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Espagne :
Pedro Sánchez dément toute « corruption généralisée » autour de lui

Le Premier ministre espagnol a démenti devant le Parlement toute « corruption généralisée » autour du PSOE, alors que les affaires judiciaires se multiplient dans son entourage — épouse, frère, mentor et ex-ministre. L'opposition réclame des élections anticipées ; il s'y refuse.

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Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez devant les députés à Madrid
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'exprime devant les députés à Madrid.© AFP / Oscar Del Pozo

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a fermement démenti, mercredi devant les députés, toute « corruption généralisée » autour de son gouvernement et du parti socialiste (PSOE), contraint une fois encore de défendre son bilan face à la multiplication des affaires judiciaires visant ses proches.

Dans un discours solennel au Parlement de Madrid, prononcé à sa demande, l'un des rares dirigeants de gauche en Europe a voulu répondre à l'ensemble de ces enquêtes et procès qui « empoisonnent » l'exécutif. « Certains acteurs politiques et médiatiques essaient de tout mélanger pour créer un sentiment de corruption généralisée qui, je vous le dis, n'existe pas », a-t-il lancé. « Je n'ai jamais été au courant ni toléré aucune de ces pratiques », a ajouté le dirigeant de 54 ans, défendant son action anticorruption depuis son arrivée au pouvoir en 2018.

Cette année-là, une motion de censure avait fait tomber le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, empêtré dans des affaires de corruption. Or cette motion avait notamment été défendue par le député socialiste José Luis Ábalos, devenu ensuite ministre des Transports de M. Sánchez — et lui-même condamné lundi à vingt-quatre ans de prison pour corruption.

Des affaires qui cernent l'entourage du chef du gouvernement

Deux jours avant cette condamnation, l'épouse du Premier ministre, Begoña Gómez, s'était vu interdire de quitter l'Espagne dans le cadre d'une enquête pour trafic d'influence, le juge d'instruction disant redouter une fuite à l'étranger avant son procès. Elle devait remettre son passeport à la justice et se présenter aux autorités deux fois par mois. Ces « mesures conservatoires dépassent toutes les limites du raisonnable », a tonné M. Sánchez.

Le frère du chef du gouvernement attend lui aussi son jugement pour trafic d'influence, tandis que son mentor en politique, l'ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero, est inculpé dans l'affaire Plus Ultra — le sauvetage par l'État, durant la pandémie, d'une petite compagnie aérienne au moyen d'un prêt public de 53 millions d'euros. Ce prêt « a été accordé conformément à la loi » et reste « légitime », a assuré M. Sánchez.

L'avenir de la législature, censée s'achever en 2027, s'est assombri depuis fin mai et des révélations sur une officine qui aurait été chargée, au sein du PSOE, d'interférer dans ces dossiers. Le Premier ministre a répété n'avoir « jamais » eu connaissance d'une telle cellule. Il avait par le passé demandé « pardon » aux Espagnols pour ces scandales, jurant — comme de nouveau mercredi — que son parti n'avait jamais reçu de financement illégal.

Déterminé à se maintenir encore un an, le dirigeant socialiste a essuyé les railleries d'une opposition qui réclame des élections anticipées. « La corruption, c'est vous ! », a lancé le chef de la droite (Parti populaire), Alberto Núñez Feijóo, appelant à la dissolution du Parlement, quand le patron de l'extrême droite (Vox), Santiago Abascal, le sommait de convoquer un scrutin « dès maintenant ». M. Sánchez s'y refuse.

L'essentiel

  • Pedro Sánchez a démenti devant les députés toute « corruption généralisée » autour de son gouvernement et du PSOE, assurant n'avoir « jamais été au courant ni toléré » de telles pratiques.
  • Les affaires se multiplient dans son entourage : son ex-ministre des Transports José Luis Ábalos condamné à 24 ans de prison, son épouse Begoña Gómez visée par une enquête pour trafic d'influence, son frère et son mentor Zapatero également poursuivis.
  • L'opposition de droite (PP) et d'extrême droite (Vox) réclame des élections anticipées et la dissolution du Parlement ; Sánchez, déterminé à se maintenir jusqu'en 2027, refuse.

Antoine Lefebvre

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