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Les États-Unis frappent l'Iran :
ce que change l'attaque pour le cessez-le-feu

Les États-Unis ont abattu quatre drones iraniens et frappé Bandar Abbas, l’Iran a riposté en visant une base américaine au Koweït, après la frappe US du 26 mai. Brent vers 95 dollars, Ormuz toujours contesté, accord-cadre démenti par Washington : le point sur la crise Iran-USA.

Mis à jour le jeudi 28 mai 2026 — 07h00
26 min
Le président iranien Masoud Pezeshkian dans son bureau présidentiel à Téhéran, mai 2026.
Le président iranien Masoud Pezeshkian, à Téhéran (image hero conservée depuis la v4.1).© AFP / Présidence iranienne

Chronologie : du 28 février au 26 mai, 88 jours de conflit

28 février 2026 — États-Unis et Israël lancent des frappes massives contre l'Iran. Ali Khamenei, Guide suprême, est tué vers 9 h 40 à Téhéran.

1er mars — L'Iran confirme officiellement le décès de Khamenei.

2 mars — Le Hezbollah riposte par missiles et drones, ouvrant une nouvelle guerre au sud du Liban.

9 mars — L'Assemblée des Experts désigne Mojtaba Khamenei, fils du défunt Guide, comme nouveau Guide suprême.

8 avril — Annonce d'un cessez-le-feu conditionnel. Il tient depuis, avec interruptions et menaces récurrentes.

11 avril — Seule session formelle de discussions américano-iraniennes à Islamabad, sous médiation pakistanaise. Échec. Aucune rencontre officielle entre négociateurs depuis cette date.

7 mai — Le président iranien Masoud Pezeshkian déclare à la télévision d'État avoir eu, « récemment », un entretien d'environ 2 h 30 avec le Guide suprême Mojtaba Khamenei.

15 mai — Le Premier ministre indien Narendra Modi entame une tournée diplomatique de six jours (Émirats, Europe, sécurité énergétique post-Ormuz) pour diversifier les routes pétrolières.

18 mai — Téhéran crée par décret l'Autorité du détroit du Golfe Persique. Une proposition révisée en 14 points est transmise par les médiateurs aux États-Unis. Trump annonce le report de la frappe initialement prévue le 19 mai.

19 mai — Trump confirme qu'il était « à une heure » de décider d'attaquer, puis fixe un nouveau délai de « deux ou trois jours, peut-être vendredi, samedi, dimanche ». Entretien tendu Trump-Netanyahu au téléphone.

20 mai — Les Gardiens de la Révolution promettent guerre « au-delà de la région ». Xi Jinping et Vladimir Poutine signent à Pékin une déclaration commune contre les frappes américano-israéliennes. Le pétrolier sud-coréen Universal Winner franchit le détroit d'Ormuz.

21 mai — L'Autorité iranienne du détroit étend sa zone de contrôle jusqu'aux eaux au sud du port émirati de Fujaïrah. Reuters rapporte la directive de Mojtaba Khamenei interdisant la sortie hors d'Iran du stock d'uranium enrichi. Anwar Gargash, conseiller du président des Émirats, dénonce une « chimère ».

22 mai — Le maréchal Asim Munir, chef de l'armée du Pakistan, arrive à Téhéran. L'armée pakistanaise (Inter-Services Public Relations) publie une photo de son arrivée, accueilli par le ministre iranien de l'Intérieur Eskandar Momeni. Une délégation qatarie est reçue par Téhéran. Brent à 103,54 $, Wall Street record pour la deuxième séance d'affilée. Trump annule sa présence au mariage de Don Jr., reste à la Maison Blanche. CBS et Axios évoquent de possibles nouvelles frappes américaines ce week-end. Dix morts au sud du Liban, cinq frappes israéliennes à l'est du Liban — région épargnée jusqu'alors — et nouvelles frappes sur Tyr.

23 mai — Abbas Araghchi accuse Washington de saboter les négociations dans un entretien rapporté par Tasnim et Fars après une conversation avec Antonio Guterres. Le maréchal Munir a parlé jusque tard dans la nuit du 22 au 23 avec Araghchi, selon Irna. Deux nouvelles frappes israéliennes touchent Tyr.

24 mai — Les négociateurs américains et iraniens s'accordent sur les « grands principes » d'un accord, selon un responsable cité par CBS. Donald Trump déclare qu'il ne « se précipitera pas » : les espoirs d'un accord imminent refroidissent. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif espère « accueillir très prochainement » la prochaine séance. La défense civile libanaise déplore la destruction de son centre régional à Nabatiyé dans une frappe israélienne.

