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Israël-Liban :
où en sont les frappes, le cessez-le-feu et les négociations

Israël déclare « zone de combat » tout le sud du Zahrani ; frappes à Tyr, combats directs à Zawtar el-Charqiyé, drones du Hezbollah dans le nord d’Israël. Bilan : 3 269 morts au Liban. Délégation libanaise au Pentagone vendredi 29 mai, négociations US 2-3 juin.

Mis à jour le jeudi 28 mai 2026 — 16h00
14 min
Une personne prend un bain de mer face au village d'El Mansouri, dans le sud du Liban, pendant un bombardement israélien le 22 mai 2026
Une personne prend un bain de mer face au village d'El Mansouri, dans le sud du Liban, pendant un bombardement israélien le 22 mai 2026© AFP / KAWANT HAJU

Ce qu'il faut retenir au 26 mai 2026

  • 26 mai : Israël ordonne l'évacuation de Nabatiyé. Pour la première fois, l'armée israélienne appelle les habitants de la grande ville du sud à quitter toute la zone, au lendemain de la menace de Benjamin Netanyahu d'intensifier les frappes pour « écraser » le Hezbollah. Plus de 100 cibles ont été frappées dans la nuit (Bekaa et sud).
  • Dix morts vendredi 22 mai dans le sud du Liban, dont six secouristes et une fillette syrienne, selon le ministère libanais de la Santé. Une frappe sur Deir Qanoune al-Nahr (région de Tyr) a tué six personnes, dont deux secouristes affiliés au mouvement chiite Amal.
  • Cinq frappes israéliennes vendredi soir dans la zone de Nabi Sreij, à l'est du Liban, selon l'Agence nationale d'information libanaise. Cette région avait été épargnée depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.
  • Deux nouvelles frappes nocturnes à Tyr, ville côtière, ont touché des bâtiments « utilisés » selon l'armée israélienne par le mouvement pro-iranien Hezbollah. Avertissement, embouteillages de fuite, deux explosions, flammes — récit d'un correspondant AFP.
  • Bilan global au 22 mai : 3 111 morts au Liban depuis le 2 mars 2026, selon le ministère libanais de la Santé. Israël déplore la mort de 22 soldats. La guerre a repris le 2 mars quand le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei.
  • Hezbollah : « lutte contre l'occupation », selon Mohammad Raad, chef du groupe parlementaire du mouvement. Sirènes dans le nord d'Israël où l'armée affirme avoir « intercepté deux cibles aériennes suspectes lancées depuis le Liban ».

26 mai : Israël ordonne l'évacuation de Nabatiyé

Mardi 26 mai, l'armée israélienne a appelé pour la première fois les habitants de Nabatiyé, grande ville du sud du Liban, à évacuer toute la zone et à se déplacer au nord de la rivière Zahrani. « Vous devez évacuer vos maisons immédiatement », a écrit sur X le porte-parole arabophone de l'armée, Avichay Adraee. Désertée par une grande partie de ses habitants depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, la ville continue d'être pilonnée malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

L'avertissement intervient au lendemain de la menace de Benjamin Netanyahu d'intensifier les frappes pour « écraser » le Hezbollah, alors que les chances d'un accord rapide entre les États-Unis et l'Iran s'amenuisent. Le mouvement pro-iranien affirme de son côté avoir fait barrage à l'avancée des forces israéliennes dans une localité voisine.

Dans la nuit, l'armée israélienne dit avoir frappé plus de 100 cibles du Hezbollah dans la vallée de la Bekaa (est) et dans le sud. De nouvelles frappes ont visé la région de Tyr, où des ordres d'évacuation avaient déjà provoqué la veille un mouvement de panique parmi les derniers habitants, ainsi que l'est du pays, dont la ville de Machghara.

