Bermudas, bouteilles d'eau et ventilateur de fortune par salle : c'est dans des établissements surchauffés que des centaines de milliers de lycéens passent leurs épreuves du baccalauréat, alors qu'une vague de chaleur s'installe sur la France pour plusieurs jours. Le thermomètre doit grimper jusqu'à 40 °C par endroits dimanche, et le ministère de l'Éducation a dû improviser des aménagements — quitte à décaler certaines épreuves.
Des épreuves décalées dans l'urgence
Mercredi et jeudi, jours d'épreuves de spécialités en terminale, coïncident avec la montée des températures. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé que les oraux pourraient être reportés localement « de quelques heures ou de quelques jours », et souhaité qu'« aucun examen » ne se tienne l'après-midi. Sur le terrain, l'adaptation se fait au cas par cas, et les moyens suivent mal. « On est dans l'impréparation la plus totale », dénonce François Tessier, professeur d'histoire-géographie à Vierzon (Cher) et responsable du syndicat Snalc pour l'académie d'Orléans-Tours : « On n'a rien, excepté quelques bouteilles d'eau et éventuellement un malheureux ventilateur par salle. »
« Une pression supplémentaire »
Pour les candidats, la chaleur s'ajoute au stress de l'examen. « Pendant les épreuves, c'est une pression supplémentaire de devoir gérer son énervement, son niveau de fatigue », confie Elina Hermann, 18 ans, avant son épreuve de SVT au lycée Saint-Exupéry, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. Devant l'établissement, bermudas et t-shirts amples ont remplacé la tenue d'examen habituelle, alors que le thermomètre approchait déjà 20 °C à 7 h 30. Pour traverser la semaine, mieux vaut connaître les bons réflexes face à la chaleur.
Une canicule de plus en plus précoce
L'épisode s'inscrit dans une tendance lourde : c'est la 52e vague de chaleur recensée en France depuis 1947, et la première de l'année. Météo-France place une cinquantaine de départements en vigilance jaune mercredi, 69 jeudi, avec un passage probable en vigilance orange du bassin parisien au centre du pays. « Des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses : signe manifeste du changement climatique », résume le climatologue Matthieu Sorel. Critiqué pour son impréparation lors du précédent coup de chaud, le gouvernement veut afficher sa mobilisation : la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, présente un premier bilan du plan national d'adaptation, censé préparer le pays à un réchauffement pouvant atteindre +4 °C d'ici 2100.











