Santé publique France chiffre à 5 764 les décès en excès pendant la canicule de la fin juin, puis à 1 243 ceux de l'épisode de juillet. Pour la vague commencée le 29 juillet, aucun bilan de mortalité n'est encore disponible.
Ces nombres sont provisoires. Ils ne désignent pas des personnes dont le certificat de décès attribuerait individuellement la mort à la chaleur. Ils comparent la mortalité observée à celle qui aurait été attendue en l'absence d'événement exceptionnel.
Une autre estimation viendra après l'été : celle des décès imputables à la chaleur sur l'ensemble de la saison, y compris en dehors des périodes officiellement classées comme caniculaires.
Un nouveau bilan pour la canicule de juillet
Le bilan disponible a changé le 19 août. L'agence estime qu'au moins 1 243 morts de plus que prévu sont survenues pendant les jours de canicule observés du 3 au 22 juillet dans 78 départements. Le nombre de morts enregistrées atteint 14 713, contre 13 470 attendues selon son modèle, soit une hausse de 9,2 %.
Les personnes âgées de 75 ans ou plus représentent les trois quarts de cette surmortalité, avec 917 décès en excès. Toutes les classes d'âge à partir de 45 ans sont concernées. Les Pays de la Loire affichent l'écart régional le plus important, avec 236 décès supplémentaires et une hausse de 21,4 %. La Corse est la seule région épargnée.
Cette estimation reste provisoire. Elle repose sur des données arrêtées au 18 août et pourra être révisée lorsque les déclarations de décès auront été consolidées.
Météo-France situe la deuxième vague de chaleur nationale de l'année entre le 4 et le 19 juillet. Santé publique France retient une période allant du 3 au 22, car les seuils de canicule ont été atteints à des dates différentes selon les départements. Juillet 2026 a été le mois le plus chaud mesuré en France depuis 1900, avec une température moyenne de 24,9 °C.
Les 5 764 décès de juin restent une première estimation
Le bilan le plus lourd concerne la canicule du 17 juin au 2 juillet.
Santé publique France a estimé 5 764 décès toutes causes en excès, soit 36,2 % de plus que les 15 910 décès attendus pendant les jours et dans les départements concernés. L'agence n'avait plus observé une telle surmortalité pendant une canicule depuis 2003, sans que le niveau de cette année-là soit atteint.
Les personnes âgées de 75 ans ou plus représentent 3 719 de ces décès supplémentaires. Un excès apparaît dans toutes les autres classes d'âge à partir de 15 ans. Plus de la moitié du bilan, 56 %, se concentre sur trois journées, du 25 au 27 juin.
L'Île-de-France est la région où l'écart entre les décès observés et attendus est le plus important : près de 2 000 morts supplémentaires, soit 81,2 % de plus qu'attendu. Elle précède le Grand Est, les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire.
L'agence qualifie toujours ce bilan de non consolidé. Il sera réexaminé avec des données plus complètes après la période de surveillance estivale.
Fin mai, 95 ou 300 décès selon le périmètre
Un premier épisode avait déjà touché une partie de la France fin mai.
Santé publique France distingue deux périmètres. Dans les six départements où la situation a répondu à sa définition d'un épisode de canicule entre le 24 et le 28 mai, elle en dénombre 95. Dans les 17 départements placés en vigilance orange entre le 26 et le 30 mai, le nombre atteint 300.
Ces deux résultats sont compatibles. Le second couvre davantage de départements et l'ensemble des périodes de vigilance, y compris lorsque les critères retenus pour définir une canicule n'ont pas été remplis pendant au moins trois jours.
Ils montrent surtout pourquoi chaque chiffre doit être accompagné de ses dates, de son territoire et de sa méthode.
Les 2 025 décès annoncés début juillet comptaient autre chose
Le 3 juillet, un premier nombre avait circulé : 2 025 décès supplémentaires pendant la semaine du 22 au 28 juin.
Ce chiffre était autre chose qu'une première version des 5 764 décès en excès. Santé publique France avait simplement comparé deux semaines successives. Elle avait enregistré 8 973 décès du 22 au 28 juin, contre 6 948 du 15 au 21, soit 29,1 % de plus.
Le calcul reposait sur les certificats électroniques de décès. Leur avantage est la rapidité : ils permettent de détecter une hausse quelques jours après sa survenue. Leur limite est leur couverture. Ils enregistrent habituellement environ 60 % des décès nationaux, mais seulement un quart de ceux qui surviennent à domicile, contre près de 80 % des décès hospitaliers.
Trois semaines plus tard, le bilan de 5 764 s'appuyait sur les données des bureaux d'état civil transmises à l'Insee. Ce réseau couvre environ 84 % de la mortalité nationale. Les résultats ont ensuite été extrapolés et comparés à une mortalité attendue calculée à partir des années précédentes.