Le bilan des frappes israéliennes de mardi s'est alourdi à 31 morts et 40 blessés sur la seule journée, selon le ministère libanais de la Santé — dont au moins quatre enfants et trois femmes, et quatorze tués à Burj al-Shamali, près de Tyr. Un désaccord de fond persiste sur la trêve : Israël et Washington affirment que le Liban n'est pas couvert par le cessez-le-feu négocié avec l'Iran, quand Téhéran et les médiateurs pakistanais soutiennent l'inverse et font de l'arrêt des hostilités au Liban une condition de l'accord.

22 mai : dix morts dans le sud, frappes étendues à l'est et nuit à Tyr

La journée du vendredi 22 mai a marqué la séquence de violences la plus lourde depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, six semaines plus tôt. Plus tôt dans la journée, une frappe sur le village de Deir Qanoune al-Nahr, dans la région de Tyr, a tué six personnes selon les autorités libanaises. Parmi les victimes : deux secouristes affiliés au mouvement chiite Amal — allié politique du Hezbollah — et une fillette syrienne.

Un camp pour personnes déplacées dans la banlieue sud de Beyrouth, le 22 mai 2026
Un camp pour personnes déplacées dans la banlieue sud de Beyrouth, le 22 mai 2026 AFP / Anwar AMRO

Dans la nuit précédente, une autre frappe avait visé la localité de Hanaouay, près de Tyr, tuant quatre secouristes affiliés au Hezbollah, selon le ministère libanais de la Santé. L'un des secouristes tués travaillait également comme photographe indépendant. L'armée israélienne a en outre annoncé vendredi avoir tué deux hommes dans le sud, près de sa frontière : « individus armés qui se déplaçaient de façon suspecte à quelques centaines de mètres du territoire israélien », a-t-elle indiqué sur Telegram.

Vendredi soir, l'armée israélienne a mené cinq attaques aériennes dans la zone de Nabi Sreij, à l'est du Liban, selon l'Agence nationale d'information libanaise. C'est une rupture : depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril, l'est avait été épargné. Les frappes israéliennes restaient concentrées sur le sud frontalier et la région de Tyr. L'extension géographique change la nature du contentieux.

Enfin, dans la nuit de vendredi à samedi, deux frappes ont touché des bâtiments dans la ville de Tyr, peu après un avertissement émis par l'armée israélienne. Un correspondant de l'AFP sur place a entendu deux explosions au moment où un immeuble situé aux abords de la ville a été touché, puis a vu des flammes et de la fumée s'élever du site. Une seconde explosion a suivi peu après. L'armée israélienne a affirmé que les immeubles visés étaient « utilisés » par le mouvement Hezbollah. Après l'avertissement, secouristes et policiers ont exhorté à haut-parleur les habitants à quitter les lieux ; des embouteillages se sont formés.

Bilan au 22 mai : 3 111 morts au Liban depuis le 2 mars

Le ministère libanais de la Santé a publié vendredi soir le décompte global. Depuis l'embrasement régional du 2 mars 2026, 3 111 personnes ont été tuées au Liban par les frappes israéliennes. De son côté, Israël déplore 22 soldats tués. Sur la seule période courant depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril, plus de 600 personnes ont été tuées au Liban — soit en moyenne plus de 15 morts par jour malgré la trêve.

Le Conseil national de la recherche scientifique libanais évaluait mi-mai à plus de 10 000 le nombre de logements détruits ou endommagés. Les zones les plus touchées restent le sud du Liban (gouvernorats de Nabatiyé et du Liban-Sud), la Bekaa et les faubourgs sud de Beyrouth. À l'extension de la zone de frappes vers l'est du pays, vendredi 22 mai, s'ajoute désormais un facteur de déstabilisation supplémentaire.

Le 2 mars 2026 : embrasement après la mort d'Ali Khamenei

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale le 2 mars 2026, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei, tué deux jours plus tôt dans les frappes massives lancées par les États-Unis et Israël contre l'Iran. La séquence libanaise n'a pas d'autonomie : elle a comme origine et comme cadre de réglage le dossier Iran-USA.

