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Les 500 parrainages, ce filtre qui ouvre la présidentielle

Pour figurer sur le bulletin, tout candidat à la présidentielle doit réunir 500 parrainages d'élus, répartis sur au moins 30 départements. Qui peut parrainer, pourquoi les noms sont publics, et pourquoi ce filtre fait débat : le mode d'emploi des 500 signatures.

Mis à jour le jeudi 24 septembre 2026 — 09h52
3 min
Un électeur devant un isoloir lors d'un scrutin en France
Un électeur devant un isoloir lors d'un scrutin municipal, à Perpignan.© AFP

Déclarer sa candidature ne suffit pas. Tout candidat à l'Élysée doit franchir un obstacle discret mais redoutable : réunir 500 parrainages d'élus. Sans eux, pas de bulletin à son nom le jour du vote. Ce filtre, créé en 1962 et durci en 1976, façonne chaque présidentielle — et écarte, à intervalles réguliers, des prétendants que les sondages plaçaient pourtant dans la course.

Cinq cents signatures, trente départements

La règle est d'abord arithmétique. Il faut 500 « présentations » — le terme officiel que l'usage a transformé en « parrainages » ou « signatures » — émanant d'élus habilités, réparties sur au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer, sans que plus d'un dixième, soit 50, provienne d'un même territoire. L'objectif affiché : obliger chaque candidat à prouver un ancrage national, et non une simple implantation locale. Les élus autorisés à parrainer se comptent par dizaines de milliers. Les maires en forment le gros des troupes, aux côtés des parlementaires, des députés européens, des conseillers régionaux et départementaux ou des présidents d'intercommunalités. Chacun ne peut présenter qu'un seul candidat — et, une fois donné, son parrainage ne peut plus être retiré.

Le seuil lui-même a une histoire : fixé à 100 signatures en 1962, il a été porté à 500 en 1976 pour écarter les candidatures fantaisistes. Depuis, l'équilibre entre filtrage et pluralisme est sans cesse rediscuté.

Un parrainage public, et assumé

Longtemps, un élu pouvait parrainer dans une relative discrétion. Ce n'est plus le cas. Depuis la présidentielle de 2017, en application d'une réforme votée l'année précédente, le Conseil constitutionnel publie l'intégralité des noms et qualités des parrains — et non plus un simple échantillon —, au moins deux fois par semaine, au fur et à mesure qu'il les reçoit. La liste complète et définitive paraît au Journal officiel au moins huit jours avant le premier tour. C'est encore le Conseil qui contrôle la réalité et la sincérité de chaque présentation, avant d'arrêter la liste officielle des candidats.

Un filtre de plus en plus contesté

Cette transparence a un revers. En exposant chaque signature, elle dissuade nombre de maires — souvent sans étiquette et soucieux de neutralité — de parrainer un candidat jugé encombrant, de peur de voir leur nom lié au sien. Résultat : même des personnalités créditées de scores élevés ont, par le passé, redouté publiquement de ne pas réunir leurs 500 paraphes ; à chaque scrutin, des prétendants comme Jean-Luc Mélenchon ou les candidats d'extrême droite en font un enjeu de campagne. La mécanique relance régulièrement les propositions de réforme — parrainage citoyen, anonymat partiel, modification du seuil — restées jusqu'ici lettre morte.

Pour 2027, le Conseil des ministres a retenu le 1er juillet 2026 les dates du 18 avril et du 2 mai 2027. La collecte s'ouvrira au lendemain de la publication du décret convoquant les électeurs, qui doit paraître au moins dix semaines avant le premier tour, soit au plus tard le 7 février 2027. Elle se refermera le vendredi 12 mars 2027 à 18 heures, et la liste officielle des candidats paraîtra le mardi 16 mars. Dans une course que les sondages donnent ouverte, l'étape des parrainages restera le premier juge de paix : avant les électeurs, ce sont les élus qui décideront qui aura le droit de concourir. Le détail de la procédure et la liste des parrains, tenue à jour, sont publiés par le Conseil constitutionnel.

L'essentiel

  • Pour figurer sur le bulletin de la présidentielle, un candidat doit réunir 500 parrainages d'élus habilités, issus d'au moins 30 départements ou collectivités, sans plus de 50 d'un même territoire.
  • Les élus habilités — maires, parlementaires, conseillers, présidents d'intercommunalités — sont des dizaines de milliers ; chacun ne peut parrainer qu'un seul candidat, de façon définitive.
  • Depuis 2017, le Conseil constitutionnel publie tous les noms des parrains, ce qui dissuade certains maires de signer pour des candidats encombrants et relance le débat sur une réforme du système.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un parrainage à la présidentielle ?
C'est une « présentation » : pour figurer sur le bulletin, un candidat doit être présenté par au moins 500 élus habilités. Le terme officiel est « présentation », mais l'usage parle de parrainage ou de « signature ».
Combien de parrainages faut-il, et comment doivent-ils être répartis ?
Il en faut cinq cents au minimum. Les signataires doivent relever d'au moins trente territoires, départements ou collectivités ultramarines, et aucun d'eux ne peut en fournir plus de cinquante, soit un dixième du total. La règle impose au candidat une implantation nationale.
Qui peut parrainer un candidat ?
Les élus habilités : maires (de loin les plus nombreux), maires d'arrondissement de Paris, Lyon et Marseille, présidents d'intercommunalités, mais aussi députés, sénateurs, députés européens, conseillers régionaux et départementaux. Chaque élu ne peut parrainer qu'un seul candidat.
Les parrainages sont-ils rendus publics ?
Oui, intégralement depuis 2017. Le Conseil constitutionnel met en ligne le nom et la qualité de chaque parrain au fil des arrivées, avec deux publications par semaine au minimum. La liste complète est rendue publique huit jours au moins avant le premier tour. Une fois envoyé, un parrainage est définitif.
Quand se déroule la collecte pour 2027 ?
Elle démarrera le jour qui suit la parution du décret de convocation des électeurs. Ce texte doit précéder le premier tour d'au moins dix semaines, ce qui le place le 7 février 2027 au plus tard. Les signatures doivent arriver avant le vendredi 12 mars, à 18 heures. Le gouvernement a retenu le 18 avril pour le premier tour ; après contrôle de chaque présentation par le Conseil constitutionnel, la liste des candidats doit être publiée le mardi 16 mars.
Pourquoi les parrainages font-ils débat ?
Parce que la publication des noms freine des maires qui craignent d'être associés à un candidat controversé. Des personnalités bien placées dans les sondages ont déjà dit craindre de manquer de signatures. Parrainage citoyen, anonymat partiel : aucune des pistes de réforme avancées n'a abouti.

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