Le même sentier de garrigue peut être libre un lundi et interdit le mardi. Dans les départements méditerranéens, l'accès aux massifs forestiers ne se règle ni à la saison ni à la semaine, mais au jour le jour : chaque soir, une carte publiée par la préfecture décide de ce que le lendemain autorise — la promenade, le chantier forestier, ou rien du tout. Un système que beaucoup de vacanciers découvrent sur un parking barré, et dont l'ignorance coûte 135 euros.
Qui ferme les massifs, et sur quels critères ?
« Ce sont les autorités préfectorales et communales qui évaluent la prévision du danger », explique le site Prévention incendie forêt, édité par l'Entente Valabre pour les départements concernés. L'évaluation croise la météo du jour et l'état de sécheresse de la végétation, selon cinq classes de danger allant « de modéré à très exceptionnel ». Le dispositif couvre quatorze départements, de l'Ardèche à la Corse et de la Charente-Maritime aux Alpes-Maritimes.
Dans les Bouches-du-Rhône, la réglementation court du 1er juin au 30 septembre inclus : l'accessibilité de chaque massif y est « déterminée quotidiennement en fonction de la météorologie », et la carte du lendemain est mise en ligne la veille vers 18 heures. Le principe est le même d'un département à l'autre : un classement actualisé chaque soir, massif par massif.
Où vérifier si un massif est ouvert aujourd'hui
Chaque préfecture concernée publie sa propre carte quotidienne — celle des Bouches-du-Rhône est consultable sur risque-prevention-incendie.fr et via les applications MyProvence Balade et MesCalanques ; le site de l'Entente Valabre centralise les liens des quatorze départements. Le réflexe vaut pour les habitants comme pour les touristes : la carte se regarde la veille au soir, pas au pied du massif.
À ne pas confondre avec la météo des forêts de Météo-France, diffusée à l'échelle du département pour le lendemain et le surlendemain, avec quatre niveaux de danger, du vert au rouge. C'est un outil d'information, pas de décision : elle « n'informe pas sur les incendies en cours ou à venir », un niveau faible « ne signifie pas l'absence de risque d'incendie », et préfets comme maires gardent la main pour restreindre l'accès aux zones exposées, quel que soit le niveau affiché.
Ce qui est interdit, et ce qu'il en coûte
Massif fermé, ce sont l'accès, la présence et la circulation qui sont proscrits — à pied comme en voiture. Et même massif ouvert, l'été impose ses règles dans les zones réglementées : feux de camp et barbecues interdits, cigarette comprise, tandis que les travaux utilisant des matériels « pouvant être à l'origine d'un départ de feu » suivent le niveau de risque du jour, rappelle la préfecture des Bouches-du-Rhône.
Passer outre relève de la contravention de 4e classe — 135 euros d'amende forfaitaire — assortie de poursuites possibles. Et celui dont l'imprudence déclenche un incendie encourt jusqu'à 3 750 euros d'amende au titre de l'article R322-5 du code forestier, indique l'Entente Valabre. Le feu, lui, ne distingue pas l'étourderie de la malveillance : début juillet, trois campings ont brûlé à Canet-en-Roussillon — avec, pour les vacanciers, la question de ce que l'on peut récupérer quand le séjour part en fumée.
Les réflexes d'été s'additionnent : regarder le ciel, se protéger de la chaleur — et, entre juin et septembre, consulter la carte du soir avant de lacer les chaussures. La forêt méditerranéenne se visite désormais comme un monument : aux heures d'ouverture.