25 mai — Washington se dit « près d'un accord solide » avec l'Iran. Le projet de protocole prévoit un cessez-le-feu de 60 jours renouvelable et la réouverture d'Ormuz, mais l'agence de presse iranienne conteste l'annonce de Trump et maintient le détroit sous gestion iranienne. Le texte n'est pas signé ; un responsable américain évoque « quelques jours » supplémentaires.

26 mai — Les États-Unis annoncent avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran ; de fortes explosions sont entendues à Bandar Abbas vers minuit (20 h 30 GMT). Le Centcom invoque la « légitime défense » contre des embarcations qui « tentaient de poser des mines ». Une délégation iranienne conduite par Mohammad Bagher Ghalibaf et Abbas Araghchi se rend à Doha. Marco Rubio, en visite en Inde, juge un accord encore « possible ». Benjamin Netanyahu annonce une intensification de l'offensive israélienne au Liban. Dans la soirée, le ministère iranien des Affaires étrangères accuse Washington d'une « violation flagrante » du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan et menace de riposter ; les Gardiens de la Révolution affirment avoir abattu un drone américain. Un pétrolier est touché au large d'Oman (UKMTO). Donald Trump doit réunir son gouvernement mercredi 27 mai, une réunion principalement consacrée à l'Iran selon le New York Post.

La frappe américaine du 26 mai : Bandar Abbas visée, le cessez-le-feu fragilisé

Les États-Unis ont annoncé, dans la nuit du 25 au 26 mai, avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran. « Les forces américaines ont mené aujourd'hui des frappes de légitime défense dans le sud de l'Iran afin de protéger nos troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes », indique le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans un communiqué. « Les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines. » L'armée américaine dit « faire preuve de retenue durant le cessez-le-feu » en vigueur depuis le 8 avril.

Les médias iraniens ont rapporté de fortes explosions à Bandar Abbas, dans le sud du pays, vers minuit (20 h 30 GMT). La télévision d'État a ensuite affirmé que la situation était « revenue à la normale », ajoutant qu'une enquête était en cours pour déterminer l'origine des bruits. Téhéran n'a pas confirmé de riposte immédiate.

Téhéran n'a pas davantage confirmé officiellement la frappe elle-même. Dans une déclaration écrite diffusée par la télévision d'État, le Guide suprême Mojtaba Khamenei — qui n'est pas réapparu en public depuis sa prise de fonction début mars — a préféré insister sur le recul d'influence de Washington, qui s'éloignerait « chaque jour davantage de son ancien statut » dans le Golfe. « Les États-Unis n'ont plus de lieu sûr dans la région pour mener leurs agressions », a-t-il affirmé, jugeant qu'« il n'y aura pas de retour en arrière » et que les pays du Golfe « ne serviront plus de boucliers aux bases américaines ».

La frappe intervient malgré les signaux d'apaisement des jours précédents. Elle suit de quelques heures l'annonce par Benjamin Netanyahu d'une intensification de l'offensive israélienne au Liban — second front qui pèse sur l'équilibre régional depuis avril. Le secrétaire d'État Marco Rubio, en visite officielle en Inde, n'a pas commenté directement les frappes mais a maintenu qu'un accord avec l'Iran « reste possible » : les discussions portent « autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours ». Il a assuré que le détroit d'Ormuz rouvrirait « d'une manière ou d'une autre », jugeant la situation « illégale » et « insoutenable pour le monde entier ».

Le 25 mai, de hauts responsables iraniens — le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi — se sont rendus à Doha, première visite de ce type depuis les frappes de représailles iraniennes contre les voisins du Golfe. Selon l'agence Irna, le déplacement vise à s'assurer que le Qatar pourra appuyer les engagements américains, notamment le dégel d'avoirs iraniens bloqués à l'étranger. Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir et le Premier ministre Shehbaz Sharif se trouvaient, eux, en Chine, Pékin soutenant la médiation d'Islamabad. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, est resté prudent : « Nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions », mais « de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer. »

Téhéran accuse les États-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu et menace de riposter

Mardi 26 mai au soir, l'Iran a officiellement accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu. « L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu, a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan », a déclaré le ministère des Affaires étrangères, sans préciser la nature des faits. Et de prévenir : « La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse. »

Téhéran n'a toujours pas confirmé officiellement la frappe elle-même ; les médias d'État font état d'explosions à Bandar Abbas et d'une enquête en cours. Les Gardiens de la Révolution affirment de leur côté avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien iranien, sans préciser de date.

