tout à fait close : la Cour de cassation devra dire si l'enquête peut, ou non, être rouverte.

L'essentiel

  • La cour d'appel de Paris a refusé de rouvrir l'enquête pour viol visant Luc Besson, une affaire déjà close par un non-lieu en faveur du réalisateur.
  • Les juges n'ont pas retenu la nouvelle expertise ADN avancée par la plaignante, l'actrice Sand Van Roy, qui se pourvoit désormais en cassation.
  • Présumé innocent, Luc Besson n'a jamais été renvoyé devant un tribunal : entre 2018 et 2023, plusieurs procureurs et magistrats avaient conclu à son innocence.

Thomas Renaud

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