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Kenya :
16 lycéennes mortes dans l'incendie d'un dortoir à Gilgil, 79 blessées

Seize élèves ont péri et 79 ont été blessées dans l'incendie nocturne d'un dortoir au pensionnat de filles Utumishi de Gilgil, au Kenya. Les causes du feu sont inconnues. Le pays a recensé plus d'une douzaine d'incendies meurtriers dans ses internats depuis 2024.

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Des membres de la Croix-Rouge kényane sortent le 28 mai 2026 le corps d'une victime d'un incendie qui a tué 16 élèves dans un pensionnat de filles à Gilgil, au Kenya
Des membres de la Croix-Rouge kényane sortent le 28 mai 2026 le corps d'une victime d'un incendie qui a tué 16 élèves dans un pensionnat de filles à Gilgil, au Kenya© AFP / SIMON MAINA

Une nuit d'incendie à Utumishi, près de Nairobi

Le feu se déclare vers 00 h 45 jeudi 28 mai 2026 (mercredi 21 h 45 GMT) au deuxième niveau d'un dortoir de l'école de filles Utumishi, à Gilgil — une ville d'environ 30 000 habitants située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Nairobi. Selon le ministre kényan de l'Éducation Julius Ogamba, l'incendie est éteint à 3 h du matin. « Le mal était fait », résume-t-il devant la presse, dans la cour de l'établissement.

L'enquête de la brigade criminelle s'installe dès l'aube. Au premier étage, les vitres sont brisées et le pourtour des fenêtres noirci par la fumée. Des experts de scène de crime en blouse blanche progressent dans le bâtiment, tandis que des secouristes de la Croix-Rouge sortent les corps dans des sacs mortuaires blancs alignés à l'extérieur. La Croix-Rouge kényane indique à l'AFP que l'incendie lui a été signalé à 3 h 30, et que des équipes ont été déployées sur place.

Seize lycéennes mortes, 79 blessées, un dortoir complètement détruit

Le ministre de l'Éducation confirme un bilan provisoire de seize décès parmi les élèves et 79 blessées, dont huit toujours hospitalisées en fin d'après-midi. La tranche d'âge des victimes n'est pas révélée. Selon des parents d'élèves, le dortoir incendié hébergeait des adolescentes ; il a été « complètement détruit » par les flammes.

Des proches attendent le 28 mai 2026 dans la cour des nouvelles de pensionnaires de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, dont un dortoir a été ravagé dans la nuit par un incendie qui a tué 16 élèves et en a blessé 79
Des proches attendent le 28 mai 2026 dans la cour des nouvelles de pensionnaires de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, dont un dortoir a été ravagé dans la nuit par un incendie qui a tué 16 élèves et en a blessé 79 AFP / SIMON MAINA

Au moment du drame, l'école hébergeait 808 élèves au total, dont une partie dans le dortoir touché — le ministère n'a pas précisé combien. Une mère décrit à l'AFP comment sa fille a survécu : « Elle s'est cassée les deux jambes en sautant par la fenêtre. Dieu merci, elle est forte. » Plusieurs élèves ont échappé au feu par cette voie. Les noms des victimes n'ont pas encore été publiés ; des centaines de parents attendent dans la cour de l'établissement de connaître le sort de leur enfant.

Gilgil abrite une importante garnison de l'armée kényane. « La plupart des élèves de cette école sont des enfants d'agents de la police nationale », précise le ministre de l'Intérieur Kipchumba Murkomen, présent sur les lieux.

Le drame récurrent des pensionnats kényans

L'incendie d'Utumishi s'inscrit dans une série noire. Le Kenya a recensé plus d'une douzaine d'incendies meurtriers dans des internats scolaires depuis 2024, selon les autorités. Les causes alternent entre vétusté des installations électriques, défauts de sécurité incendie et — plus souvent — actes volontaires d'élèves. Le pic a été atteint en 2016, lorsque 117 incendies volontaires avaient frappé des établissements d'enseignement secondaire en à peine trois mois, dans une vague de contestation contre l'administration scolaire et les conditions de vie dans les dortoirs.