La menace n'a pas interrompu les tractations. Lors d'un appel téléphonique mardi avec l'émir du Qatar, le président Masoud Pezeshkian a dit son pays « prêt à parvenir à un cadre respectueux pour mettre fin à la guerre », selon la radio-télévision d'État Irib. La veille, une délégation conduite par le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi s'était rendue à Doha ; le gouverneur de la banque centrale les accompagnait pour évoquer les fonds gelés à l'étranger, Téhéran exigeant le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs, selon l'agence Tasnim. En Iran, l'accès à internet a par ailleurs été partiellement rétabli mardi, selon l'ONG NetBlocks, après une coupure quasi totale de près de trois mois. Autre signe d'accalmie, l'agence Isna a annoncé mercredi la réouverture du trafic aérien, sans interruption, dans dix aéroports du pays, dont les deux grands aéroports de Téhéran.

La percée diplomatique du 23 mai au soir : un accord « largement négocié »

Samedi 23 mai au soir, Donald Trump publie sur sa plateforme Truth Social qu'un accord avec l'Iran est « largement négocié » et « sous réserve d'être finalisé ». Le projet inclut, écrit-il, la réouverture du détroit d'Ormuz. La publication intervient après une série d'appels téléphoniques avec les dirigeants des États du Golfe, mais aussi de Turquie, d'Égypte, de Jordanie et du Pakistan. Donald Trump précise avoir eu un appel « séparé » avec Benjamin Netanyahu — alors que les médias américains font état de stratégies divergentes entre les deux alliés, Trump poussant pour une solution diplomatique et Netanyahu souhaitant reprendre les combats.

Quelques heures plus tôt, le même jour, Donald Trump avait estimé sur Axios à « 50-50 » les chances d'un « bon » accord ou d'une reprise de la guerre.

Le porte-parole iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, confirme depuis Téhéran que le pays est en « phase de finalisation » d'un protocole d'accord. Le dossier nucléaire ne fait pas partie « à ce stade » des discussions, contrairement à la levée du blocus naval américain sur les ports iraniens et à la question d'Ormuz.

Détails techniques rapportés par la presse américaine :

  • CBS News : la dernière proposition comprendrait le dégel d'actifs iraniens dans des banques à l'étranger et la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires.
  • Wall Street Journal : confirme le délai de 30 jours.
  • New York Times : la question de la façon dont l'Iran se débarrasserait précisément de ses stocks d'uranium enrichi serait renvoyée à un prochain cycle de négociations « dans les semaines ou mois à venir ».

Au fil du week-end, le projet s'est précisé. Selon Axios et CBS (24-25 mai), le protocole d'accord porte désormais le cessez-le-feu à 60 jours, renouvelable par consentement mutuel, et non plus 30. Pendant cette période, le détroit d'Ormuz serait rouvert à la navigation sans péage et l'Iran pourrait vendre librement son pétrole ; les forces américaines resteraient dans la région, un retrait étant conditionné à un accord définitif. Le texte inclut des engagements iraniens à ne jamais se doter de l'arme nucléaire, à négocier la suspension de l'enrichissement et au retrait du stock d'uranium hautement enrichi — mais l'agence Tasnim répète que la phase en cours se limite à mettre fin à la guerre et que le volet nucléaire est reporté. L'agence de presse iranienne a par ailleurs qualifié l'annonce de Donald Trump d'« incomplète et contraire à la réalité », affirmant que le détroit resterait sous gestion iranienne. Au 25 mai, le protocole n'était pas signé : un responsable américain évoquait « quelques jours » supplémentaires, le président américain disant ne pas vouloir « se précipiter ».

Côté iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, principal négociateur et président du Parlement, promet le même samedi une réponse « écrasante » si les États-Unis reprenaient leur guerre. Il s'exprime à l'issue d'une rencontre à Téhéran avec le maréchal Asim Munir, chef de l'armée pakistanaise. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif déclare dimanche 24 mai espérer « accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations ». Ce serait la deuxième depuis l'échec d'Islamabad du 11 avril.

Dans le Golfe, l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, exhorte Donald Trump à « donner la priorité aux solutions pacifiques » lors de leur appel. Le Qatar avait été visé par des tirs iraniens de représailles pendant les premières semaines de la guerre.

Téhéran accuse Washington de saboter les négociations à l'ONU

C'est un changement de ton. Dans un entretien téléphonique avec le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est plaint des « positions contradictoires et demandes excessives répétées » des États-Unis, selon les agences Tasnim et Fars. Ces facteurs « perturbent le processus de négociations menées sous l'égide du Pakistan », a estimé le ministre iranien.

