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Grève pour les salaires :
à qui s'adressent les demandes des syndicats

La CFDT, la CGT, FO, l'UNSA et la FSU appellent à manifester le 5 novembre pour les salaires et les services publics. Gouvernement, employeurs et régime de retraite complémentaire ne décident pas des mêmes choses.

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Marylise Léon, en trench beige, répond aux journalistes qui lui tendent des micros
Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, devant la presse à la sortie de la réunion des syndicats avec le Premier ministre à Matignon, à Paris, le 21 octobre 2026.© Ludovic Marin / AFP

« Nos conditions de travail, depuis très longtemps, se sont dégradées », disait le 29 septembre Christelle El-Anraoui, aide-soignante à l'hôpital de Chartres, venue demander « plus de moyens du gouvernement » lors de la journée de grève de la fonction publique, selon l'AFP. Le 5 novembre, une nouvelle journée de grève et de manifestations est prévue, dans le public comme dans le privé. La CFDT, la CGT, FO, l'UNSA et la FSU en sont les premières organisations signataires, selon leur appel commun du 5 octobre.

Ils réclament l'ouverture immédiate de négociations dans les entreprises et les branches pour augmenter les salaires et réaliser l'égalité salariale entre femmes et hommes, ainsi que la hausse des pensions, du point d'indice des fonctionnaires, du salaire minimum et des aides sociales. Ils demandent aussi une planification industrielle et environnementale, des moyens pour les services publics, une fiscalité plus lourde sur les patrimoines, les héritages et les dividendes, et « l'évaluation, le conditionnement et le redéploiement des 211 milliards d'aides publiques ». Ce montant reprend l'estimation large des aides aux entreprises en 2023 établie par une commission d'enquête du Sénat, qui la présente comme un ordre de grandeur. Le texte ne chiffre aucune hausse.

Entendu le 15 octobre par la commission des affaires sociales du Sénat, le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a déclaré à propos des recettes : « Nous cherchons effectivement à limiter le recours à l'impôt et à la taxe », selon le compte rendu du Sénat.

Salaire minimum et salaires du privé

Le salaire minimum est de 12,31 euros brut de l'heure, soit 1 867,02 euros brut par mois pour un temps plein, hors Mayotte, depuis le 1er juin 2026, selon l'Insee. Il est relevé chaque 1er janvier, et automatiquement en cours d'année si les prix ont augmenté d'au moins 2 % ; le gouvernement peut aussi l'augmenter à tout moment, selon Service-Public. Les prix ont augmenté de 3,1 % sur un an en septembre, tirés par l'énergie, en hausse de 21,3 %, selon l'institut.

Au-dessus du minimum, les salaires du privé se négocient dans les entreprises et les branches professionnelles, entre employeurs et syndicats. De son côté, le Medef s'en prend au projet de budget de la Sécurité sociale, qui, selon lui, réduit les allègements de cotisations sur les salaires proches du Smic. L'organisation patronale chiffre le surcoût à plus de 11 milliards d'euros, dont 9,3 milliards sur ces allègements. Cette hausse « absorberait une part significative des moyens disponibles pour les augmentations salariales », écrit-elle dans un communiqué du 20 octobre adressé au gouvernement et au Parlement. Elle estime qu'environ 200 000 emplois pourraient être détruits à moyen terme, sans détailler son calcul.

Fonctionnaires : pas de hausse générale prévue

La valeur du point d'indice, qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires, est fixée par décret. Le rendez-vous salarial de la fonction publique s'est tenu le 8 juillet. Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, y a indiqué qu'« il n'est pas prévu de mesure générale sur le point d'indice, ni de nouvelle mesure catégorielle » pour 2027, selon le compte rendu de son ministère. Le 20 octobre, sept syndicats de la fonction publique ont écrit au Premier ministre pour être reçus et discuter de mesures générales dans le budget 2027. « Nous refusons toujours qu'un·e agent·e public ait un salaire indiciaire inférieur au SMIC », écrivent-ils dans leur courrier.

Retraites complémentaires : la hausse annuelle décidée

Pour les retraites complémentaires du privé, la hausse annuelle a été décidée le 14 octobre par le conseil d'administration de l'Agirc-Arrco, où siègent syndicats et patronat, selon les règles d'un accord de 2023. Elle sera de 1,4 % au 1er novembre, dans une fourchette possible de 1,2 % à 1,9 %, pour un coût de 1,4 milliard d'euros en année pleine, « intégralement financés par le régime », selon son communiqué.

Reçus à Matignon, les principaux syndicats maintiennent l'appel au 5 novembre

Sébastien Lecornu a reçu le 21 octobre, à Matignon, les cinq syndicats représentatifs : la CFDT, la CGT, FO, la CFTC et la CFE-CGC. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, devait y assister. Le courrier d'invitation fixait pour objet la liberté de manifester et les demandes d'une partie de la jeunesse. Le Premier ministre y annonçait que l'échange se poursuivrait dans les prochaines semaines et disait avoir demandé à Jean-Pierre Farandou « de travailler » avec eux « sur différentes mesures, y compris concernant la thématique du pouvoir d'achat », selon un article publié le jour même. Toutes, sauf la CFE-CGC à ce stade, appellent à manifester le 5 novembre, précise cet article.

À la sortie, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a estimé que le gouvernement n'avait apporté aucune réponse aux revendications exprimées notamment lors des manifestations du 17 octobre, dont des mesures contre la cherté de la vie, selon l'agence Reuters. Elle a appelé à une « grande mobilisation ». Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a jugé que le Premier ministre ne faisait que « renforcer » la colère. « La grève doit prendre le relais. C'est pourquoi la CGT, avec l'intersyndicale, appelle à la mobilisation la plus large possible le 5 novembre », a-t-elle déclaré.

L'essentiel

  • Les syndicats réclament aussi l'évaluation et le conditionnement des aides publiques.
  • Le gouvernement n'a prévu aucune hausse générale du point d'indice en 2027.
  • Les retraites complémentaires du privé augmentent de 1,4 % au 1er novembre, selon les règles d'un accord de 2023.

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