L'hiver dernier, parmi les cas de grippe signalés par les services de réanimation qui participent à la surveillance de Santé publique France, environ 70 % des patients dont on connaissait le statut vaccinal n'étaient pas vaccinés. Cette année, près de 21 millions de personnes ont reçu de l'Assurance maladie une invitation à se faire vacciner contre la grippe. « Même si les températures sont clémentes, le virus est déjà présent », prévient Catherine Grenier, médecin conseil national de l'Assurance maladie, qui conseille aux personnes à risque de se faire vacciner « sans tarder ». Une maladie bénigne, même avec un peu de fièvre, n'empêche pas la vaccination ; une forte fièvre peut conduire à la reporter, selon le site public Vaccination Info Service.
La campagne contre la grippe et le Covid-19 est ouverte depuis le 13 octobre dans l'Hexagone, en Guadeloupe, en Martinique et en Guyane. Celle contre la grippe doit durer jusqu'au 31 janvier 2027, selon Santé publique France. Elle a commencé le 8 septembre à Mayotte ; à La Réunion, qui suit le calendrier de l'hémisphère Sud, la campagne contre la grippe court jusqu'au 31 octobre. Les deux vaccins peuvent se faire au cours de la même séance, en deux points d'injection différents. Celui contre la grippe met environ deux semaines à protéger.
Depuis le 10 juillet, ce vaccin contre la grippe ne se délivre plus que sur prescription, a décidé l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Pour les personnes qui ont reçu un bon de prise en charge, rien ne change : ce bon « fait office de prescription médicale », rappelle l'Assurance maladie. Sans bon, le médecin et la sage-femme peuvent prescrire le vaccin à tout âge, le pharmacien à partir de 11 ans. L'infirmier le peut aussi à partir de 11 ans selon Service-Public, alors que la page de l'Assurance maladie ne lui reconnaît que l'injection.
Les médecins généralistes qui veulent fournir eux-mêmes le vaccin au cabinet doivent d'abord l'acheter et en avancer le coût avant d'être remboursés, et ne peuvent l'injecter qu'aux patients munis d'un bon, selon le syndicat MG France. Il reproche au ministère ce dispositif, jugé le 20 octobre « inapplicable » : le médecin « devra donc avancer le coût d'un vaccin “gratuit” ». Le syndicat réclame de longue date que les généralistes disposent des vaccins au cabinet, pour vacciner pendant la consultation sans surcoût.
Qui reçoit un bon, qui doit le demander
La vaccination contre la grippe est recommandée à partir de 65 ans, pendant la grossesse et en cas de certaines maladies chroniques, y compris chez l'enfant dès 6 mois. Elle vise aussi les personnes dont l'indice de masse corporelle atteint au moins 40 et les résidents des établissements de soins de suite ou médico-sociaux d'hébergement. Sont encore concernés l'entourage des nourrissons de moins de six mois à risque de grippe grave et des personnes immunodéprimées, dont les défenses sont affaiblies, et les professionnels de santé. Ces publics passent en priorité pendant les quatre premières semaines.
Le bon de prise en charge « n'est pas envoyé aux femmes enceintes, ni aux personnes souffrant d'obésité sévère ni à l'entourage d'un nourrisson fragile », écrit l'Assurance maladie. Ces personnes le demandent à un médecin, un infirmier, un pharmacien ou une sage-femme, qui peut aussi remplacer un bon perdu. Avec ce bon et la carte Vitale, le vaccin se retire gratuitement à la pharmacie. Les salariés vaccinés au titre de leur travail passent par leur employeur. Les aides à domicile qui travaillent chez des particuliers employeurs aidés, au titre par exemple de l'allocation personnalisée d'autonomie ou de la prestation de compensation du handicap, reçoivent un courriel de l'Urssaf, l'organisme qui collecte les cotisations sociales. Il les invite à retirer le vaccin, pris en charge à 100 %, et indique les justificatifs à présenter.
Avant 11 ans, le pharmacien ne vaccine pas, d'après la fiche pratique de Service-Public. Les parents font d'abord compléter par un médecin ou une sage-femme la partie du bon qui vaut prescription ; l'un ou l'autre peut ensuite vacciner l'enfant. Un infirmier le peut aussi, si la partie du bon consacrée à l'injection a été remplie.
Les enfants de 2 à 17 ans sans maladie chronique ne reçoivent pas de bon de l'Assurance maladie : c'est le professionnel qui leur propose la vaccination qui en imprime un. Leur vaccin est remboursé à 65 %.
Ce que coûte la piqûre
Pour les personnes visées par la campagne, une actualité de Service-Public, publiée le 1er octobre, annonce « une prise en charge à 100 % du vaccin et de l'injection ». Pour ces mêmes personnes, l'Assurance maladie, qui rembourse, écrit que « l'injection du vaccin est prise en charge dans les conditions habituelles ». Les deux pages officielles ne concordent donc pas.
Selon les règles habituelles de l'Assurance maladie, la piqûre est remboursée à 70 % quand un médecin, une sage-femme ou un pharmacien vaccine, à 60 % pour un infirmier qui intervient sur prescription médicale. Elle l'est en entier pour les femmes enceintes, du sixième mois de grossesse jusqu'à douze jours après l'accouchement, ainsi que pour les malades en affection de longue durée et les bénéficiaires de l'aide médicale de l'État, quand le vaccin leur est recommandé. Pour les autres, mieux vaut demander à celui qui vaccine ce qui restera à payer.
Un adulte à qui la vaccination contre la grippe n'est pas recommandée achète son vaccin à la pharmacie, sur une prescription que le pharmacien peut rédiger lui-même ; ni le vaccin ni l'injection ne sont remboursés.
Contre le Covid, un vaccin remboursé même hors des publics visés
Le rappel d'automne contre le Covid-19 s'adresse notamment aux personnes de 65 ans et plus et à celles qui risquent une forme grave : malades chroniques, personnes immunodéprimées, femmes enceintes, résidents des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Il faut laisser six mois après la dernière dose ou la dernière infection, trois mois seulement à partir de 80 ans et pour les personnes immunodéprimées.
Ce vaccin est pris en charge à 100 %. Une personne hors de ces publics qui souhaite se faire vacciner « pourra en bénéficier gratuitement », indique la page de l'Assurance maladie, qui précise aussi que l'injection est remboursée « selon les règles habituelles » : le vaccin ne coûte rien, la piqûre suit les taux de remboursement ordinaires. À partir de 5 ans, ni bon ni ordonnance ne sont demandés, et le pharmacien comme l'infirmier peuvent vacciner. Pour les enfants de six mois à quatre ans, ni le pharmacien ni l'infirmier ne vaccinent de leur propre initiative : un médecin ou une sage-femme le fait, ou un infirmier sur prescription médicale. Dans les Ehpad, l'établissement organise lui-même la vaccination.
Les centres publics de vaccination peuvent pratiquer gratuitement les vaccinations recommandées, tout comme les services de protection maternelle et infantile pour les enfants jusqu'à 6 ans.