Le passage à l'ONU est significatif. Téhéran avait jusqu'ici critiqué Washington par déclarations internes ou par voie de presse iranienne. La conversation avec Guterres internationalise le contentieux et place le secrétaire général dans le rôle d'interlocuteur secondaire de la médiation, alors que la voie pakistanaise patine.

Abbas Araghchi a néanmoins maintenu la posture officielle : « Malgré sa profonde méfiance envers les États-Unis, la République islamique d'Iran s'est engagée dans ce processus diplomatique avec un esprit de responsabilité et le plus grand sérieux, et s'efforce de parvenir à un résultat raisonnable et équitable. » La porte n'est pas fermée. Les exigences restent les mêmes : levée du blocus naval américain, fin des hostilités sur tous les fronts (y compris au Liban), reconnaissance de la souveraineté iranienne sur le détroit d'Ormuz, et — point dur — refus du transfert hors d'Iran du stock d'uranium enrichi.

Asim Munir à Téhéran : la médiation pakistanaise passe au niveau militaire

Le Pakistan tient le canal principal entre Washington et Téhéran depuis l'échec du round d'Islamabad du 11 avril. Le 22 mai 2026, le maréchal Asim Munir, chef de l'armée pakistanaise — nommé chef d'état-major (COAS) en novembre 2022, promu Field Marshal le 20 mai 2025 — est arrivé à Téhéran. C'est le déplacement militaire pakistanais de plus haut rang depuis le début du conflit. La photo officielle, diffusée par les Inter-Services Public Relations de l'armée pakistanaise, montre Munir accueilli par le ministre iranien de l'Intérieur Eskandar Momeni.

Le maréchal Munir a discuté avec Abbas Araghchi « jusque tard dans la nuit » de vendredi à samedi, selon l'agence iranienne Irna, des « derniers efforts et initiatives diplomatiques visant à empêcher une nouvelle escalade ». Sa visite intervient après deux passages successifs du ministre pakistanais de l'Intérieur Mohsin Naqvi, qui s'est rendu à Téhéran à deux reprises en moins d'une semaine.

Esmaïl Baghaï, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a tempéré : « C'est la poursuite du processus diplomatique. On ne peut pas nécessairement dire que cela signifie que nous avons atteint un tournant ou une situation décisive. » Les divergences restent « profondes » sur la fin de la guerre sur tous les fronts (y compris au Liban), la situation dans le détroit d'Ormuz, et le blocus américain des ports iraniens. Le volet nucléaire, ajoute-t-il, n'est pas encore abordé.

Trump : mariage annulé, frappes envisagées, fracture avec Netanyahu

Donald Trump cherche une issue à cette guerre impopulaire aux États-Unis, qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran. Le président américain a annoncé qu'il ne pourrait pas assister au mariage de son fils aîné Don Jr. aux Bahamas, et qu'il devait rester à Washington plutôt que de se rendre dans un de ses golfs, pour des « raisons ayant trait aux affaires de l'État ». Il a néanmoins déclaré lors d'un discours près de New York que les dirigeants iraniens « ont désespérément envie de conclure un accord ».

Quelques heures plus tard, les médias américains Axios et CBS ont rapporté que Washington envisageait de nouvelles frappes contre Téhéran. Selon CBS News, des militaires américains se préparent à d'éventuels bombardements au cours du week-end, qui dure jusqu'à lundi aux États-Unis. Vendredi matin, le président américain avait rassemblé ses plus proches conseillers pour discuter de la guerre, indique Axios. Ces préparatifs ont débouché sur la frappe du 26 mai contre des sites de missiles du sud de l'Iran.

Cette tension publique se double d'une fracture stratégique avec Israël. CNN et CBS ont rendu publique mi-mai une divergence forte entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu. Washington pousse pour une solution diplomatique sur le nucléaire iranien ; Tel-Aviv veut reprendre les combats. Pour Danny Citrinowicz, chercheur au programme Iran de l'Institute for National Security Studies (INSS, université de Tel-Aviv), un accord américano-iranien constituerait un revers majeur pour Benjamin Netanyahu, qui s'est posé en homme capable de vaincre l'Iran : il signerait l'échec de la confrontation militaire qu'il a poussée et l'effondrement de la doctrine stratégique qu'il défend de longue date. Une frappe israélienne unilatérale pourrait briser l'équilibre maintenu depuis le 8 avril, comme l'illustrent les frappes répétées au Liban malgré la trêve d'avril.

