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Présidentielle 2027 :
qui se présente, candidats, sondages, calendrier

Qui se présente, qui domine les sondages, quand tombent les décisions qui peuvent tout changer : l'état des lieux de la course à l'Élysée — du sort judiciaire de Marine Le Pen à la primaire de la gauche, en passant par le duel Philippe-Attal au centre.

Mis à jour le mercredi 27 mai 2026 — 11h00
5 min
Main tenant une carte électorale et une enveloppe de vote — illustration de l'élection présidentielle française 2027
Le premier tour de la présidentielle 2027 se tiendra le 11 avril 2027, le second tour le 25 avril. Plus d'une dizaine de candidats sont déjà déclarés.© AFP / Ludovic Marin

À moins d'un an du scrutin, la course à l'Élysée a un favori installé — Jordan Bardella, à un niveau qu'aucun candidat n'avait atteint à ce stade depuis les années 1980 —, un nœud judiciaire — le verdict d'appel de Marine Le Pen, le 7 juillet —, un bloc central divisé entre Édouard Philippe et Gabriel Attal, et une gauche qui jouera son unité dans une primaire le 11 octobre. Voici l'essentiel, tenu à jour au fil des développements.

La date : avril 2027, un décret pour trancher

Le scrutin devrait se tenir les dimanches 11 et 25 avril 2027. Ces dates, les plus probables, ne seront officielles que par décret en conseil des ministres, environ deux mois avant l'échéance. La Constitution (article 7) impose que l'élection ait lieu entre vingt et trente-cinq jours avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron, qui expire le 14 mai 2027 : la fenêtre court du 11 avril au 2 mai.

D'ici là, les rendez-vous qui comptent :

  • 7 juillet 2026, 13 h 30 — verdict de la cour d'appel dans l'affaire Le Pen, qui décidera de l'identité du candidat RN.
  • Septembre 2026 — congrès du Rassemblement national et élections sénatoriales.
  • 11 octobre 2026 — primaire de la gauche.
  • Février-mars 2027 — collecte des 500 parrainages d'élus.

Qui se présente

Rassemblement national. Marine Le Pen reste la candidate naturelle du parti, mais son sort dépend de son procès en appel. Jordan Bardella tient le rôle de « plan B » — et c'est lui que testent la plupart des sondages.

Les Républicains. Bruno Retailleau a été désigné par les adhérents le 19 avril 2026, avec 73,4 % des voix, sans primaire. La famille reste éclatée : Laurent Wauquiez a voté blanc, David Lisnard a quitté le parti, Xavier Bertrand prépare sa propre candidature.

Bloc central. Édouard Philippe (Horizons) est déclaré depuis 2024 ; Gabriel Attal (Renaissance) l'a rejoint le 22 mai 2026, avec une posture revendiquée d'outsider face au maire du Havre. Les deux hommes ont laissé entendre que l'un se retirerait début 2027 si l'autre était nettement mieux placé — une clause dont la solidité reste à démontrer. Le Premier ministre Sébastien Lecornu reste en réserve.

Gauche. Une primaire doit désigner un candidat commun le 11 octobre 2026 autour des Écologistes (Marine Tondelier), de L'Après (Clémentine Autain), de Debout ! (François Ruffin) et de Génération.s. En sont absents Jean-Luc Mélenchon, qui a lancé sa campagne le 7 juin à Saint-Denis, et Raphaël Glucksmann, qui vise une candidature autonome. Côté social-démocrate, Jérôme Guedj (PS) est déclaré hors primaire, rejoint le 9 juin par Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen, qui dit vouloir « fédérer » la gauche non mélenchoniste.

Autres candidatures déclarées. Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), François Asselineau (UPR).

Le Pen ou Bardella : tout se joue le 7 juillet

Condamnée le 31 mars 2025 à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, quatre ans de prison dont deux ferme sous bracelet et 100 000 euros d'amende dans l'affaire des assistants parlementaires européens du RN, Marine Le Pen est, en l'état, écartée de 2027 : l'exécution provisoire la rend inéligible sans attendre la fin des recours. Le procès en appel s'est tenu du 13 janvier au 12 février 2026 ; la cour d'appel de Paris rend sa décision le 7 juillet à 13 h 30.

Un point est décisif : dans ses réquisitions, le parquet général a de nouveau demandé l'inéligibilité, mais sans exécution provisoire. Trois issues, donc. La cour confirme l'exécution provisoire : Le Pen est écartée, Bardella prend le relais. Elle prononce l'inéligibilité sans exécution provisoire : Le Pen peut concourir tant que la Cour de cassation n'a pas tranché. Elle relaxe ou allège la peine : sa liberté de candidature est rétablie.