Une mère d'élève est soutenue le 28 mai 2026 par des proches, dans la cour de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, dont un dortoir a été ravagé par un incendie durant la nuit, tuant au moins 16 élèves
Une mère d'élève est soutenue le 28 mai 2026 par des proches, dans la cour de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, dont un dortoir a été ravagé par un incendie durant la nuit, tuant au moins 16 élèves AFP / SIMON MAINA

Le poids des internats au Kenya tient à un héritage historique. Les missionnaires britanniques, à l'époque coloniale, ont structuré le système secondaire autour de pensionnats ; le modèle a survécu à l'indépendance et reste dominant dans l'enseignement public et privé. La majorité des établissements secondaires kényans hébergent les élèves la semaine entière, voire le trimestre. La densité d'occupation des dortoirs et l'absence fréquente de plans d'évacuation conformes alimentent l'exposition au risque incendie.

L'enquête en cours, les normes de sécurité au cœur

« L'enquête est en cours mais les causes de l'incendie n'ont pas été encore identifiées », précise le ministre de l'Intérieur. Elle dira aussi si l'école respectait les normes de sécurité, ajoute-t-il, sans préjuger de la responsabilité. « Je demande à tous d'être patients » et « d'éviter de spéculer sur les causes de cette tragédie », exhorte-t-il.

Deux proches d'élèves se réconfortent le 28 mai 2026 dans la cour de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, où un dortoir a été ravagé durant la nuit par un incendie meurtrier
Deux proches d'élèves se réconfortent le 28 mai 2026 dans la cour de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, où un dortoir a été ravagé durant la nuit par un incendie meurtrier AFP / SIMON MAINA

Le ministre de l'Éducation rappelle qu'environ 350 établissements scolaires ont été fermés depuis 2024 pour non-respect des normes de sécurité — un chiffre qui dit l'ampleur du chantier dans un pays où le tissu d'établissements dépasse les 30 000 unités. « Nous continuerons les inspections pour faire en sorte que nos écoles répondent aux normes de sécurité en vigueur », assure-t-il.

Dans la cour, l'attente des familles

Leila Matura, 52 ans, cherche sa fille de 18 ans, qui dormait dans le dortoir incendié. « On a été à l'hôpital voir si elle y était, mais elle n'y était pas. On nous dit (...) qu'elle est parmi les disparues », confie-t-elle d'une voix faible, soutenue par deux amies. « On ne sait pas si elle est morte ou vivante, je perds espoir. »

Des proches attendent le 28 mai 2026 devant l'école pour filles Utumishi, dont un dortoir a été ravagé durant la nuit par un incendie meurtrier
Des proches attendent le 28 mai 2026 devant l'école pour filles Utumishi, dont un dortoir a été ravagé durant la nuit par un incendie meurtrier AFP / SIMON MAINA

D'autres parents sortent en larmes des tentes de la Croix-Rouge, qui reste sur place pour soutenir les familles. Certains, eux, sortent rassurés : leurs filles dormaient dans un autre dortoir, ou survivront à leurs blessures. Le ministre de l'Intérieur prévient que la liste des victimes ne sera publiée qu'après identification formelle et information préalable des familles — un protocole habituel dans ce type de drame.

Au Kenya, la nuit du 28 mai laisse derrière elle un dortoir éventré, une enquête ouverte et une question qui revient à chaque tragédie scolaire : combien d'incendies évitables faudra-t-il encore pour aligner les normes de sécurité sur la réalité du parc d'internats ?

Galerie photos (5)

Des traces de fumée sont visibles le 28 mai 2026 sur le mur d'un dortoir, au lendemain d'un icendie qui a tué 16 élèves d'un pensionnat de filles à Gilgil au Kenya
Des traces de fumée sont visibles le 28 mai 2026 sur le mur d'un dortoir, au lendemain d'un icendie qui a tué 16 élèves d'un pensionnat de filles à Gilgil au KenyaAFP / Raphael AMBASU
Des proches attendent le 28 mai 2026 dans la cour des nouvelles de pensionnaires de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, dont un dortoir a été ravagé dans la nuit par un incendie qui a tué 16 élèves et en a blessé 79
Des proches attendent le 28 mai 2026 dans la cour des nouvelles de pensionnaires de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, dont un dortoir a été ravagé dans la nuit par un incendie qui a tué 16 élèves et en a blessé 79AFP / SIMON MAINA
Une mère d'élève est soutenue le 28 mai 2026 par des proches, dans la cour de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, dont un dortoir a été ravagé par un incendie durant la nuit, tuant au moins 16 élèves
Une mère d'élève est soutenue le 28 mai 2026 par des proches, dans la cour de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, dont un dortoir a été ravagé par un incendie durant la nuit, tuant au moins 16 élèvesAFP / SIMON MAINA
Deux proches d'élèves se réconfortent le 28 mai 2026 dans la cour de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, où un dortoir a été ravagé durant la nuit par un incendie meurtrier
Deux proches d'élèves se réconfortent le 28 mai 2026 dans la cour de l'école de filles de Gilgil, au Kenya, où un dortoir a été ravagé durant la nuit par un incendie meurtrierAFP / SIMON MAINA
Des proches attendent le 28 mai 2026 devant l'école pour filles Utumishi, dont un dortoir a été ravagé durant la nuit par un incendie meurtrier
Des proches attendent le 28 mai 2026 devant l'école pour filles Utumishi, dont un dortoir a été ravagé durant la nuit par un incendie meurtrierAFP / SIMON MAINA