Les deux nombres diffèrent pour trois raisons : la source, la période et le terme de comparaison.
Une surmortalité n'est pas une liste de décès causés par la chaleur
Le calcul de l'excès de mortalité ne cherche pas à attribuer une cause médicale à chaque mort.
Santé publique France compare le nombre quotidien de décès observé à un nombre attendu. Ce dernier est produit par un modèle qui tient compte de la tendance de fond, de la saison et des fluctuations habituellement constatées, tout en excluant les grands événements exceptionnels.
La différence donne un nombre de décès « toutes causes » en excès. La simultanéité avec une canicule, son intensité et la répartition géographique rendent le lien avec la chaleur très probable à l'échelle de la population. Le modèle ne permet pas d'affirmer que chaque décès supplémentaire a été directement provoqué par elle.
Un certificat individuel peut mentionner une hyperthermie ou un coup de chaleur. Les nombres de 5 764 et de 1 243, eux, reposent sur un tout autre calcul.
L'autre calcul couvre toutes les journées chaudes
Après la saison, Santé publique France réalise une estimation différente : la mortalité attribuable à l'exposition à la chaleur.
Cette méthode utilise les relations statistiques entre la température et la mortalité établies à l'échelle des départements. Elle estime ce qui se serait produit si les températures étaient restées à un niveau présentant le moins de risque sanitaire.
Elle tient compte de journées qui ne déclenchent aucune vigilance canicule. La température peut augmenter le risque de décès sans atteindre les seuils administratifs d'une alerte.
Entre 2017 et 2025, l'agence chiffre à près de 40 000 les décès attribuables à la chaleur pendant les périodes de surveillance estivale. Environ 11 700, soit près de 30 %, sont survenus pendant des canicules. Celles-ci ne représentaient pourtant que 4 % des jours étudiés.
La majorité du bilan statistiquement attribuable à la chaleur se situe donc hors des épisodes qui concentrent l'attention médiatique : le risque quotidien est moins élevé, mais le nombre de journées concernées beaucoup plus important.
L'été précédent, 1 900 décès pendant les canicules et 5 700 en tout
Le cas de 2025 illustre la différence entre les deux périmètres.
Santé publique France lui attribue plus de 5 700 décès liés à la chaleur pendant l'ensemble de la période de surveillance. Parmi eux, plus de 1 900 sont survenus pendant les quatre épisodes de canicule recensés.
Les quelque 3 800 autres décès attribuables sont associés à des températures chaudes observées en dehors de ces épisodes.
Ces nombres ne doivent pas être comparés directement avec les 5 764 morts en excès de la seule canicule de juin. Le bilan précédent repose sur une estimation causale couvrant toute la saison ; celui de juin est une première mesure de surmortalité toutes causes pendant un épisode délimité.
Pour la vague d'août, les urgences constituent le seul indicateur disponible
La troisième vague de chaleur nationale a commencé le 28 juillet, et Santé publique France suit un épisode de canicule depuis le 29.
Entre le 11 et le 17 août, 91 % de la population hexagonale a vécu au moins une journée dans un département placé en vigilance orange. Du 11 au 15 août, les urgences ont enregistré entre 230 et 305 passages quotidiens pour hyperthermie, déshydratation ou hyponatrémie. Entre 146 et 184 de ces passages ont été suivis d'une hospitalisation. Plus de la moitié concernaient les plus de 75 ans.
Ces données montrent une pression sanitaire. Elles ne disent pas combien de personnes sont mortes et ne permettent pas de le prévoir, avertit l'agence.
La première estimation de mortalité ne pourra intervenir qu'après la fin de l'épisode et un délai d'environ trois semaines, nécessaire pour consolider l'essentiel des remontées d'état civil.
Le bilan de l'été restera une estimation
Santé publique France annonce une consolidation à l'issue de la surveillance estivale, qui court habituellement du 1er juin au 15 septembre. Elle devra préciser l'excès de mortalité de chaque canicule et estimer la mortalité que la chaleur aura provoquée pendant l'ensemble de la période.
« À l'automne » désigne un calendrier annoncé, non une date de publication garantie. Le bilan complet de la saison précédente, comprenant les décès attribuables à la chaleur, avait été publié le 26 février.
Au 19 août, trois éléments sont donc établis : une surmortalité provisoire à la fin de mai, 5 764 décès en excès pendant l'épisode de juin et 1 243 pendant celui de juillet. Deux restent inconnus : le bilan de la vague commencée à la fin de juillet et le nombre de morts que la chaleur aura causés sur l'ensemble de l'été.
À savoir
Les nombres de décès en excès correspondent à la différence entre la mortalité observée et la mortalité attendue pendant les jours de canicule, dans les départements concernés. Ils diffèrent du nombre de certificats de décès mentionnant la chaleur. Ces données sont provisoires et peuvent être révisées.











