Quatre personnes ont été rattrapées par les flammes dans leur voiture, sept autres en tentant de fuir à pied. Un feu de forêt d'une rapidité exceptionnelle a fait au moins douze morts près d'Almería, dans le sud de l'Espagne, selon les autorités régionales d'Andalousie — l'un des incendies les plus meurtriers de l'histoire récente du pays. Vendredi 10 juillet, 23 personnes restaient recherchées.
Le feu s'est déclaré jeudi 9 juillet en fin d'après-midi près de Los Gallardos, dans la province d'Almería, et a progressé « très rapidement, avec un vent très fort, à une vitesse extraordinaire », a décrit Antonio Sanz, le conseiller chargé des situations d'urgence de la région. Son origine pourrait être la chute d'une ligne électrique près de la route nationale N-340A, selon des témoins cités dans un communiqué des secours. En quelques heures, plus de 3 000 hectares ont brûlé dans un paysage de ravins et de maisons dispersées à flanc de coteau, où « même les engins ne peuvent pas y accéder », selon le responsable andalou.
Piégés en voiture ou à pied dans le hameau de Bédar
C'est à Bédar, un hameau accroché aux collines et prisé des résidents étrangers, que les victimes ont été retrouvées. Quatre circulaient en voiture ; elles pourraient être britanniques, a indiqué Antonio Sanz, d'après l'emplacement du volant, à droite. Sept autres faisaient partie d'un groupe de neuf personnes qui tentaient de fuir à pied — deux seulement en ont réchappé. Elles pourraient « également être étrangères, belges ou britanniques », selon lui.
Le maire de Bédar, Ángel Francisco Collado, a livré un détail qui dit la soudaineté du piège : des habitants avaient proposé au groupe de se réfugier chez eux. « Ils ne les ont pas écoutés et sept d'entre eux sont décédés », a-t-il raconté. Huit personnes ont par ailleurs été blessées, dont quatre grièvement brûlées.
Le bilan, d'abord établi à onze morts, a été porté à douze vendredi par les autorités andalouses, et le nombre de personnes recherchées de 19 à 23. À Bruxelles, la diplomatie belge a confirmé que « des ressortissants belges sont actuellement portés disparus et restent injoignables », sans avancer de chiffre par égard pour les familles. « Immense tristesse et désolation face aux terribles conséquences de l'incendie qui affecte la province d'Almería », a réagi le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez.
La vague de chaleur a tout préparé
Six cents personnes ont été évacuées, et près de 500 pompiers et militaires, appuyés par une vingtaine d'aéronefs, luttaient toujours vendredi contre les flammes. Végétation desséchée, air brûlant, combustible disponible : la vague de chaleur qui écrase l'Espagne — l'Andalousie était placée en alerte orange ces derniers jours — a offert au feu des conditions idéales. La péninsule cuit sous la même masse d'air qui vaut à la France sa troisième canicule de l'été.
L'Espagne, en première ligne du réchauffement en Europe, sort par ailleurs d'une année noire. En 2025, plus de 393 000 hectares y sont partis en fumée, selon le Système européen d'information sur les incendies de forêt (EFFIS) — les pires feux de l'histoire récente du pays. Ces plus de 8 000 incendies avaient fait huit morts, 86 blessés et plus de 42 000 évacués, d'après le ministère espagnol de l'Intérieur. Le seul feu d'Almería a déjà tué davantage que toute cette saison record. Fin mai, Pedro Sánchez avait promis pour l'été « le plus important » dispositif jamais mobilisé contre les incendies ; ces derniers jours, un autre feu, désormais contrôlé, a parcouru plus de 2 000 hectares en Catalogne, à quelques kilomètres de la Costa Brava. De l'autre côté des Pyrénées aussi, la saison des feux a démarré tôt.
« Ce qui nous préoccupe le plus pour demain, c'est la possibilité d'un changement de vent », qui pourrait faire « repartir l'incendie », a prévenu Antonio Sanz, qui parle d'une « tragédie ».