Le Hezbollah, créé en 1982 dans le sud du Liban et soutenu financièrement et militairement par l'Iran depuis sa fondation, conserve un rôle de premier proxy régional de Téhéran — aux côtés des Houthis du Yémen, des milices irakiennes alliées et de plusieurs factions palestiniennes. La séquence post-Khamenei du 2 mars a réactivé l'« axe de la résistance » iranien, gelé pendant la phase de cessez-le-feu de novembre 2024.

Le cessez-le-feu du 17 avril et ses violations

Un premier cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah était entré en vigueur le 27 novembre 2024 à 4 h du matin, après quatorze mois de combats. Médié par les États-Unis et la France, l'accord renvoyait à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU adoptée en 2006. Le texte prévoyait le retrait des combattants du Hezbollah au nord du fleuve Litani, le retrait des forces israéliennes vers leur frontière, et le déploiement de l'armée libanaise appuyée par la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) dans la zone tampon.

Cet accord n'a jamais été pleinement respecté. Selon les décomptes journalistiques compilés sur la première année du cessez-le-feu, plus de 12 000 violations israéliennes auraient été recensées. Le 2 mars 2026, le Liban est de nouveau entraîné dans la guerre régionale. Une nouvelle trêve, plus courte, est conclue le 17 avril 2026. Elle tient — au sens où il n'y a pas de campagne ouverte de bombardements quotidiens —, mais s'accompagne d'une moyenne quotidienne de frappes ciblées qui se poursuit, et qui s'élargit à l'est depuis le 22 mai.

Trois sessions à Washington : ce que négocient les délégations

Les délégations libanaise et israélienne ont tenu en mai trois sessions de discussions au département d'État américain. La troisième session, ouverte le 14 mai, a été qualifiée de « productives et positives » par un haut responsable américain. Le 15 mai, Donald Trump a annoncé la prolongation de la trêve pour 45 jours, soit jusqu'autour du 29-30 juin.

Washington pousse pour le désarmement du Hezbollah, condition exigée par Tel-Aviv pour un règlement durable. Le mouvement pro-iranien refuse les négociations et le désarmement. Le bloc parlementaire qui lui est lié a estimé que le pouvoir libanais « offre compromis après compromis sans pouvoir obtenir ne serait-ce qu'un cessez-le-feu ». Lors de la précédente réunion, le 23 avril 2026, Donald Trump avait évoqué une rencontre à la Maison Blanche entre Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. Cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le président libanais exigeant au préalable un accord sur la sécurité et la fin des attaques israéliennes.

Drones FPV à fibre optique : la nouvelle arme du Hezbollah

Une nouveauté tactique de la phase 2026 : le Hezbollah utilise désormais des drones FPV à fibre optique, peu coûteux et difficiles à brouiller électroniquement. Cette technique, importée de la guerre russo-ukrainienne, modifie l'équation défensive israélienne sur la zone frontalière. Plusieurs responsables militaires israéliens ont reconnu, sous couvert d'anonymat, l'absence de solution défensive rapide contre cette menace de cinquième génération.

Côté libanais, les Forces armées libanaises (FAL) et la FINUL signalent une multiplication des frappes israéliennes par drones d'attaque, y compris sur des localités hors des ordres d'évacuation publics. Cette zone grise complique la conduite de la trêve.

La FINUL « de plus en plus inquiète » et l'engagement français

La Force intérimaire des Nations unies au Liban s'est dite mi-mai « de plus en plus inquiète » des activités de combattants du Hezbollah et de soldats israéliens près de ses positions dans le sud du pays. La FINUL a souligné « le recours de plus en plus fréquent à des drones, ce qui a provoqué des explosions dans nos bases et à proximité, et fait courir des risques » aux Casques bleus.

L'armée israélienne a établi dans le sud du Liban une « ligne jaune » à une dizaine de kilomètres de la frontière. Elle a indiqué le 12 mai avoir mené récemment une « opération spéciale » contre le Hezbollah en profondeur. L'accord de cessez-le-feu autorise Israël à « prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense », clause contestée par le Hezbollah.

