SMIC : +2,41 %, ce que ça change sur la fiche de paie
C'est la mesure la plus attendue. Au 1er juin 2026, le SMIC augmente de 2,41 %. Le salaire minimum mensuel brut passe de 1 823,03 € à 1 867,02 € pour 35 heures hebdomadaires, soit, net, environ 1 477,93 € — 34,82 € de plus par mois. Le taux horaire brut grimpe de 12,02 à 12,31 €. La hausse a été fixée par un arrêté du 22 mai, publié au Journal officiel le 24 mai.
Cette revalorisation n'est pas un coup de pouce politique. C'est un mécanisme automatique : la loi impose de relever le SMIC en cours d'année dès que l'indice des prix à la consommation des ménages les plus modestes progresse d'au moins 2 % depuis la dernière hausse. Le seuil a été franchi cette année, après une première revalorisation au 1er janvier. L'augmentation s'applique d'office à tous les salariés payés au minimum légal. Elle s'ajoute aux autres coups de pouce au pouvoir d'achat annoncés en mai 2026, dont la prime carburant doublée à 100 € et le plafonnement carburant TotalEnergies reconduit en juin.
Gaz : le prix repère en baisse de 4,8 %
Côté énergie, l'évolution joue en faveur des ménages. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) abaisse son prix repère de vente du gaz naturel de 4,8 % TTC au 1er juin. Il tombe à 152,86 €/MWh TTC, contre 160,54 € en mai. Le repère est recalculé chaque mois à partir du prix d'acquisition du gaz importé sur les marchés, des coûts d'acheminement et de la fiscalité ; la baisse de juin reflète une détente du gaz spot européen.
Une réserve, toutefois : ce repère ne s'impose pas à tous. Les ménages ayant souscrit une offre à prix fixe ne verront rien changer sur leur facture ; seuls les contrats indexés sur ce prix repère en profitent. Au-delà du tarif, plusieurs leviers permettent de réduire sa facture de gaz.
Tabac : nouvelle hausse au paquet
Les fumeurs vont encore payer plus cher. La Direction générale des douanes a validé une nouvelle grille tarifaire au 1er juin. Selon les références, la hausse va de quelques centimes à plus d'un euro par paquet ; certaines références de cigarettes, cigares et tabacs chauffés voient leur prix grimper, d'autres baissent ou disparaissent du marché.
Le mouvement s'inscrit dans la trajectoire pluriannuelle décidée par les pouvoirs publics. La France combine deux objectifs sur le tabac : un effet de santé publique (faire baisser la consommation, jugée responsable d'environ 75 000 décès par an), et un rendement fiscal (les recettes du tabac dépassent 15 milliards d'euros). La hausse cadencée des prix est l'outil principal pour les deux.
Prime carburant 100 € : les demandes sont ouvertes depuis le 27 mai
C'est la nouveauté majeure du mois. La prime carburant pour les grands rouleurs modestes a été doublée par le Premier ministre Sébastien Lecornu le 21 mai 2026, passant de 50 à 100 €. Le formulaire dédié est ouvert sur impots.gouv.fr depuis le mardi 27 mai et le restera jusqu'au 27 juillet 2026.
Les conditions sont précises. La prime cible les actifs qui utilisent leur véhicule thermique ou hybride non rechargeable pour faire au moins 15 kilomètres entre leur domicile et leur travail, ou 8 000 kilomètres par an à titre professionnel. Le revenu fiscal de référence par part ne doit pas dépasser 16 880 €, calculé sur les revenus 2024 figurant sur l'avis d'imposition 2025. La demande s'effectue dans l'espace personnel impots.gouv.fr ; une fois validée, le versement intervient sous une dizaine de jours, directement sur le compte bancaire connu de l'administration fiscale.
La mesure s'inscrit dans le plan de 1,2 milliard d'euros annoncé le 21 mai pour amortir la hausse des prix à la pompe. Elle complète d'autres dispositifs ciblés (aide BTP, indemnités kilométriques aides à domicile et agents publics, eux aussi à 20 centimes par litre), sans rouvrir, à ce stade, le débat sur une ristourne universelle.
Congé de naissance : prévenir l'employeur avant le 1er juin
Un nouveau congé de naissance fait son entrée. Il permettra à chaque parent de prendre un ou deux mois supplémentaires, à prendre simultanément ou en alternance avec l'autre parent. L'indemnisation est dégressive : 70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (un plafond qui plafonne, dans les faits, l'indemnisation des cadres).
Le dispositif entre en vigueur le 1er juillet 2026, mais le calendrier est subtil. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le congé pourra être pris jusqu'au 31 mars 2027 ; pour les enfants nés à partir du 1er juillet, dans les neuf mois suivant la naissance ou l'arrivée au foyer. Les parents devront informer leur employeur au moins un mois avant le début du congé, ou seulement quinze jours si le congé débute immédiatement après le congé de paternité ou d'adoption. Concrètement, les parents d'un enfant né tôt en 2026 et qui veulent un démarrage rapide doivent avoir signalé leur intention avant le 1er juin — sous peine de devoir attendre.
Le congé fait partie des mesures du plan en faveur de la natalité, dont la mise en œuvre concrète commence ce mois-ci. Détails et formulaires à jour sur solidarites.gouv.fr.
Impôts : dernier délai le 4 juin pour la dernière vague
La campagne de déclaration des revenus 2025 touche à sa fin. Les contribuables des départements numérotés de 55 à 976 — la troisième et dernière vague — ont jusqu'au jeudi 4 juin 2026 à 23 h 59 pour déclarer leurs revenus en ligne. Les échéances des deux premières zones (départements 1 à 19 le 22 mai, 20 à 54 le 28 mai) sont déjà passées.
Mieux vaut ne pas tarder : tout retard expose à une majoration de 10 % automatique, qui peut grimper à 40 % en cas de mise en demeure non suivie d'effet sous trente jours, voire 80 % en cas de découverte d'une activité occulte. La déclaration en ligne reste ouverte après la date limite — mais l'amende est due dès le 5 juin pour les retardataires.
Transparence des salaires : la directive européenne en ligne de mire
Dernier rendez-vous, plus discret mais structurant : la directive européenne sur la transparence des rémunérations doit être transposée par les États membres d'ici le 7 juin 2026. Elle obligera notamment les entreprises à afficher des fourchettes de salaire dans leurs offres d'emploi et leur interdira de demander aux candidats leur rémunération antérieure.
La France, elle, ne sera pas au rendez-vous dans les délais. Le projet de loi de transposition n'a pas encore été présenté en Conseil des ministres, et l'examen parlementaire ne pourra commencer qu'à l'automne. La sanction d'un retard de transposition est juridique (procédure d'infraction de la Commission européenne) et politique (pression des syndicats et des associations féministes). Le calendrier réel d'entrée en vigueur en France se jouera sans doute début 2027 — ce qui n'empêche pas certaines grandes entreprises d'anticiper dès cet été, notamment dans les offres d'emploi cadres.











