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Guerre Iran–États-Unis :
origines, accord de paix et où en est le conflit

Comment la guerre entre l'Iran et les États-Unis a commencé, ce qui se joue autour de l'accord de paix, du détroit d'Ormuz, du nucléaire et du Liban, et où en est le conflit.

Mis à jour le samedi 27 juin 2026 — 20h15
6 min
Donald Trump s'adresse à la presse à l'aéroport John F. Kennedy de New York, le 9 juin 2026
Donald Trump s'exprime devant la presse à New York, le 9 juin 2026, peu avant d'ordonner des frappes américaines sur l'Iran.© Saul Loeb / AFP

La guerre entre l'Iran et les États-Unis, déclenchée le 28 février 2026, a connu à la mi-juin un tournant décisif : un accord de paix. Les présidents américain et iranien ont paraphé le protocole à distance, Donald Trump depuis le château de Versailles où il était en visite, après trois mois et demi de conflit oscillant entre cessez-le-feu fragiles et reprises de combats. Mais la sortie de guerre reste fragile : fin juin, les premières frappes américaines sur le sol iranien depuis la signature, et la riposte de Téhéran, ont rouvert la crise dans le détroit d'Ormuz — sans interrompre les négociations de paix prévues pour durer soixante jours. Cette page retrace les origines de la guerre, ses points de friction — détroit d'Ormuz, uranium enrichi, front libanais — et l'accord qui la referme.

Comment la guerre a commencé

Le 28 février 2026, une offensive américano-israélienne frappe l'Iran. Ali Khamenei, Guide suprême depuis 1989, est tué dans les premières heures ; l'Assemblée des experts désigne son fils, Mojtaba Khamenei, pour lui succéder. Le 2 mars, le Hezbollah ouvre un second front depuis le sud du Liban. En quelques semaines, le conflit fait des milliers de morts et propulse les prix de l'énergie. Un cessez-le-feu conditionnel, conclu le 8 avril, tient mal : incidents répétés, frappes ponctuelles, menaces croisées.

Vers un accord de paix

Après des mois de tractations, le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, a annoncé un « accord de paix » entre Washington et Téhéran, mettant fin « immédiatement » à toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, Liban compris. Les deux présidents l'ont signé à distance mercredi soir : Donald Trump, en visite en France, l'a paraphé au château de Versailles ; le président iranien Massoud Pezeshkian l'a fait de son côté. L'Iran a publié le texte via son agence Irna. Les discussions techniques irano-américaines, un temps reportées, doivent finalement s'ouvrir dimanche au Bürgenstock (Suisse), en présence des médiateurs qatari et pakistanais : les négociateurs iraniens ont quitté Téhéran et les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner sont déjà sur place. Ces pourparlers, prévus pour durer soixante jours, doivent porter sur le programme nucléaire.

L'accord ouvre une phase de négociations de soixante jours autour de quatre dossiers : la levée des sanctions, le nucléaire, la reconstruction du pays et un mécanisme de suivi. Dès la signature, Washington suspend ses sanctions sur la vente de pétrole iranien et s'engage à les lever toutes en cas d'accord définitif ; il promet alors de faciliter, avec ses partenaires du Golfe, un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, y a vu une « étape cruciale ». Les Européens ont suivi : le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie se sont dits prêts à lever des sanctions contre des gestes nucléaires « clairs et vérifiables » de Téhéran, et les pays du G7, réunis en France, ont salué « une opportunité historique d'empêcher l'Iran d'acquérir toute arme nucléaire ».

Chaque camp revendique la victoire. Téhéran évoque de « grandes victoires » et des ennemis « humiliés » — « cet accord acte l'échec des États-Unis », a tranché son négociateur en chef, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf —, quand Washington met en avant un accord porteur de « paix et de sécurité » pour la région. Le Hezbollah libanais y voit lui aussi « une grande victoire ». Le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a quant à lui validé le texte « malgré des réserves ».

Le détroit d'Ormuz

Avant la guerre, près d'un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde transitait par le détroit d'Ormuz. Téhéran, qui le contrôle depuis le début du conflit via une Autorité du détroit créée le 18 mai, en a fait un levier de négociation. La réouverture est engagée, mais sous tension : la circulation a repris — vingt-neuf navires ont franchi le détroit en une journée fin juin, après un pic de cinquante-sept —, tandis que l'évacuation des quelque 11 000 marins bloqués dans le Golfe, lancée par l'Organisation maritime internationale, a été suspendue après l'attaque d'un cargo : environ 2 500 d'entre eux seulement avaient alors pu être évacués. C'est cette attaque qui a déclenché, fin juin, les premières frappes américaines sur le sol iranien depuis l'accord, suivies d'une riposte de Téhéran. Le détroit reste le point le plus inflammable du règlement : Téhéran entend aussi y imposer des « frais de service », assurant qu'il ne retrouvera pas son fonctionnement libre d'avant-guerre. « Aucun péage, aucun frais d'assurance et aucun autre frais » ne sera accepté, a rétorqué Donald Trump ; aucun pays hormis l'Iran ne soutient cette idée, selon Washington.

