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Mohammed Odeh, nouveau chef militaire du Hamas, tué à Gaza par Israël

Mohammed Odeh, nouveau chef militaire du Hamas, a été tué le 26 mai dans une frappe israélienne à Gaza, onze jours après son prédécesseur Ezzedine al-Haddad. Israël revendique l'opération, le Hamas confirme. La trêve d'octobre 2025 reste fragile.

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Funérailles de Mohammed Odeh, chef militaire du Hamas tué par une frappe israélienne, à Gaza
Des personnes transportent les corps de Palestiniens dont celui du dirigeant du Hamas Mohammed Odeh, tué la veille par l'armée israélienne, lors de ses funérailles à Gaza, le 27 mai 2026.© AFP / Omar AL-QATTAA

Une frappe à Gaza-ville, l'annonce différée d'un jour

La frappe a lieu mardi 26 mai dans le quartier de Rimal, à l'ouest de Gaza-ville. Israël attend le lendemain matin pour la rendre publique : l'armée et le Shin Bet, le service de sécurité intérieure, annoncent ensemble la mort de Mohammed Odeh, présenté comme le « commandant de la branche armée de l'organisation terroriste Hamas à Gaza ». Le ministre de la Défense Israël Katz et le Premier ministre Benjamin Netanyahu cosignent le communiqué.

Le Hamas confirme dans la soirée. Les Brigades Ezzedine al-Qassam évoquent une « lâche opération d'assassinat » contre leur « chef d'état-major », précisant que son épouse et ses enfants ont également été tués. Un dirigeant du mouvement déclare à l'AFP, sous couvert d'anonymat, que trois enfants Odeh figurent parmi les victimes : deux fils majeurs et une fille mineure, sans préciser leurs âges.

Le bilan plus large reste contesté. La Défense civile de Gaza, qui dépend du Hamas, fait état de trois morts et d'une vingtaine de blessés dans la frappe de Rimal. Aucune source indépendante n'a pour l'heure permis de consolider ces chiffres, ni de trancher entre les deux décomptes.

Mohammed Odeh, du renseignement au commandement

Pendant des années, Mohammed Odeh a dirigé les services de renseignement des Brigades Ezzedine al-Qassam. Le parcours est classique pour les cadres survivants : un profil discret, peu d'apparitions publiques, une ascension par le renseignement, puis l'accession à la tête de l'organisation militaire au fil des éliminations successives.

Israël en fait, dans son communiqué, « l'un des principaux architectes » de l'attaque du 7 octobre 2023, qui avait fait 1 221 morts du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas lui-même, dans son communiqué de deuil, confirme que ce haut gradé « a participé à la conception et à la planification » de cette opération.

Sa promotion à la tête de la branche armée — pour succéder à Ezzedine al-Haddad, tué le 15 mai dans une frappe israélienne — n'est confirmée officiellement qu'avec l'annonce de sa mort. Le Hamas ne l'avait pas rendue publique de son vivant, conformément à la doctrine de discrétion adoptée depuis le début de la séquence d'éliminations ciblées.

La succession éphémère à la tête des Brigades al-Qassam

En moins de deux ans, quatre chefs militaires se sont succédé à la tête des Brigades Ezzedine al-Qassam, tous tués par Israël.

Mohammed Deïf, qui dirigeait la branche armée depuis les années 2000, est tué en juillet 2024 dans une frappe israélienne. Lui succède Yahya Sinouar, chef politique du Hamas devenu également chef militaire, abattu en octobre 2024 par des tirs de soldats israéliens à Rafah. Ezzedine al-Haddad prend le relais : il est tué le 15 mai 2026 dans un raid. Mohammed Odeh tombe onze jours plus tard.

Sur X, le lieutenant-colonel Ella Waweya, porte-parole arabophone de l'armée israélienne, résume crûment la séquence : « Le poste de commandant de la branche armée du Hamas est devenu la fonction la plus éphémère à Gaza. La question n'est pas "qui sera le prochain ?", mais "combien de temps lui restera-t-il" ? »

Israël assume une stratégie d'élimination ciblée

Le ministre de la Défense Israël Katz le revendique sur X : « Nous nous sommes engagés à éliminer tous ceux qui ont dirigé le massacre du 7-Octobre, et c'est ce que nous ferons. » Il ajoute qu'Israël est « déterminé à mettre fin au règne du Hamas à Gaza ».

Quelques heures après l'annonce sur Odeh, mercredi soir 27 mai, l'armée israélienne déclare avoir « frappé deux terroristes importants du Hamas dans le nord de la bande de Gaza ». Selon la Défense civile gazaouie, la frappe vise un bâtiment d'habitation au centre de Gaza-ville et tue dix personnes, dont cinq enfants. Une source médicale confirme à l'AFP la mort des cinq mineurs.

La séquence illustre la doctrine israélienne en place depuis le 7 octobre 2023 : frapper les cadres militaires partout où ils sont localisés, y compris dans des zones densément peuplées, sans considération pour la trêve formellement en vigueur depuis octobre 2025. Le coût civil de cette stratégie alimente les critiques internationales, mais reste assumé par Tel-Aviv.

Le bilan à Gaza et la trêve fragile d'octobre 2025

Au total, plus de 72 800 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du Hamas. L'ONU juge ces chiffres fiables. Plus de 900 décès ont été enregistrés depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, en octobre 2025, conclu sous pression américaine après plus de deux ans de guerre.

