La Banque centrale européenne a relevé jeudi ses trois taux directeurs de 25 points de base, sa première hausse en près de trois ans. Le taux de la facilité de dépôt, qui rémunère les liquidités déposées par les banques et sert de boussole au marché, passe de 2 % à 2,25 % ; le taux de refinancement est porté à 2,40 % et la facilité de prêt marginal à 2,65 %. Les nouveaux taux s'appliqueront à compter du 17 juin.
L'institution de Francfort referme ainsi le cycle de baisses entamé après le pic d'inflation de 2022-2023. En cause, la remontée des prix : l'inflation en zone euro a atteint 3,2 % en mai, son plus haut niveau depuis septembre 2023, tirée par l'énergie. La flambée des cours est une conséquence directe de la guerre entre l'Iran et les États-Unis et des tensions sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit près d'un cinquième du pétrole mondial.
La présidente Christine Lagarde a justifié, lors de sa conférence de presse, un resserrement que le consensus des économistes jugeait acquis. Elle a prévenu qu'une nouvelle hausse restait probable en septembre, sans s'y engager, le Conseil des gouverneurs continuant de décider au cas par cas.
Ce que la hausse change pour l'épargne et le crédit
Pour les ménages, la remontée du loyer de l'argent agit dans deux sens. Côté emprunt, des taux directeurs plus élevés se répercutent peu à peu sur le coût du crédit, immobilier comme à la consommation, après des mois de détente. Côté épargne, la rémunération des livrets et des placements obligataires profite mécaniquement de ce loyer de l'argent plus élevé.
Le geste de la BCE ne résout pas pour autant l'équation du pouvoir d'achat : tant que l'énergie tire les prix, l'inflation continue de grignoter les budgets, comme le montre l'évolution du panier des ménages. Pour la France, la facture énergétique liée au conflit se diffuse au carburant, au gaz et à plusieurs filières, un impact détaillé dans notre point sur les conséquences de la guerre pour les Français.
Fidèle à son approche au cas par cas, la BCE tiendra son prochain conseil des gouverneurs en septembre.