La directive du Guide suprême sur le stock d'uranium enrichi

Selon Reuters, citant deux sources iraniennes haut placées, le Guide suprême Mojtaba Khamenei a fait savoir le 21 mai que l'uranium enrichi détenu par l'Iran ne devait pas quitter le territoire. L'une des sources cite la consigne : « La directive du Guide suprême est que le stock d'uranium enrichi ne doit pas quitter le pays. » Aucun texte officiel n'a été publié à ce stade, aucune date de signature n'est avancée. La presse iranienne d'État ne confirme pas formellement.

Le stock visé : 440,9 kg d'uranium enrichi à 60 %, selon le dernier inventaire AIEA pré-frappes (rapport vérification de septembre 2025). Niveau proche du grade militaire (90 % et plus). Les inspecteurs des Nations unies n'ont plus de visibilité sur la localisation exacte du matériel depuis les frappes du printemps 2025. Donald Trump a posé comme condition à un accord le transfert hors d'Iran de ce stock. Sa position, reprise dans la presse économique : « Nous le récupèrerons. Nous n'en avons pas besoin, nous n'en voulons pas. Nous le détruirons probablement après l'avoir obtenu, mais nous n'allons pas les laisser l'avoir. »

L'argument iranien, repris par les sources qui ont parlé à Reuters : déplacer le stock hors du territoire l'exposerait à toute frappe future contre le convoi ou le pays de destination. La République islamique soupçonne aussi Washington d'utiliser la pause actuelle des combats comme manœuvre tactique avant une reprise possible. La directive de Mojtaba Khamenei n'est pas un décret : c'est une consigne politique, sans valeur juridique opposable, mais qui engage la parole du Guide suprême — et ferme politiquement le dossier nucléaire à Téhéran tant que la ligne tient.

Ce que veulent les deux camps : les exigences sur la table

Côté Washington

Selon l'agence iranienne Fars, les États-Unis exigent le maintien d'un seul site nucléaire iranien actif, le transfert hors du territoire du stock d'uranium hautement enrichi, et un objectif global d'empêcher toute nucléarisation iranienne. Donald Trump a précisé : « Nous le récupèrerons. Nous n'en avons pas besoin, nous n'en voulons pas. Nous le détruirons probablement après l'avoir obtenu, mais nous n'allons pas les laisser l'avoir. » Avec la directive du Guide suprême du 21 mai, le transfert du stock devient inaccessible par la voie diplomatique tant que la ligne tient à Téhéran.

Côté Téhéran

Deux demandes reviennent constamment depuis le début des négociations : déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et levée des sanctions américaines. La proposition révisée en 14 points transmise le 18 mai (selon les médias d'État iraniens et l'agence Tasnim) ajoute : réparations pour les destructions causées par les frappes du 28 février ; fin du blocus naval américain sur les ports iraniens ; levée intégrale des sanctions ; déblocage des avoirs gelés ; retrait des forces américaines des zones proches de l'Iran ; fin des hostilités sur l'ensemble des fronts, y compris au Liban.

Le président iranien Masoud Pezeshkian précise : « Le dialogue ne signifie pas reddition. » Selon des sources américaines citées par la presse, la proposition iranienne ne contient pas de concession significative sur l'enrichissement nucléaire — le point dur du dossier, fermé politiquement depuis la directive du Guide suprême.

Ormuz, Fujaïrah : le bras de fer maritime avec les Émirats

Le détroit d'Ormuz est administré depuis le 18 mai 2026 par une structure iranienne formelle, l'Autorité du détroit du Golfe Persique, créée par décret. Sa juridiction s'étend, depuis le 21 mai, jusqu'aux eaux situées au sud du port émirati de Fujaïrah — port stratégique pour les Émirats arabes unis, conçu pour contourner le blocage du détroit. La revendication territoriale heurte directement la stratégie d'Abou Dhabi en matière d'exportation pétrolière.

Selon l'Autorité, la zone court « de Kuh-e Mubarak en Iran jusqu'au sud de Fujaïrah » pour l'entrée est du détroit, et « de l'île de Qeshm à Umm Al-Quwain aux Émirats » côté ouest. Tout transit nécessite « une coordination avec l'Autorité du détroit du Golfe Persique et son autorisation ». L'organisme fournit des mises à jour en temps réel, perçoit des droits de passage et exige des navires les détails du propriétaire, de l'assurance, des membres d'équipage et de l'itinéraire prévu.

