Aller au contenu principal

Canicule en France :
jusqu'a 41 °C attendus, l'alerte rouge se rapproche

La canicule gagne 60 departements et plus de 41 millions de personnes. Meteo-France attend jusqu'a 41 °C et n'ecarte pas une bascule en alerte rouge, qui menace une Fete de la musique deja bousculee.

Mis à jour le samedi 20 juin 2026 — 12h32
4 min
Un homme boit de l'eau en plein soleil pendant la canicule
Un homme se désaltère sous un soleil de plomb pendant un épisode de canicule (photo d'illustration).© AFP / Sébastien Bozon

La canicule ne fait pas que s'installer : elle s'étend et s'intensifie. Météo-France a porté la vigilance orange « canicule » à soixante départements, soit plus de 41 millions de personnes concernées, et n'exclut pas de déclencher dimanche la vigilance rouge, son niveau maximal, dans plusieurs d'entre eux. Ce deuxième épisode de l'année — après un premier coup de chaud dès le mois de mai — s'annonce « étendu, durable et intense », au point d'être comparé à celui d'août 2003.

Un pic « remarquable » en début de semaine

Le « pic caniculaire remarquable » est attendu à l'échelle du pays entre dimanche et mardi, avec des « pointes à 40 °C », voire 41 °C dimanche « par endroit », en particulier sur l'Ouest et le Centre, entre Garonne et Loire. L'épisode s'accompagne d'un risque accru d'incendies et, par endroits, d'orages violents. Jeudi à la mi-journée, le thermomètre affichait déjà 35,3 °C à Paris, 36,4 °C à Lyon et 36,6 °C à Ferté-Hauterive, dans l'Allier. Le solstice de dimanche, jour le plus long de l'année, ajoutera ses heures d'ensoleillement.

Les nuits n'offrent plus de répit. Celle de mercredi à jeudi « a été chaude sur une grande partie du pays » : à Mont-Saint-Vincent, en Saône-et-Loire, le mercure n'est pas descendu sous 23,8 °C, une valeur inédite en juin pour cette station. On parle de « nuit tropicale » dès que la température reste au-dessus de 20 °C. « Loin de s'y habituer, plus ces nuits sont fréquentes, plus notre corps fatigue et plus le risque sanitaire augmente », avertit le gouvernement.

Transports, bac et Fête de la musique perturbés

La vie quotidienne se réorganise dans l'urgence. La SNCF a supprimé 71 trains Intercités de jeudi à lundi, pour « prévenir les pannes potentielles de climatisation », sur les axes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et la transversale Bordeaux-Marseille. Dans les salles surchauffées, les épreuves écrites du bac s'achèvent jeudi, et une dizaine de collèges parisiens ont aménagé leurs horaires pour la fin de semaine.

La chaleur menace aussi la Fête de la musique, prévue dimanche : Brive-la-Gaillarde, Claye-Souilly, Le Teich, Ecommoy ou Saint-Savinien-sur-Charente ont annulé tout ou partie de leurs animations, « dans un souci de sécurité ». À Paris, la mairie a ouvert à la baignade une portion du canal Saint-Martin, érigé en « outil de rafraîchissement », où des foules en maillot ont plongé ; à Lyon, la police a dû rappeler qu'on n'ouvre pas les bouches d'incendie pour se doucher : « Ceci n'est pas une douche. » À Paris et dans la petite couronne, la préfecture de police a recommandé d'annuler onze événements sportifs de plein air, tandis que des mesures anti-pollution — circulation différenciée, vitesse abaissée — sont entrées en vigueur. Santé publique France répète les bons réflexes — boire avant d'avoir soif, se mettre au frais.

L'État mobilisé, les quartiers populaires en première ligne

Emmanuel Macron a appelé à une « grande vigilance » et à « prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables ». Échaudé par les reproches d'« impréparation » de mai, le gouvernement affiche sa mobilisation : le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni une cellule interministérielle de crise, et la France « se place comme l'un des pays pionniers en matière d'adaptation », a assuré la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, en présentant un bilan du Plan national d'adaptation à un réchauffement pouvant atteindre +4 °C d'ici la fin du siècle. Sur le terrain, les villes multiplient les parades : Paris ouvre désormais ses parcs et jardins la nuit — 459 hectares accessibles à toute heure —, quand Biarritz ou Limoges invitent les plus de 60 ans et les personnes fragiles à s'inscrire sur le registre communal des personnes vulnérables. Pour le climatologue de Météo-France Matthieu Sorel, ces vagues « de plus en plus fréquentes » et « de plus en plus intenses » sont « un signe manifeste du changement climatique ». Ce dérèglement bouscule jusqu'à la haute montagne, où les refuges rationnent désormais l'eau.

Mais tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Dans un rapport publié jeudi, la Fondation pour le logement des défavorisés rappelle que les quartiers populaires sont surexposés aux « logements bouilloires » et à la précarité énergétique d'été. « On étouffe. Ils disent qu'ils font des travaux mais ça n'avance pas », souffle Léria, 32 ans, dans les tours Nuage de Nanterre. « Avant, c'était l'hiver qui était pourri, on crevait de froid. Maintenant, j'ai peur quand l'été approche. »

L'essentiel

  • La canicule s'etend a 60 departements en vigilance orange et concerne plus de 41 millions de personnes ; Meteo-France n'exclut pas une bascule en alerte rouge, son niveau maximal, dimanche.
  • Le mercure pourrait atteindre 41 °C dimanche, dans un episode « etendu, durable et intense » compare a celui d'aout 2003, assorti d'un risque accru d'incendies et d'orages violents ; la Fete de la musique est menacee.
  • L'Etat monte d'un cran : cellule interministerielle de crise, parcs parisiens ouverts la nuit (459 hectares), registres communaux des personnes vulnerables a Biarritz ou Limoges.

Thomas Renaud

Partagez cet article

Plus d'actualités France

Voir tout

La synthèse de la semaine

Chaque vendredi : l'essentiel des 7 derniers jours et les signaux à suivre pour les 7 prochains.

Gratuit · 1 email/semaine · Désabonnement en un clic