Le seul champion de France à n'avoir jamais gagné la Coupe a fini par la soulever. Le 22 mai 2026, au Stade de France, le Racing Club de Lens a battu l'OGC Nice 3-1 et remporté la première Coupe de France de son histoire, après trois finales perdues en 1948, 1975 et 1998. « Ils l'ont fait ! Lens soulève la Coupe de France et écrit son histoire », a salué Emmanuel Macron sur X.
Florian Thauvin (25e), Odsonne Edouard (42e) et Abdallah Sima (78e) ont marqué pour les Sang et Or ; Djibril Coulibaly, milieu niçois de 17 ans, a réduit le score (45e+3). Le trophée couronne une saison que l'AFP décrit comme « écrite comme un conte de fée » : deuxième de Ligue 1 derrière le Paris Saint-Germain et qualifié pour la Ligue des champions, avec un effectif largement renouvelé, un budget amoindri et un entraîneur, Pierre Sage, arrivé un an plus tôt.
La finale au Stade de France : un match crispé mais maîtrisé
Le Stade de France était aux trois quarts lensois ce soir-là. Lens entrait dans la finale avec l'étiquette pesante de favori — portée « comme un lourd tribut » selon l'AFP. Le match n'a pas été « le plus beau chapitre » de la saison artésienne : manque de maîtrise, fébrilité par moments, contrôles manqués, duels perdus, en particulier dans les lignes arrières où figuraient deux jeunes formés à La Gaillette, Ismaëlo Ganiou et Kyllian Antonio, et un gardien à peine plus expérimenté, Robin Risser.
Côté niçois, Claude Puel avait demandé à ses joueurs de jouer leur carte à fond, malgré une saison de championnat catastrophique qui les condamnait à disputer un barrage de maintien contre Saint-Étienne la semaine suivante. Le Gym a obéi. Risser a dû s'employer devant Sofiane Diop (21e) puis Dante (22e). Antoine Mendy a failli égaliser en trouvant la barre transversale lensoise (61e), et Kevin Carlos a frappé le poteau dans les dernières minutes (84e).
Loin de leur antre habituel, le stade Bollaert-Delelis (environ 38 200 places), comble pour assister à la finale sur des écrans géants, les Lensois ont fini par s'imposer. Les supporters ont entonné « Les Corons » de Pierre Bachelet au retour des vestiaires, comme à chaque rencontre à domicile.
Thauvin, Edouard, Sima : les trois buteurs lensois
Lens s'en est remis à ses cadres, Florian Thauvin en tête. Absent de la liste de Didier Deschamps pour le Mondial-2026, le numéro 10 lensois voulait, selon les mots de l'AFP, une Coupe de France à défaut de la Coupe du monde. Il l'a montré en s'arrachant pour récupérer un centre de Matthieu Udol — auteur de dix passes décisives cette saison — avant d'ouvrir le score d'une frappe croisée (25e).
Au tour ensuite d'Odsonne Edouard de doubler la mise d'une reprise de la tête (42e) après un corner de Thauvin, encore. Lens n'a pas dominé son sujet pour autant et s'est relâché dans les dernières minutes du premier acte. Nice en a profité pour réduire l'écart par Djibril Coulibaly (45e+3), après un corner.
La deuxième période a ressemblé en de nombreux points à la première. Pierre Sage a alors renouvelé toute sa ligne offensive à partir de l'heure de jeu. Pari gagné : c'est l'international sénégalais Abdallah Sima, entré en pointe à la place d'Edouard, qui a inscrit le but de la délivrance en dominant au duel Antoine Mendy (78e).
Djibril Coulibaly, 17 ans : plus jeune en finale du 21e siècle
Surprise du onze de départ aligné par Claude Puel, Djibril Coulibaly est devenu le plus jeune joueur à disputer une finale de Coupe de France au 21e siècle, selon le statisticien Opta. À 17 ans, il a marqué le seul but niçois de la rencontre, sur corner, dans le temps additionnel de la première période — de quoi faire brièvement douter les Lensois. Nice n'a pas su capitaliser sur cette ouverture.
Le RC Lens : la fin d'une attente historique (1948, 1975, 1998, 2026)
Le Racing Club de Lens, club du bassin minier du Pas-de-Calais fondé en 1906, avait toujours buté sur la dernière marche : trois finales perdues, en 1948 contre le LOSC Lille (3-2), en 1975 contre l'AS Saint-Étienne (2-0) et en 1998 contre le Paris Saint-Germain (2-1). Cette année-là, Lens avait pourtant été couronné champion de France quelques jours plus tôt — sa seule étoile à ce jour.
La victoire du 22 mai 2026 met donc fin à 78 ans d'attente, depuis la première finale perdue. Le trophée récompense une saison hors normes : deuxième place de Ligue 1 derrière le Paris Saint-Germain malgré un effectif renouvelé en un an et demi et un budget largement inférieur à d'autres cadors du championnat, et qualification pour la Ligue des champions 2026-2027. Tous les objectifs artésiens de la saison ont été dépassés.
Nice sauvé en barrage, Risser au Mondial
L'objectif niçois, lui, était ailleurs : le maintien. Une semaine après la finale, le Gym l'a arraché en barrage face à Saint-Étienne — match nul 0-0 à l'aller, puis victoire 4-1 à l'Allianz Riviera le 29 mai, avec un doublé d'Elye Wahi. Nice reste en Ligue 1 ; Saint-Étienne passera une saison de plus en Ligue 2.
Robin Risser, lui, a rejoint les Bleus de Didier Deschamps pour le Mondial-2026, que la France dispute cet été aux États-Unis, au Canada et au Mexique. À Lens, Pierre Sage abordera la saison 2026-2027 avec une Ligue des champions à préparer, un noyau stabilisé — et, dans la vitrine de Bollaert, le trophée que le club attendait depuis sa première finale perdue, en 1948.