Les forces françaises participent à la FINUL avec environ 700 militaires. Leur exposition reste l'un des enjeux directs pour Paris, dans le sillage de la loi de programmation militaire actualisée 2024-2030, votée le 7 mai à l'Assemblée nationale, qui mobilise 36 milliards d'euros supplémentaires sur la défense.

Mercredi 27 - jeudi 28 mai : « zone de combat » au sud du Zahrani, escalade à Tyr

L’armée israélienne a déclaré mercredi 27 mai considérer comme une « zone de combat » tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière, ordonnant aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d’évacuer en prévision d’un « emploi de la force » à venir. Les frappes du jeudi 28 mai ont confirmé l’avertissement et fait au moins 14 morts dans le sud du Liban, selon le ministère libanais de la Santé. À Saïda, ville côtière qui relie Beyrouth au sud, une frappe vers 2 h locales a détruit les deux premiers étages d’un immeuble résidentiel — 5 morts et 21 blessés. Sur une autoroute de la même région, une attaque de drone a tué 6 personnes, dont deux enfants et leurs parents. À Tyr, une frappe sur une moto près d’une caserne de l’armée libanaise a tué deux ressortissants syriens, dont un enfant ; un militaire libanais a par ailleurs été tué dans la région de Nabatiyé.

Pour la première fois depuis plusieurs jours, l’aviation israélienne a aussi mené une « frappe ciblée » à Choueifat, en bordure de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah — la seconde fois seulement qu’Israël cible une localité aussi proche de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril. Aucun bilan immédiat n’était disponible. L'opération s'inscrit dans une séquence d'élimination ciblée plus large : la veille, Israël avait annoncé la mort de Mohammed Odeh, nouveau chef militaire du Hamas à Gaza. Côté israélien, une soldate a été tuée jeudi près de la frontière par l’explosion d’un drone du Hezbollah, ce qui porte à 24 morts le nombre de soldats israéliens tombés depuis la reprise des hostilités début mars. À Tyr, sous les détonations, un habitant interrogé par l’AFP refuse de partir : « Nous restons ici, c’est notre pays, notre terre, notre vie. »

Sur le terrain, les combats deviennent « directs » : à Zawtar el-Charqiyé, à la lisière de la « ligne jaune », les combattants du Hezbollah disent s’être livrés à des affrontements directs avec les forces israéliennes, et revendiquent trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d’Israël. La localité de Machghara, dans l’ouest de la Bekaa — qui abritait des centaines de familles déplacées — est désormais déserte après plusieurs jours de bombardements ; son maire craint de voir la région, par où transitent combattants et matériel du Hezbollah, « se transformer en arrière-front ».

Le bilan cumulé monte à 3 269 morts au Liban depuis le 2 mars, selon un nouveau décompte du ministère libanais de la Santé (mercredi 27 mai), 158 de plus qu’au 22 mai. Beyrouth tente de désamorcer : une délégation militaire libanaise dirigée par le général Georges Rizkallah doit rencontrer des militaires israéliens vendredi 29 mai au Pentagone et « insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités », en présentant un plan visant à « restreindre les armes du Hezbollah et étendre l’autorité de l’État sur le territoire libanais » (source militaire à l’AFP). De nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain sont programmées les 2 et 3 juin.

Les prochaines échéances

La prolongation de 45 jours annoncée le 15 mai expire autour du 29-30 juin. D'ici là, deux variables pèsent. La première : l'évolution de la séquence Iran-USA, qui sert de cadre régulateur. Une reprise des frappes américaines évoquée par CBS et Axios sur la fenêtre du week-end de Pentecôte (23-25 mai) provoquerait, par effet de chaîne, une réactivation du front libanais — le Hezbollah a explicitement lié sa posture à celle de Téhéran. Inversement, un accord même partiel à Téhéran solidifierait la trêve libanaise.