Anwar Gargash, conseiller du président des Émirats, a répliqué sur X : « Le régime tente d'imposer une nouvelle réalité née d'une défaite militaire évidente. Les tentatives de contrôle du détroit d'Ormuz ou d'atteinte à la souveraineté maritime des Émirats ne sont qu'une chimère. » Avant le conflit, un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde transitait par Ormuz.

Pétrole : le Brent repassé sous 100 dollars, réaction contrastée après la frappe

Le baril de Brent, référence internationale pour le brut, a progressé de 0,94 % vendredi 22 mai à 103,54 dollars. Le West Texas Intermediate américain a grappillé 0,26 % à 96,60 dollars. La nervosité reste de mise sur le pétrole, par crainte d'une pénurie d'offre — la prime de risque géopolitique pèse davantage sur le Brent que sur le WTI, plus sensible aux indicateurs de l'économie américaine.

Le mouvement s'est inversé en début de semaine. Porté par les espoirs d'accord, le baril est repassé sous la barre des 100 dollars lundi — après avoir approché 119 dollars la semaine précédente, faute de texte signé. Les frappes américaines de la nuit ont brouillé le signal : mardi matin en Asie, le WTI américain perdait 5,2 % tandis que le Brent reprenait 1,8 %, les marchés hésitant entre la crainte d'une escalade et le pari d'un accord encore vivant. À la clôture de mardi, après la menace iranienne de riposte, le Brent est finalement reparti à la hausse, gagnant plus de 3 % pour évoluer autour de 99 à 100 dollars ; un pétrolier a par ailleurs été touché au large d'Oman, selon l'agence maritime britannique UKMTO. Le baril a toutefois reflué mercredi matin en Asie, les marchés adoptant « un ton plus prudent » (Daniela Hathorn, Capital.com). L'Union européenne avait ouvert la voie, le 22 mai, à des sanctions visant les entités qui bloquent le détroit.

Mais les Bourses européennes ont, elles, clôturé la semaine en hausse, et Wall Street a terminé sur un record pour la deuxième séance consécutive. Les marchés veulent croire à un accord, malgré les évocations de frappes par CBS et Axios. La divergence des deux signaux — pétrole tendu, actions en hausse — traduit l'incertitude sur la sortie du conflit. Le baril reste largement au-dessus du cours d'avant la guerre — autour de 70 dollars en février —, soit plus de 60 % à son plus haut récent. Pour mémoire, les conséquences pour la France de ce niveau de prix se déclinent sur les carburants, le gaz, l'aviation civile et plusieurs filières agricoles, comme l'a confirmé le paquet d'aides annoncé par Sébastien Lecornu le 21 mai.

Pékin, Moscou, Doha : les médiations parallèles à Islamabad

Le 20 mai à Pékin, Vladimir Poutine (en visite d'État) et Xi Jinping ont signé une déclaration commune sur la situation au Moyen-Orient. C'est le soutien public conjoint le plus appuyé formulé par les deux capitales depuis le 28 février. Selon le texte, les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran « violent le droit international et les normes fondamentales des relations internationales et menacent gravement la stabilité du Moyen-Orient ». Xi Jinping insiste : la poursuite des hostilités est « déconseillée », un « cessez-le-feu complet » est « d'une urgence absolue ».

Le 22 mai, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a confirmé la visite d'une délégation qatarie à Téhéran, saluant les « efforts précieux » de nombreux États. Le Qatar — frappé de plein fouet par le blocage maritime — multiplie les démarches en parallèle de la médiation pakistanaise. Il s'ajoute ainsi à un dispositif où Islamabad reste l'acteur principal et où Pékin et Moscou pèsent désormais publiquement contre la reprise des hostilités.

Liban : 10 morts vendredi, frappes israéliennes à l'est et à Tyr

Au Liban, les frappes israéliennes se poursuivent en dépit du cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah pro-iranien depuis mi-avril. Vendredi 22 mai, dix personnes ont été tuées dans une série de bombardements dans le sud du pays, selon le ministère libanais de la Santé.

Le même soir, Israël a mené cinq attaques aériennes dans l'est du Liban, une région jusqu'alors épargnée par les frappes israéliennes. Dans la nuit de vendredi à samedi, deux nouvelles frappes ont touché des bâtiments dans la ville côtière de Tyr, peu après un avertissement émis par l'armée israélienne. L'extension géographique des frappes — au-delà du sud frontalier — alimente la crainte d'un emballement régional, alors que les négociateurs pakistanais tentent à Téhéran de désamorcer la séquence.

Les négociations à Washington sur le cessez-le-feu israélo-libanais, ouvertes le 14 mai, restent fragiles ; elles ont accompagné un cessez-le-feu de 45 jours annoncé par les États-Unis. Toute frappe d'envergure pourrait fissurer la trêve d'avril et déborder sur la séquence Iran-USA.

