Pas de question plus partagée chez les parents : à partir de quel âge, et combien de temps ? Face aux écrans, l'intuition hésite, mais des repères existent. Le plus connu tient en quatre chiffres — la règle « 3-6-9-12 », formulée par le psychiatre Serge Tisseron — et il a été conforté, en 2024, par un rapport d'experts remis à l'Élysée qui s'alarme des effets de la surexposition sur le développement de l'enfant.
La règle 3-6-9-12, mode d'emploi
Quatre âges, quatre étapes. Pas d'écran avant 3 ans : la télévision et les écrans passifs y renforcent la passivité, au détriment des interactions dont le tout-petit a besoin. Pas de console de jeu portable personnelle avant 6 ans. Pas d'Internet avant 9 ans, puis un Internet accompagné jusqu'au collège. Et un usage autonome à partir de 12 ans, sous vigilance. La règle ne dit pas « jamais » : elle dit « pas trop tôt, et accompagné ».
Pourquoi la surexposition inquiète
Remis au président de la République le 30 avril 2024, le rapport « À la recherche du temps perdu » dresse une liste préoccupante. La surexposition aux écrans est associée à des déficits de sommeil, à la sédentarité et à l'obésité, à des troubles de la vue, et surtout à une altération du langage et des capacités socio-émotionnelles chez les plus jeunes. La Société française de pédiatrie va plus loin : avant 6 ans, les activités sur écran « ne conviennent pas » et peuvent durablement nuire aux apprentissages. Le mot d'ordre des autorités tient en une formule : pas d'écran avant 3 ans.
Et le smartphone, les réseaux sociaux ?
C'est l'autre front. Le rapport d'experts recommande de repousser le premier téléphone et, plus encore, l'entrée sur les réseaux sociaux : pas de smartphone avant 11 à 13 ans, pas de réseaux sociaux avant 15 ans, selon ses auteurs. La loi, elle, a fixé une majorité numérique que parents et plateformes peinent encore à faire respecter — un enjeu d'autant plus sensible que l'usage des écrans s'entremêle à la santé mentale des plus jeunes. Au-delà des âges, les pédiatres rappellent l'essentiel : pas d'écran pendant les repas, ni le matin avant l'école, ni le soir avant de dormir, ni dans la chambre.
Aucune règle ne remplace pourtant la présence. Le vrai facteur de risque, répètent les spécialistes, n'est pas tant le nombre de minutes qu'un écran qui prend la place de ce qui construit l'enfant : le jeu, le sommeil, la parole et le regard d'un adulte.