La deuxième : l'élargissement géographique des frappes israéliennes. L'extension à la zone de Nabi Sreij le 22 mai, jusqu'ici épargnée, change la mécanique. Si Israël élargit régulièrement le périmètre de ses frappes au-delà de la « ligne jaune », la doctrine de « légitime défense » prévue dans l'accord devient politiquement insoutenable pour Beyrouth. Le sommet de Washington de fin juin, prévu pour conclure ou prolonger à nouveau la trêve, se tiendra dans ce contexte. Pour la France, dont la FINUL constitue l'exposition principale, les conséquences directes de la guerre régionale portent autant sur le budget de la défense que sur la stabilité des Casques bleus sur le terrain.

L'essentiel

  • Jeudi 28 mai, des frappes israéliennes ont fait au moins 14 morts dans le sud du Liban (Saïda 5 morts, drone-voiture 6 morts dont 2 enfants, Tyr 2 syriens, 1 militaire libanais), et une frappe « ciblée » a touché Choueifat près de Beyrouth, fief du Hezbollah.
  • L’armée israélienne a déclaré « zone de combat » tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani et étendu son offensive à Nabi Sreij (22 mai), Machghara (Bekaa, désertée) et Tyr.
  • Le bilan cumulé atteint 3 269 morts au Liban depuis le 2 mars (ministère libanais de la Santé) ; côté israélien, 24 soldats tués depuis la reprise des hostilités.
  • Une délégation militaire libanaise conduite par le général Georges Rizkallah est attendue vendredi 29 mai au Pentagone ; de nouvelles négociations sous parrainage américain sont prévues les 2 et 3 juin.
  • La trêve, théoriquement prolongée de 45 jours le 15 mai, expire fin juin. Le sommet de Washington de fin juin doit décider du renouvellement ou de la fin du cessez-le-feu.

Questions fréquentes

Combien de morts au Liban depuis le 2 mars 2026 ?
Au 22 mai 2026, le ministère libanais de la Santé recense 3 111 personnes tuées par les frappes israéliennes au Liban depuis le 2 mars, date de la reprise du conflit régional. Israël déplore 22 soldats tués. Plus de 600 personnes ont été tuées au Liban sur la seule période courant depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 17 avril.
Pourquoi la guerre a-t-elle repris au Liban en mars 2026 ?
Le Hezbollah pro-iranien a lancé le 2 mars 2026 une attaque contre Israël pour venger la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février lors des frappes massives lancées par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Le Liban a ainsi été entraîné dans la guerre régionale qui se prolongeait entre Téhéran et Washington.
Quand le cessez-le-feu a-t-il été conclu ?
Une première trêve avait été conclue le 27 novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah après quatorze mois de combats. Elle a été rompue par l'embrasement du 2 mars 2026. Une nouvelle trêve, plus courte, est entrée en vigueur le 17 avril 2026. Donald Trump a annoncé sa prolongation pour 45 jours le 15 mai, soit jusqu'autour du 29-30 juin.
Que se négocie à Washington ?
Trois sessions de discussions bilatérales ont eu lieu au département d'État américain depuis avril. Washington pousse pour le désarmement du Hezbollah, condition exigée par Tel-Aviv pour un règlement durable. Le mouvement pro-iranien refuse les négociations et le désarmement. Le président libanais Joseph Aoun exige un accord préalable sur la sécurité et la fin des attaques israéliennes avant toute rencontre avec Benjamin Netanyahu.
Quel est le rôle de la France au Liban ?
La France participe à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) avec environ 700 militaires déployés dans le sud du pays, dans la zone tampon entre le Hezbollah et l'armée israélienne. La FINUL est issue de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006. Paris co-médiait par ailleurs le premier cessez-le-feu de novembre 2024. La loi de programmation militaire actualisée du 7 mai 2026 mobilise 36 milliards supplémentaires sur la défense.

Antoine Lefebvre

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