Ce que disent les sondages

Jordan Bardella domine toutes les enquêtes de premier tour publiées depuis le début de l'année. Les deux dernières vagues le situent entre 32 et 36 % : 32 % dans le baromètre Odoxa réalisé les 20 et 21 mai auprès de 1 005 personnes, 33,5 à 36 % selon les configurations dans l'enquête Ipsos BVA-CESI pour Le Parisien publiée le 1er juin (terrain des 27 et 28 mai, 1 500 personnes). Aucun candidat n'avait atteint un tel niveau à un an du scrutin depuis François Mitterrand en 1988 et Nicolas Sarkozy en 2007.

Derrière, la hiérarchie s'est resserrée. Édouard Philippe, longtemps deuxième homme incontesté, est retombé à 13-19 % selon les configurations ; Jean-Luc Mélenchon, remonté à 13-16 %, lui dispute désormais la place de finaliste. L'érosion du maire du Havre doit beaucoup à ses ennuis judiciaires : depuis le printemps, une information judiciaire du Parquet national financier le vise pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêts et concussion, autour d'une convention de gestion de la Cité numérique du Havre portant sur quelque 2,15 millions d'euros. Il conteste et assure qu'il répondra « à toutes les questions » de la justice. Raphaël Glucksmann se tient à 11-12 %, Gabriel Attal plafonne à 11,5 % quand Philippe est candidat, Bruno Retailleau oscille entre 6 et 9 %.

Au second tour, le rapport de force a basculé : début 2026, Philippe apparaissait comme le seul à pouvoir battre Bardella ; le dernier baromètre Odoxa donne désormais le candidat RN vainqueur face à tous ses adversaires testés. Deux éléments d'arrière-plan nourrissent cette dynamique : l'ancrage territorial conquis aux municipales de mars (de 9 à 57 mairies de plus de 3 500 habitants pour le RN) et un contexte de crise — guerre américano-iranienne, flambée des carburants, budget à venir — dont aucun mouvement net dans les intentions de vote ne s'est encore dégagé. La Commission des sondages le rappelle à chaque vague : à un an de l'échéance, ces chiffres décrivent un instantané, pas un pronostic.

Derniers développements

L'essentiel

  • Jordan Bardella domine toutes les enquêtes de premier tour (32 à 36 % selon les dernières vagues), un niveau inédit à un an du scrutin depuis les années 1980 ; les simulations de second tour le donnent désormais gagnant face à tous ses adversaires testés.
  • Le nom du candidat RN dépend du verdict d'appel de Marine Le Pen, le 7 juillet 2026 : exécution provisoire confirmée et elle est écartée au profit de Bardella ; sans exécution provisoire, elle peut concourir tant que la cassation n'a pas tranché.
  • Le bloc central part divisé entre Édouard Philippe, fragilisé par une information judiciaire, et Gabriel Attal ; la gauche tentera de désigner un candidat commun par une primaire le 11 octobre, sans Mélenchon ni Glucksmann.

Questions fréquentes

Quand aura lieu l'élection présidentielle 2027 ?
Très probablement les dimanches 11 et 25 avril 2027. Les dates seront fixées par décret en conseil des ministres environ deux mois avant le scrutin. La Constitution impose que l'élection ait lieu entre vingt et trente-cinq jours avant l'expiration du mandat d'Emmanuel Macron, le 14 mai 2027 — soit une fenêtre du 11 avril au 2 mai.
Qui est en tête dans les sondages ?
Jordan Bardella, entre 32 et 36 % d'intentions de vote au premier tour selon les vagues Odoxa de fin mai et Ipsos BVA-CESI du 1er juin 2026 — un niveau inédit à un an du scrutin depuis les années 1980. Les simulations de second tour le donnent désormais vainqueur face à tous les adversaires testés. À un an de l'échéance, ces chiffres restent un instantané, pas un pronostic.
Marine Le Pen pourra-t-elle se présenter ?
Tout dépend du verdict de la cour d'appel de Paris, attendu le 7 juillet 2026 à 13 h 30. Si l'inéligibilité avec exécution provisoire est confirmée, elle est écartée et Jordan Bardella prendrait le relais. Si la cour suit le parquet général — inéligibilité sans exécution provisoire — elle peut concourir tant que la Cour de cassation n'a pas statué. Une relaxe rétablirait pleinement sa candidature.
Comment fonctionne la primaire de la gauche ?
Prévue le 11 octobre 2026, elle réunit les Écologistes, L'Après, Debout ! et Génération.s pour désigner un candidat commun, par un vote en présentiel et en ligne. Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Raphaël Glucksmann (Place publique) n'y participent pas et visent des candidatures autonomes — l'unité de la gauche au premier tour n'est donc pas acquise.

Thomas Renaud

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