Samedi 23 mai, l'armée israélienne a perdu un 22ème soldat près de la frontière depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien. À Tyr, une frappe israélienne sur une caserne le même jour a blessé un soldat libanais. Dimanche 24 mai, la défense civile libanaise déplore la destruction de son centre régional à Nabatiyé dans une frappe israélienne. Mardi 26 mai, l'escalade a franchi un cap : les frappes israéliennes dans le sud ont fait 31 morts et 40 blessés sur la seule journée, selon le ministère libanais de la Santé — dont au moins quatre enfants et trois femmes, et quatorze tués à Burj al-Shamali, près de Tyr. À Srifa, au moins une personne a été tuée et deux secouristes affiliés au mouvement Amal blessés ; à Nabatiyé, les frappes ont suivi un ordre d'évacuation. Israël a annoncé étendre ses opérations terrestres contre le Hezbollah « au-delà de la ligne jaune » établie dans le sud du Liban et multiplié les ordres de déplacement vers des localités du sud et de l'est, Benjamin Netanyahu répétant : « Nous intensifions notre action au Liban. »

Un désaccord de fond pèse sur la trêve : Israël et Washington affirment que le Liban n'est pas couvert par le cessez-le-feu, quand l'Iran et les médiateurs pakistanais soutiennent l'inverse. Téhéran fait de l'arrêt des hostilités au Liban une condition de tout accord.

Les prochaines étapes diplomatiques

La frappe du 26 mai, suivie le soir même d'une accusation officielle iranienne de violation du cessez-le-feu et d'une menace de riposte, rebat les cartes. Donald Trump réunit son gouvernement mercredi 27 mai — réunion déplacée de Camp David à la Maison Blanche pour raisons météo —, principalement consacrée à l'Iran et à la recherche d'un accord pour mettre fin à la guerre. Reste à savoir si Téhéran passera des mots aux actes — ce qui briserait le cessez-le-feu du 8 avril — ou s'en tiendra à la voie diplomatique pour préserver le projet d'accord. Washington, par la voix de Marco Rubio, maintient qu'un texte « reste possible » sous « quelques jours ». La prochaine séance formelle de négociations, espérée par Islamabad, serait la première depuis l'échec du 11 avril ; la médiation se joue désormais entre Doha, Islamabad, Pékin et une voie ONU ouverte par l'échange Araghchi-Guterres.

Le risque dominant reste l'accident : frappe israélienne unilatérale dans un Liban dont les zones touchées s'étendent à l'est, incident à Ormuz autour d'un navire que l'Autorité du détroit voudrait stopper, escalade régionale provoquée par un acteur tiers. L'extension de la zone de contrôle iranienne jusqu'aux eaux émiraties de Fujaïrah rend cette friction immédiate.

Sur les marchés, les repères se brouillent : le Brent est repassé sous 100 dollars sur l'espoir d'un accord, mais la frappe du 26 mai rappelle qu'un incident peut relancer à tout moment la peur d'une escalade. Un retour durable au-dessus de 115 dollars signalerait la crainte d'une frappe d'ampleur ; une stabilisation sous 100 dollars, une détente effective.

Nuit du 27 au 28 mai : 4 drones iraniens abattus, base US visée au Koweït

Vers 01h30 jeudi locales (22h00 GMT mercredi), de fortes explosions retentissent près de Bandar Abbas. L’armée américaine annonce dans la foulée avoir abattu quatre drones iraniens qui « menaçaient le détroit d’Ormuz » et frappé une station de contrôle au sol qui « s’apprêtait à lancer un cinquième drone » (responsable américain à l’AFP). Washington qualifie l’action de « mesurée, uniquement défensive et menée avec l’intention de maintenir le cessez-le-feu ».

En représailles, les Gardiens de la Révolution annoncent avoir visé une base américaine. Au même moment, l’armée koweïtienne dit faire face à « des attaques menées par des missiles et des drones » et active ses défenses anti-aériennes. La cible exacte n’est pas précisée. Les forces iraniennes effectuent en parallèle des tirs de semonce sur quatre navires qui tentaient de franchir le détroit d’Ormuz (Irib).

