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Gripen pour Kiev :
ce que change le contrat signé avec la Suède

Un contrat ferme de 2,2 milliards d'euros, un avion conçu pour décoller depuis des routes, un pont en deux étages entre appareils d'occasion et neufs : pourquoi la commande de Gripen scelle un choix structurant pour l'aviation ukrainienne.

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Volodymyr Zelensky lors d'une visite aux troupes ukrainiennes sur la ligne de front en février 2026
Volodymyr Zelensky en visite sur la ligne de front, en février 2026. Le président ukrainien a assisté le 30 juin à la signature du contrat Gripen.© AFP

La commande est cette fois signée, chiffrée, datée. Le 30 juin, en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky et du Premier ministre suédois Ulf Kristersson, l'industriel Saab et l'agence suédoise du matériel de défense ont conclu un contrat portant sur 16 avions de combat Gripen E destinés à l'Ukraine, pour 24,6 milliards de couronnes — environ 2,2 milliards d'euros —, pièces de rechange et soutien technique compris. Livraisons prévues à l'horizon 2029-2030.

L'accord transforme en commande ferme la lettre d'intention spectaculaire signée à l'automne, qui évoquait 100 à 150 appareils à terme. En mai, Stockholm avait autorisé une première tranche pouvant aller jusqu'à 20 avions ; les 16 actés en constituent la concrétisation, selon la presse spécialisée de défense.

Un pont aérien en deux étages

Le calendrier long des Gripen E neufs — trois à quatre ans d'attente — a conduit les deux pays à un montage en deux temps : dès 2027, l'Ukraine doit recevoir 16 Gripen C/D d'occasion, prélevés sur la dotation de l'armée de l'air suédoise, le temps que les appareils neufs sortent des chaînes. De quoi former pilotes et mécaniciens sur la famille d'avions avant l'arrivée de la version la plus moderne.

Le choix du Gripen n'est pas qu'industriel. Conçu pendant la guerre froide pour un pays qui se préparait à voir ses bases détruites, l'avion suédois est fait pour opérer depuis des tronçons de route et des pistes sommaires, avec une maintenance légère assurée par de petites équipes — une philosophie qui épouse la guerre que mène l'Ukraine, où les frappes russes visent méthodiquement les aérodromes.

La future armée de l'air ukrainienne se dessine

Cette commande s'ajoute aux F-16 déjà fournis par plusieurs pays européens et à l'accord d'intention conclu avec la France à l'automne autour d'une centaine de Rafale à long terme. Kiev assemble, en pleine guerre, l'ossature d'une aviation de combat occidentale complète — chasse, défense aérienne, frappes — pensée pour durer au-delà du conflit. Le financement s'appuie notamment, selon la presse spécialisée, sur le grand prêt européen dont une première tranche a été récemment versée à Kiev, l'industrie de défense européenne s'arrimant de plus en plus au champ de bataille ukrainien.

Saab, de son côté, inscrira la commande à son carnet du troisième trimestre. Dans les usines suédoises comme sur les pistes improvisées d'Ukraine, le calendrier est désormais le même : 2027 pour les premiers appareils de transition, 2029 pour les neufs — si la guerre leur en laisse le temps.

L'essentiel

  • Saab et l'agence suédoise de défense ont signé un contrat de 16 Gripen E pour l'Ukraine, environ 2,2 milliards d'euros, livrables en 2029-2030.
  • Dès 2027, seize Gripen C/D d'occasion prélevés sur la flotte suédoise doivent faire la transition et former pilotes et mécaniciens.
  • Conçu pour opérer depuis des routes avec une maintenance légère, le Gripen répond aux frappes russes contre les aérodromes ukrainiens.

Antoine Lefebvre

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