Réunis à Évian avec Volodymyr Zelensky, les dirigeants du G7 ont affiché, le 16 juin 2026, une volonté commune d’accentuer la pression sur Moscou pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Donald Trump, longtemps conciliant avec Vladimir Poutine, a promis à son tour de « tout faire » pour aider à y parvenir.
Longtemps absorbé par le conflit iranien — Washington venait de conclure un protocole d’accord avec Téhéran —, le président américain a assuré, au deuxième jour du sommet d’Évian, que cette page se refermait. La Russie, a-t-il jugé, doit désormais conclure un accord : il a dit ne plus supporter le rythme des pertes, qu’il évalue à 25 000 morts par mois, pour l’essentiel de jeunes soldats.
Le revirement reste à confirmer. Trump, dont les relations avec Zelensky demeurent houleuses, s’est entretenu une vingtaine de minutes avec le président ukrainien — leur première rencontre depuis le 28 décembre aux États-Unis. Selon un participant, il l’a même félicité pour la « performance » de l’armée ukrainienne sur le terrain. Et il a dit vouloir rétablir certaines sanctions sur le pétrole russe, un temps suspendues : « Nous serons bientôt en mesure » de les réintroduire, a-t-il assuré.

Sanctions sur les hydrocarbures
Les avancées concrètes sont venues des alliés. Les Sept se sont accordés pour « augmenter la pression » via des sanctions sur les hydrocarbures, principale source de financement de l’effort de guerre russe en Ukraine, selon une source diplomatique française, et pour consolider la défense antiaérienne ukrainienne. Le Premier ministre britannique Keir Starmer — qui a depuis annoncé sa démission — a promis la fourniture d’uranium enrichi aux centrales ukrainiennes et de nouvelles sanctions contre Moscou. Le Canada a, lui, ciblé la flotte fantôme russe, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.
« C’est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu’il mette un terme à cette guerre », a réagi Volodymyr Zelensky, qu’Emmanuel Macron a invité à rester jusqu’à la clôture du sommet. Après des frappes russes meurtrières en Ukraine la veille, le dirigeant ukrainien réclamait « davantage de pression sur l’agresseur ». Il a proposé de rencontrer Poutine aux États-Unis, « dans un format qu’il aurait beaucoup plus de mal à refuser ».
« Une fenêtre pour la diplomatie »
Côté européen, le chancelier allemand Friedrich Merz a voulu croire à une fenêtre qui s’entrouvre enfin pour la diplomatie ; pour amadouer Trump, il lui a offert un maillot de football allemand floqué « Trump 47 », deux jours après l’anniversaire du président américain. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé que la fatigue de Moscou s’affichait désormais au grand jour.

Le lendemain, les Sept ont scellé leur position dans une déclaration conjointe promettant un « soutien indéfectible » à l’Ukraine — signée par Donald Trump. Vladimir Poutine, lui, n’a rien laissé paraître d’un infléchissement.