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L'essentiel

  • Jeudi 28 mai 2026 vers 0 h 45 locales, un incendie ravage le deuxième étage d'un dortoir de l'école de filles Utumishi à Gilgil (Kenya, à 100 km de Nairobi). Le feu est éteint à 3 h.
  • Le bilan provisoire annoncé par le ministre de l'Éducation Julius Ogamba : 16 élèves mortes et 79 blessées, dont huit toujours hospitalisées. Le dortoir, qui hébergeait des adolescentes, est « complètement détruit ».
  • L'école hébergeait 808 élèves au total au moment de l'incendie. La majorité des inscrites sont, selon le ministre de l'Intérieur, filles d'agents de la police nationale. Les causes du feu restent inconnues.
  • Le drame s'inscrit dans une série : plus d'une douzaine d'incendies meurtriers d'internats kényans recensés depuis 2024 ; pic historique en 2016 (117 incendies volontaires en trois mois). Origine : vétusté, défauts de sécurité, ou actes volontaires d'élèves.
  • Environ 350 établissements scolaires ont été fermés depuis 2024 pour non-respect des normes de sécurité, selon le ministre de l'Éducation. L'enquête de la brigade criminelle déterminera si Utumishi y était conforme.

Questions fréquentes

Que s'est-il passé au pensionnat de filles Utumishi à Gilgil ?
Dans la nuit du 27 au 28 mai 2026, vers 0 h 45 locales, un incendie a ravagé le deuxième étage d'un dortoir de l'école de filles Utumishi à Gilgil, ville située à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Nairobi. Le feu a été éteint à 3 h du matin mais le dortoir a été détruit. Bilan provisoire annoncé par le ministre de l'Éducation : 16 élèves mortes et 79 blessées, dont huit toujours hospitalisées en fin d'après-midi.
Quelles sont les causes de l'incendie au Kenya ?
Les causes restent officiellement inconnues à ce stade. La brigade criminelle kényane mène l'enquête sur place et déterminera l'origine du feu et le respect des normes de sécurité. Le ministre de l'Intérieur Kipchumba Murkomen demande de ne pas spéculer.
Combien d'incendies meurtriers ont frappé les écoles kényanes ?
Plus d'une douzaine d'incendies meurtriers ont frappé des internats kényans depuis 2024, selon les autorités. Le pic historique a été atteint en 2016, lorsque 117 incendies volontaires ont été recensés dans des établissements d'enseignement secondaire en à peine trois mois. Les causes alternent entre vétusté des installations électriques, défauts de sécurité incendie et actes volontaires d'élèves.
Pourquoi les internats sont-ils si répandus au Kenya ?
L'héritage des missionnaires britanniques et de la colonisation a structuré le système secondaire kényan autour des pensionnats. Le modèle, dominant dans l'enseignement public et privé, a survécu à l'indépendance. La majorité des établissements secondaires hébergent les élèves la semaine entière, voire le trimestre. La densité d'occupation des dortoirs et l'absence fréquente de plans d'évacuation conformes alimentent l'exposition au risque incendie.
Combien d'écoles ont été fermées au Kenya pour non-conformité ?
Environ 350 établissements scolaires kényans ont été fermés depuis 2024 pour non-respect des normes de sécurité, selon le ministre de l'Éducation Julius Ogamba. Le tissu scolaire kényan compte plus de 30 000 établissements ; les inspections se poursuivent.

Antoine Lefebvre

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