Mercredi 27 mai, à la veille de cet engrenage, le Trésor américain a annoncé des sanctions contre l’Autorité iranienne du détroit du golfe Persique, chargée de percevoir les droits de passage à Ormuz. Donald Trump a de nouveau agité la menace d’une reprise des hostilités : « Ils n’y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l’être (...). Ou alors nous devrons simplement finir le travail. »

Sur les marchés, le Brent gagne près de 2 % à 96,13 dollars le baril dans les échanges matinaux à Asie, le WTI 1,75 % à 90,23 dollars. La séance bascule ensuite : après l’annonce par la télévision iranienne d’un engagement à rétablir le trafic commercial à Ormuz « au niveau d’avant-guerre dans un mois », le Brent perd plus de 4,5 % et repasse sous 95 dollars.

Sur le volet diplomatique, Téhéran affirme finaliser un « accord-cadre » en quatorze points avec Washington, donnant la priorité à la fin de la guerre « sur tous les fronts », Liban compris. La Maison Blanche oppose un démenti : « Le projet d’accord-cadre est une totale invention. » Selon la télévision iranienne, le protocole en discussion prévoirait la levée du blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic à Ormuz, et la mise à disposition de la moitié des 24 milliards d’avoirs gelés dès l’annonce. Les États-Unis réclament en parallèle la destruction du stock d’uranium hautement enrichi ; l’Iran dément vouloir se doter de la bombe.

L'essentiel

  • Dans la nuit du 27 au 28 mai 2026, les États-Unis abattent quatre drones iraniens et frappent une station de contrôle au sol à Bandar Abbas ; les Gardiens de la Révolution ripostent en visant une base américaine, le Koweït activant ses défenses anti-aériennes. C’est l’épisode le plus grave depuis la trêve du 8 avril, deux jours après la frappe US sur des sites de missiles dans le sud de l’Iran le 26 mai.
  • L'attaque porte un coup au cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, sans le rompre formellement ; le secrétaire d'État Marco Rubio affirme qu'un accord « reste possible » et qu'il faudra encore « quelques jours ».
  • La médiation se partage entre Doha, Islamabad et Pékin : la veille, Ghalibaf et Araghchi se sont rendus à Doha, où Téhéran réclame le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs gelés (Tasnim).
  • Pétrole : après un pic proche de 119 dollars puis un retour sous 100 dollars sur l’espoir d’un accord, le Brent oscille fortement le 28 mai (+2 % à 96,13 dollars à l’ouverture asiatique, puis −4,5 % sous 95 dollars dans la journée après l’engagement iranien de rétablir le trafic à Ormuz en un mois).
  • Sur le second front libanais, les frappes israéliennes ont fait 31 morts mardi (ministère libanais de la Santé) ; Israël étend ses opérations terrestres « au-delà de la ligne jaune » et un litige persiste sur l'inclusion du Liban dans le cessez-le-feu, dont Téhéran fait une condition de l'accord.

Questions fréquentes

Que s'est-il passé entre les États-Unis et l'Iran le 26 mai 2026 ?
Les États-Unis ont annoncé avoir frappé des sites de missiles dans le sud de l'Iran. Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a invoqué des « frappes de légitime défense » contre des lanceurs de missiles et des embarcations qui « tentaient de poser des mines ». De fortes explosions ont été entendues à Bandar Abbas vers minuit (20 h 30 GMT).
Le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis est-il rompu ?
Non, pas formellement. L'attaque « porte un coup » au cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, mais l'armée américaine dit « faire preuve de retenue » et Téhéran n'a pas confirmé de riposte immédiate. Washington affirme qu'un accord « reste possible ».
Où en sont les négociations entre Washington et Téhéran ?
Une délégation iranienne (Mohammad Bagher Ghalibaf, Abbas Araghchi) s'est rendue à Doha le 25 mai. Marco Rubio évoque « quelques jours » pour finaliser le texte. Côté iranien, Esmaïl Baghaï juge qu'« une grande partie des questions » est réglée, sans que la signature soit imminente.
Pourquoi le détroit d'Ormuz reste-t-il un point de friction ?
L'Iran l'administre depuis le 18 mai via une Autorité du détroit du Golfe Persique et a étendu sa zone jusqu'aux eaux émiraties de Fujaïrah. Avant la guerre, un cinquième du pétrole et du GNL consommés dans le monde y transitait. Washington veut sa réouverture « sans péage » ; Téhéran le maintient « sous gestion iranienne ».
Quel effet la frappe a-t-elle eu sur les prix du pétrole ?
Le Brent était repassé sous 100 dollars lundi, porté par l'espoir d'un accord, après avoir approché 119 dollars la semaine précédente. Après les frappes, la réaction a été contrastée : mardi matin en Asie, le WTI américain perdait 5,2 % et le Brent reprenait 1,8 %.

Antoine Lefebvre

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