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Sommet du G7 :
la guerre en Iran s'impose, Trump sous pression face à ses alliés

À Évian, le sommet du G7 est rattrapé par la guerre en Iran. Donald Trump y promet un accord que Téhéran ne confirme pas, pendant que plusieurs de ses alliés digèrent mal un conflit décidé sans eux.

Mis à jour le dimanche 14 juin 2026 — 13h38
3 min
Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche
Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 11 juin 2026 à Washington.© AFP

Donald Trump arrivera lundi à Évian pour le sommet du G7 en assurant qu'il s'apprête à signer la paix avec l'Iran. Téhéran, lui, n'a rien confirmé — et plusieurs des dirigeants qu'il doit y retrouver digèrent mal d'avoir subi une guerre décidée sans eux.

Le président américain, qui fête ses 80 ans dimanche, a affirmé sur son réseau Truth Social que Washington et Téhéran parapheraient « dimanche » un texte mettant fin au conflit et rouvrant « à tous » le détroit d'Ormuz. La diplomatie iranienne a, elle, évoqué un accord « dans les prochains jours », mais pas dimanche. Le Premier ministre pakistanais, qui sert de médiateur, attend une « finalisation » sous vingt-quatre heures. M. Trump a pourtant déjà annoncé, à plusieurs reprises, un accord imminent qui ne s'est pas concrétisé.

Des alliés tenus à l'écart de la guerre

Réuni de lundi à mercredi sous présidence française, le G7 devait afficher l'unité des sept grandes puissances et de l'Union européenne autour de l'agenda voulu par Paris, du climat à la lutte contre le cancer. Il s'ouvre happé par la guerre déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

À Évian, Donald Trump retrouvera des dirigeants qui n'ont pas caché leur mécontentement de subir les conséquences d'une intervention militaire à laquelle ils n'ont pas été associés. Sous pression chez lui pour sortir d'un conflit impopulaire, le président américain joue gros sur ce rendez-vous.

Ormuz, sanctions, Liban : les points qui bloquent

Depuis le cessez-le-feu du 8 avril, Washington et Téhéran butent sur plusieurs dossiers : le programme nucléaire iranien, le contrôle du détroit d'Ormuz, la levée des sanctions et l'inclusion du Liban. Selon le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, le texte en discussion prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit, contrôlé par Téhéran depuis le début des hostilités. Une ébauche en quatorze points publiée par une agence iranienne réclame le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage de 24 milliards de dollars d'avoirs gelés à l'étranger.

Sur le nucléaire, M. Trump a évoqué la récupération des stocks d'uranium enrichi pour les diluer et les détruire, « en Iran ou aux États-Unis ». M. Araghchi avait, la veille, proposé d'abaisser en Iran l'enrichissement à un niveau très inférieur aux 90 % requis pour fabriquer une arme. Sur le Liban, Washington, qui voulait d'abord traiter ce dossier à part, l'a finalement intégré : l'armée israélienne a annoncé samedi avoir frappé « plus de 70 sites » du Hezbollah, et ses bombardements ont fait plus de 3 700 morts dans le pays depuis début mars, selon Beyrouth.

Les concessions discutées passent mal à Téhéran, où circulait samedi soir une vidéo de manifestants hostiles au ministre des Affaires étrangères. À la veille du sommet, l'accord que Donald Trump dit vouloir signer pour ses 80 ans n'était toujours pas paraphé, et Téhéran continuait d'en contester la date.

L'essentiel

  • Le sommet du G7, qui s'ouvre lundi à Évian sous présidence française, est rattrapé par la guerre déclenchée en février contre l'Iran, qui relègue l'agenda voulu par Paris au second plan.
  • Donald Trump affirme qu'un accord mettant fin au conflit et rouvrant le détroit d'Ormuz sera signé dimanche, mais Téhéran conteste cette date et les divergences persistent (nucléaire, sanctions, Liban).
  • Le président américain retrouvera à Évian des alliés mécontents d'avoir subi les conséquences d'une intervention militaire décidée sans eux.

Thomas Renaud

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