Le dossier nucléaire

Le nucléaire reste l'un des points les plus durs, renvoyé aux négociations à venir. Selon le dernier inventaire de l'Agence internationale de l'énergie atomique d'avant-guerre, l'Iran détient 440,9 kg d'uranium enrichi à 60 %, un niveau proche du grade militaire ; les inspecteurs n'ont plus de visibilité sur sa localisation depuis l'offensive de février. Le Guide suprême avait ordonné, le 21 mai, que ce stock ne quitte pas le territoire. L'accord prévoit d'en traiter le sort « en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA » — une formule que Washington présente comme une « victoire majeure » et qui devra être précisée durant les soixante jours de pourparlers.

Le front libanais

L'Iran a toujours refusé de dissocier son sort de celui du Liban, et l'accord inclut explicitement ce front. La dernière flambée majeure remonte au 14 juin : une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth a fait trois morts et failli faire dérailler les pourparlers. Une trêve censée s'appliquer depuis le 17 avril entre Israël et le Hezbollah n'a jamais vraiment tenu ; les bombardements israéliens y ont fait plus de 4 000 morts depuis début mars. La « fin immédiate » des hostilités tarde d'ailleurs à se vérifier : depuis l'annonce de l'accord, la nuit du 18 au 19 juin a été la plus meurtrière du front libanais — 47 morts au Liban, quatre soldats israéliens tués — avant qu'un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington et le Qatar, ne soit annoncé puis violé dès le lendemain, de nouvelles frappes faisant au moins vingt-quatre morts samedi. Benjamin Netanyahu, jugeant que « le combat n'est pas terminé », maintient ses troupes dans le sud du Liban, dont Israël occupe une partie. Le détail des combats et des négociations figure dans notre suivi Israël-Liban.

Pétrole et conséquences

Le baril a suivi la courbe des peurs et des espoirs : parti d'environ 70 dollars avant la guerre, le Brent a frôlé 119 dollars à la mi-mai. L'annonce puis la signature de l'accord ont fait refluer les cours et bondir les Bourses asiatiques ; depuis, le Brent a poursuivi sa décrue, repassant brièvement sous son niveau d'avant-guerre. Pour la France, ces niveaux se répercutent sur les carburants, le gaz et l'aviation, détaillé dans notre point sur les conséquences de la guerre pour les Français.

Derniers développements

Le suivi daté, au fil des événements, est assuré dans nos articles dédiés :

L'essentiel

  • La guerre entre l'Iran et les États-Unis a éclaté le 28 février 2026 par une offensive américano-israélienne qui a tué le Guide suprême Ali Khamenei ; son fils Mojtaba lui a succédé.
  • Un accord de paix a été signé à la mi-juin — Donald Trump l'a paraphé depuis Versailles, le président iranien de son côté — mettant fin aux opérations militaires sur tous les fronts, Liban compris, avant 60 jours de négociations (sanctions, nucléaire, reconstruction, suivi).
  • Points clés du règlement : la réouverture du détroit d'Ormuz, désormais effective, le sort du stock d'uranium enrichi à 60 % (dilution sous supervision de l'AIEA) et le front libanais, intégré à l'accord.

Questions fréquentes

Comment la guerre entre l'Iran et les États-Unis a-t-elle commencé ?
Le 28 février 2026, une offensive américano-israélienne a frappé l'Iran et tué le Guide suprême Ali Khamenei. Son fils Mojtaba lui a succédé, le Hezbollah a ouvert un front au Liban, et un cessez-le-feu conditionnel a été conclu le 8 avril, sans mettre fin aux incidents.
Que prévoit l'accord de paix entre l'Iran et les États-Unis ?
Annoncé à la mi-juin par le médiateur pakistanais, l'accord prévoit la fin immédiate des opérations militaires sur tous les fronts, Liban compris, et la réouverture du détroit d'Ormuz. Il a été signé à distance le 17 juin — Donald Trump depuis le château de Versailles, le président iranien de son côté — et ouvre 60 jours de négociations sur les sanctions, le nucléaire, la reconstruction et un mécanisme de suivi. La cérémonie qui devait lancer ces négociations en Suisse a toutefois été reportée, Washington assurant que la période de 60 jours a néanmoins commencé.
Que devient le détroit d'Ormuz ?
Téhéran contrôle le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre, par où transitait près d'un cinquième du pétrole mondial. Avec la signature de l'accord, le détroit rouvre et le blocus naval américain est levé, ce qui a fait reculer les cours du brut.

Antoine Lefebvre

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