Sur le terrain, le territoire est partagé : l'armée israélienne en contrôle plus de la moitié, le reste demeurant sous l'autorité du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007. Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de violer la trêve. Les frappes sur les cadres militaires, dont la mort d'Odeh est la dernière en date, s'inscrivent dans cette zone grise — formellement autorisées par l'accord, qui réserve à Israël un droit de « légitime défense » contre toute menace, mais contestées dans leur intensité et leur fréquence.

Onde de choc régionale : Hezbollah, Aïd al-Adha, cessez-le-feu israélo-libanais

Au Liban, le Hezbollah, allié du Hamas et engagé dans un bras de fer militaire avec Israël sur fond de cessez-le-feu vacillant, publie un communiqué de condoléances. Le mouvement chiite affirme que toutes les tentatives israéliennes « de saper la résistance en visant ses chefs et ses combattants sont vouées à l'échec ». Le message est symbolique : il signe la solidarité d'un axe régional malmené, à l'heure où la séquence Iran-États-Unis entre dans une phase d'incertitude.

Le moment choisi par Israël n'est pas neutre. La frappe tombe au début de l'Aïd al-Adha, l'une des plus importantes fêtes musulmanes, célébrée par les Palestiniens et les Libanais. Ahmad Abou Odeh, cousin du défunt, accuse Israël d'avoir « délibérément assassiné » Mohammed Odeh pour « détruire la joie de la fête pour les musulmans et les Palestiniens ». À Gaza-ville, des centaines d'hommes et d'adolescents brandissant des drapeaux verts du Hamas et le portrait d'Odeh ont participé à ses funérailles, selon des journalistes de l'AFP.

La suite dépendra moins du Hamas que de la capacité d'Israël à maintenir la cadence des frappes. Tant que le mouvement palestinien continuera de désigner des successeurs et de les protéger, la séquence se poursuivra. Sur ce terrain, le porte-parole de l'armée israélienne ne s'embarrasse plus de précautions diplomatiques — « combien de temps lui restera-t-il » est désormais la question officielle.

L'essentiel

  • Mardi 26 mai 2026, Mohammed Odeh, chef de la branche armée du Hamas (Brigades Ezzedine al-Qassam), est tué dans une frappe israélienne à Gaza-ville (quartier Rimal) ; l'armée et le Shin Bet l'annoncent mercredi matin, le Hamas confirme dans la soirée — son épouse et ses enfants sont également tués selon les Brigades.
  • Vétéran des services de renseignement des Brigades Ezzedine al-Qassam, Odeh est présenté par Israël comme « l'un des principaux architectes » de l'attaque du 7 octobre 2023 (1 221 morts du côté israélien, en majorité civils) ; le Hamas confirme sa participation à la conception et à la planification.
  • Sa nomination à la tête de la branche armée — pour succéder à Ezzedine al-Haddad, tué le 15 mai 2026 — n'est confirmée officiellement qu'avec l'annonce de sa mort, onze jours après celle de son prédécesseur. Quatre chefs militaires éliminés depuis juillet 2024 : Deïf, Sinouar, al-Haddad, Odeh.
  • Le ministre de la Défense Israël Katz revendique sur X la stratégie d'élimination : « Nous nous sommes engagés à éliminer tous ceux qui ont dirigé le massacre du 7-Octobre. » Mercredi soir, nouvelle frappe israélienne dans le nord de Gaza : dix morts, dont cinq enfants, selon la Défense civile gazaouie.
  • Plus de 72 800 Palestiniens tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023 (ministère de la Santé local, chiffres jugés fiables par l'ONU), dont plus de 900 depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025, fragile et accusé quotidiennement de violations. Le Hezbollah libanais publie un communiqué de condoléances ; la frappe coïncide avec l'Aïd al-Adha.

Questions fréquentes

Qui était Mohammed Odeh ?
Mohammed Odeh dirigeait depuis longtemps les services de renseignement des Brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas. Il a été nommé chef militaire de l'organisation pour succéder à Ezzedine al-Haddad, tué le 15 mai 2026, mais sa promotion n'a été confirmée officiellement qu'avec l'annonce de sa mort. Israël le présente comme « l'un des principaux architectes » de l'attaque du 7 octobre 2023, ce que le Hamas confirme.
Quand et où a-t-il été tué ?
Mohammed Odeh a été tué le mardi 26 mai 2026 dans une frappe israélienne sur le quartier de Rimal, à l'ouest de Gaza-ville. L'armée israélienne et le Shin Bet n'ont annoncé sa mort que le lendemain matin, mercredi 27 mai ; le Hamas a confirmé dans la soirée.
Combien de chefs militaires du Hamas Israël a-t-il tués depuis le 7 octobre ?
Quatre, en moins de deux ans. Mohammed Deïf, chef des Brigades Ezzedine al-Qassam depuis les années 2000, a été tué en juillet 2024. Son successeur Yahya Sinouar, également chef suprême du Hamas, a été tué en octobre 2024 par des tirs israéliens. Ezzedine al-Haddad a pris le relais et a été tué le 15 mai 2026. Mohammed Odeh tombe onze jours plus tard.
Quel est le bilan à Gaza depuis le 7 octobre 2023 ?
Plus de 72 800 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas mais dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. Du côté israélien, l'attaque du 7 octobre avait fait 1 221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP.
La trêve d'octobre 2025 tient-elle encore ?
Formellement oui, mais elle est très fragile. Plus de 900 Palestiniens ont été tués depuis son entrée en vigueur, sous pression américaine, après plus de deux ans de guerre. Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de la violer. L'armée israélienne contrôle plus de la moitié du territoire, le reste demeurant sous l'autorité du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.

Antoine Lefebvre

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