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Le bac sous la canicule :
épreuves décalées et salles surchauffées

Jusqu'à 40 °C attendus : la première vague de chaleur de l'année frappe la France en plein baccalauréat. Épreuves décalées, « impréparation » dénoncée par les enseignants et candidats sous pression — comment l'examen s'adapte à la canicule.

Mis à jour le lundi 3 août 2026 — 21h36
3 min
Des lycéens à Lyon pendant les épreuves du baccalauréat sous la canicule
À Lyon, les lycéens doivent composer avec la chaleur lors des épreuves du baccalauréat.© AFP

Bermudas, bouteilles d'eau et ventilateur de fortune par salle : c'est dans des établissements surchauffés que des centaines de milliers de lycéens passent leurs épreuves du baccalauréat, alors qu'une vague de chaleur s'installe sur la France pour plusieurs jours. Le thermomètre doit grimper jusqu'à 40 °C par endroits dimanche, et le ministère de l'Éducation a dû improviser des aménagements — quitte à décaler certaines épreuves.

Vague de chaleur sur la France, en pleine session du baccalauréat.© AFP

Des épreuves décalées dans l'urgence

Mercredi et jeudi, jours d'épreuves de spécialités en terminale, coïncident avec la montée des températures. Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé que les oraux pourraient être reportés localement « de quelques heures ou de quelques jours », et souhaité qu'« aucun examen » ne se tienne l'après-midi. Sur le terrain, l'adaptation se fait au cas par cas, et les moyens suivent mal. « On est dans l'impréparation la plus totale », dénonce François Tessier, professeur d'histoire-géographie à Vierzon (Cher) et président du syndicat Snalc pour l'académie d'Orléans-Tours, selon qui « on n'a rien », excepté « quelques bouteilles d'eau » et « éventuellement un malheureux ventilateur par salle ».

Le ministre de l'Éducation Édouard Geffray s'adresse à la presse
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, s'adresse aux journalistes au lycée Louis-Armand à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne).© AFP

« Une pression supplémentaire »

Pour les candidats, la chaleur s'ajoute au stress de l'examen. « Pendant les épreuves, c'est une pression supplémentaire de devoir gérer son énervement, son niveau de fatigue », confie Elina Hermann, 18 ans, avant son épreuve de SVT au lycée Saint-Exupéry, dans le quartier de la Croix-Rousse à Lyon. Devant l'établissement, bermudas et t-shirts amples ont remplacé la tenue d'examen habituelle, alors que le thermomètre approchait déjà 20 °C à 7 h 30. Pour traverser la semaine, mieux vaut connaître les bons réflexes face à la chaleur.

Une canicule de plus en plus précoce

L'épisode s'inscrit dans une tendance lourde : c'est la 52e vague de chaleur recensée en France depuis 1947, et la première de l'année. Météo-France a placé 26 départements en vigilance orange à partir de jeudi, de la région parisienne au Puy-de-Dôme et à la Haute-Savoie. « Des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique », souligne le climatologue Matthieu Sorel.

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, à l'Assemblée nationale.© AFP

Critiqué par l'opposition pour son impréparation lors du précédent coup de chaud, le gouvernement veut afficher sa mobilisation : la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, présente un premier bilan du plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), censé préparer le pays à un réchauffement pouvant atteindre +4 °C d'ici 2100.

L'essentiel

  • Une vague de chaleur (jusqu'à 40 °C dimanche, 69 départements en vigilance jeudi) frappe la France en plein bac — la 52e recensée depuis 1947, sur fond de changement climatique.
  • Le ministre Édouard Geffray autorise le report local de certaines épreuves et veut éviter les examens l'après-midi ; sur le terrain, syndicats et élèves dénoncent l'impréparation.
  • Au-delà du bac, l'épisode relance le débat sur l'adaptation : le gouvernement, critiqué pour son impréparation passée, présente un bilan de son plan national face à un réchauffement pouvant atteindre +4 °C d'ici 2100.

Par Thomas Renaud · Journaliste France

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