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Kiev visée par la plus grosse attaque russe depuis le début de l'invasion

Drones et missiles par centaines, immeubles effondrés, au moins 13 morts : la capitale ukrainienne vient de subir la plus grosse attaque russe depuis le début de l'invasion. Kiev réclame d'urgence des défenses antiaériennes à ses alliés.

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Immeuble résidentiel détruit par une frappe russe à Kiev, entouré de secouristes
Un immeuble résidentiel détruit à Kiev, après la plus grosse attaque russe sur la capitale depuis le début de l'invasion.© Genya Savilov / AFP

Des drones et des missiles par centaines, des immeubles éventrés, au moins 13 morts et près de 90 blessés : dans la nuit du 1er au 2 juillet, Kiev a subi la plus grosse attaque russe depuis le début de l'invasion, selon sa mairie. Au matin, les secouristes cherchaient encore des survivants sous les gravats d'immeubles résidentiels.

« À l'heure actuelle, il y a 13 morts », a indiqué le maire, Vitali Klitschko, qui a déclaré le vendredi 3 juillet jour de deuil. Des pans entiers de bâtiments d'habitation se sont effondrés ; un bâtiment abritant des ambulances a également été touché. L'armée de l'air ukrainienne a dénombré 74 missiles et 496 drones, dont 48 et 476 ont été interceptés. « La cible principale était la ville de Kiev », précise-t-elle.

Les explosions se sont succédé pendant plusieurs heures, ont constaté des journalistes de l'AFP. Après une première détonation dans le centre, un nuage de fumée s'est élevé, suivi de flammes ; moins d'une heure plus tard, une seconde déflagration a projeté des débris près du même site. Dans les rues, les habitants ont afflué vers les abris, des matelas sous le bras. « Après les dernières attaques, j'ai décidé d'y aller parce qu'il y a eu tout simplement trop de frappes sur des sites civils », raconte Kateryna Koval, réfugiée dans le métro.

Pourquoi l'Ukraine réclame d'urgence des défenses antiaériennes

« Ne retardez pas les décisions concernant la défense aérienne pour l'Ukraine ! C'est notre principale demande à nos partenaires après une nuit d'horreur à Kiev », a exhorté le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga. Volodymyr Zelensky demande de son côté une licence des États-Unis pour produire des missiles Patriot sur le sol ukrainien. La veille, le président avait écourté un déplacement à Dublin en disant craindre une attaque « de grande envergure » : « Nous savons que Poutine prépare cette frappe massive contre l'Ukraine depuis un certain temps déjà. »

La capitale ukrainienne est régulièrement visée par des attaques aériennes meurtrières, mais aucune n'avait atteint ce volume, selon ses autorités. Le 2 juin, une attaque massive — 656 drones et 73 missiles sur l'ensemble du pays — avait fait 23 morts, dont 16 à Dnipro et 7 à Kiev.

Moscou assume, les frappes s'intensifient dans les deux sens

Le ministère russe de la Défense a revendiqué une « frappe massive » menée « en réponse aux attaques terroristes du régime de Kiev contre des infrastructures civiles », affirmant avoir visé des « entreprises de l'industrie militaire et des sites énergétiques ». L'Ukraine a effectivement intensifié ses opérations en territoire russe ces derniers mois : le 18 juin, des drones ont touché une raffinerie majeure de Moscou, et ses frappes répétées ont fini par installer une pénurie de carburant en Crimée annexée. Cette même nuit, deux civils ont été tués par des drones ukrainiens dans les régions russes de Belgorod et de Nijni Novgorod, selon les autorités locales.

Sur le plan diplomatique, les négociations engagées sous médiation américaine pour mettre fin à la guerre sont à l'arrêt. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a annoncé jeudi qu'elle proposerait de nouvelles sanctions contre les « entités soutenant le complexe militaro-industriel russe ». Volodymyr Zelensky a, lui, approuvé la semaine dernière une « opération d'influence » de quarante jours censée contraindre Moscou à négocier la fin du conflit.

En fin de matinée jeudi, les recherches se poursuivaient dans les décombres, où des secouristes épuisés se relayaient. Vendredi, la capitale observera un jour de deuil.

L'essentiel

  • Dans la nuit du 1er au 2 juillet, 74 missiles et 496 drones russes ont visé principalement Kiev : au moins 13 morts, près de 90 blessés et des immeubles résidentiels effondrés.
  • La mairie évoque la plus grosse attaque sur la capitale depuis le début de l'invasion ; le vendredi 3 juillet a été déclaré jour de deuil.
  • Kiev réclame des systèmes de défense antiaérienne et une licence américaine pour produire des missiles Patriot, pendant que les négociations de paix restent à l'arrêt.

Antoine Lefebvre

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