Une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth a fait trois morts dimanche, à l'heure précise où Donald Trump assurait qu'un accord de paix avec l'Iran allait être signé. En quelques heures, l'attaque a fait vaciller des semaines de tractations : Téhéran a menacé d'une réponse « imminente », le président américain s'est dit « furieux » et l'accord qu'il promettait « dans quelques heures » a été repoussé.
Une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth
L'armée israélienne dit avoir « frappé avec précision » un centre de commandement du Hezbollah dans le quartier de la Dahiyeh, en riposte à des tirs du mouvement pro-iranien sur le nord d'Israël. Dans le quartier de Ghobeiry, un correspondant de l'AFP a vu le premier étage d'un immeuble de quatre étages entièrement détruit, des débris jonchant une rue commerçante et des habitants pris de panique. Trois personnes, dont deux femmes, ont été tuées et seize autres blessées, selon le ministère libanais de la Santé.
C'est la deuxième frappe sur Beyrouth en une semaine. Plus tôt dans la journée, deux ministres israéliens d'extrême droite avaient réclamé des représailles sur la banlieue sud ; Benjamin Netanyahu a justifié l'attaque en affirmant qu'« Israël ne tolérera aucune attaque sur son territoire ». Dans le sud du pays, l'armée israélienne a aussi visé une vingtaine de localités autour de Nabatiyeh et ordonné à des habitants d'évacuer.
Téhéran menace de riposter
L'Iran, qui avait prévenu qu'une frappe sur la capitale libanaise constituait une « ligne rouge », a réagi sans attendre. Son Conseil suprême de sécurité nationale a annoncé sur X une réponse « imminente », et des vols ont été annulés dans plusieurs aéroports de l'ouest du pays. « Ces crimes ne resteront pas impunis », a averti le général Mohammad-Jafar Assadi, du commandement interarmées iranien. Israël a aussitôt affirmé se préparer à une attaque « potentielle » vers son territoire.
La flambée rouvre le front que Téhéran refuse de dissocier du reste : depuis le début de la guerre entre l'Iran et les États-Unis, déclenchée le 28 février, l'Iran conditionne tout accord à un cessez-le-feu complet, Liban compris. Les frappes israéliennes y ont fait plus de 3 700 morts depuis début mars, selon Beyrouth. Le détail des combats et des pourparlers est suivi dans notre point sur le front israélo-libanais.
Un accord toujours promis, jamais signé
« Ça a tout chamboulé », a réagi Donald Trump, qui fêtait dimanche ses 80 ans. L'attaque « n'aurait pas dû avoir lieu », a-t-il écrit, disant avoir réprimandé Benjamin Netanyahu, à qui il reproche son manque de « jugement ». Le président américain a néanmoins maintenu qu'un premier accord serait conclu « dans quelques heures », évoquant la levée du blocus des ports iraniens, une réouverture prochaine du détroit d'Ormuz et la récupération du stock d'uranium enrichi en vue de le détruire.
Téhéran n'a rien confirmé. Son négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, reproche aux Américains de ne pas tenir leurs engagements ; l'agence Fars, proche des conservateurs, a exclu une signature dans le délai annoncé. Le président Massoud Pezeshkian assure de son côté que la « voie du dialogue » reste ouverte. Des médiateurs qataris étaient encore à Téhéran dimanche soir pour tenter de garder les discussions à flot — un accord que Trump a déjà annoncé bien des fois sans effet, à la veille de retrouver ses alliés au sommet du G7.











