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Impôt sur le revenu :
comment est calculé le montant que vous payez

Être « dans la tranche à 30 % » ne veut pas dire payer 30 % de ses revenus : sur 30 000 euros déclarés, un célibataire en acquitte environ 7 %. Ce que le barème fait réellement, et pourquoi l'avis d'été réserve des surprises.

Mis à jour le jeudi 24 septembre 2026 — 09h58
6 min
Avis d'impôt sur le revenu de l'administration fiscale française, surmonté de figurines miniatures de personnes
L'avis d'impôt sur le revenu de l'administration fiscale française.© Philippe Huguen / AFP

Chaque été, des millions de contribuables ouvrent leur avis d'impôt sur le revenu et s'arrêtent sur une ligne : le montant. D'où sort-il, alors que l'impôt est déjà prélevé chaque mois sur le salaire ? Pourquoi celui-ci doit-il un solde quand son voisin, au revenu voisin, reçoit un remboursement ? Le calcul n'a rien d'opaque une fois qu'on en connaît les cinq étapes.

Comment le barème calcule l'impôt, tranche par tranche

L'impôt sur le revenu se calcule sur le revenu net imposable de l'année précédente, après les abattements — dont la déduction forfaitaire de 10 % sur les salaires. Ce revenu est d'abord divisé par le nombre de parts du foyer, puis on lui applique un barème à cinq tranches. Pour l'impôt dû en 2026 sur les revenus de 2025, relevé de 0,9 % par la loi de finances pour neutraliser l'effet de l'inflation, il s'établit ainsi, par part :

  • jusqu'à 11 600 euros : 0 %
  • de 11 601 à 29 579 euros : 11 %
  • de 29 580 à 84 577 euros : 30 %
  • de 84 578 à 181 917 euros : 41 %
  • au-delà de 181 917 euros : 45 %

Le taux d'une tranche ne s'applique jamais à tout le revenu, mais seulement à la part qui tombe dans ses bornes — c'est le mot « tranche » qui trompe. L'administration en donne l'exemple d'un célibataire déclarant 30 000 euros de revenu net imposable : ses 11 600 premiers euros ne sont pas taxés, les 17 979 suivants le sont à 11 % — soit 1 977,69 euros —, et seuls les 421 derniers, au-dessus de 29 579 euros, subissent le taux de 30 %, pour 126,30 euros. Total : 2 103,99 euros.

Tranche marginale et taux réel : pourquoi ce n'est pas la même chose

Ce célibataire est « dans la tranche à 30 % », sa tranche marginale d'imposition. Mais il ne verse pas 30 % de ses revenus au fisc : rapporté à ses 30 000 euros, son impôt de 2 103,99 euros représente 7,01 %. C'est là son taux réel, et l'écart entre les deux nourrit l'un des malentendus les plus tenaces sur l'impôt.

Beaucoup renoncent à une augmentation ou à des heures supplémentaires en croyant qu'« en passant dans la tranche supérieure », ils y perdront. C'est faux : seuls les euros qui franchissent le seuil sont taxés au taux plus élevé, jamais les précédents. Un euro gagné en plus rapporte toujours quelque chose de net ; il ne fait jamais baisser le revenu final. La tranche marginale mesure ce que coûtera le prochain euro gagné, pas ce que coûte l'ensemble.

La décote, qui efface une partie de l'impôt des revenus modestes

Un correctif s'applique ensuite aux impôts les plus faibles : la décote. En 2026, elle joue si l'impôt brut ne dépasse pas 1 982 euros pour une personne seule ou 3 277 euros pour un couple. Son montant se calcule en retranchant 45,25 % de l'impôt brut à une somme fixe — 897 euros pour une personne seule, 1 483 euros pour un couple — et vient s'imputer sur l'impôt. Concrètement, elle allège, parfois annule, la note des contribuables situés juste au-dessus du seuil d'imposition. Elle s'applique d'office, sans démarche.

Interviennent enfin le quotient familial, qui module l'impôt selon la composition du foyer, puis les réductions et crédits d'impôt — emploi à domicile, dons, garde d'enfants. C'est au bout de cette chaîne, et d'elle seule, qu'apparaît le montant final. Pour l'appliquer à sa propre situation plutôt qu'à un exemple, le simulateur officiel de l'impôt sur le revenu reprend exactement ces étapes.

Pourquoi un solde à payer ou un remboursement à l'été

Si l'impôt est prélevé chaque mois, pourquoi un montant s'ajoute-t-il l'été ? Parce que le prélèvement mensuel n'est qu'un acompte, calculé sur un taux provisoire. Le véritable impôt, lui, n'est connu qu'une fois la déclaration de printemps traitée, qui intègre l'ensemble des revenus, la situation de famille et les avantages fiscaux de l'année.

L'avis d'impôt fait alors les comptes. Si les prélèvements de l'année ont dépassé l'impôt réellement dû, le trop-versé est remboursé, généralement en juillet ou en août. S'ils sont restés en dessous — un revenu exceptionnel, un changement de situation, un crédit d'impôt plus faible que prévu —, un solde reste à régler. L'administration le prélève à partir du 25 septembre : en une seule fois s'il n'excède pas 300 euros, en quatre échéances étalées jusqu'au 28 décembre au-delà. Dans la foulée, en septembre, le taux de prélèvement à la source est actualisé d'après la dernière déclaration, pour coller au plus près aux revenus de l'année.

Les crédits d'impôt expliquent une bonne part des écarts. Une avance de 60 % est versée dès la mi-janvier, estimée sur l'année précédente ; le solde se régularise l'été, une fois les dépenses réelles déclarées. Qui a réduit ses dépenses ouvrant droit à crédit — fin d'un emploi à domicile, par exemple — peut ainsi voir cette avance reprise sur son avis.

Quand l'avis arrive et ce qu'il faut y regarder

Les avis sont mis en ligne dans l'espace personnel du site des impôts à partir de la fin juillet, la version papier suivant en août pour ceux qui l'ont conservée. Trois montants méritent l'œil : le revenu fiscal de référence, qui commande l'accès à quantité d'aides et de produits, du livret d'épargne populaire aux tarifs sociaux ; le taux de prélèvement à la source qui s'appliquera à partir de septembre ; et, bien sûr, le solde ou le remboursement. Une erreur repérée sur les revenus déclarés se corrige en ligne jusqu'au début de décembre ; passé ce délai, il faut adresser une réclamation.

Le taux actualisé en septembre n'est pas une formalité : c'est lui qui fixera les prélèvements mensuels jusqu'à l'été suivant. Qui le juge décalé par rapport à ses revenus du moment — une baisse d'activité, un départ à la retraite, un changement de situation familiale — peut demander sa modification en ligne, sans attendre la prochaine déclaration.

L'essentiel

  • Le barème compte cinq tranches, et chacune ne mord que sur la part du revenu comprise entre ses bornes : franchir un seuil ne fait jamais baisser ce qui reste dans la poche.
  • La tranche marginale n'est pas le taux réellement payé : un célibataire déclarant 30 000 euros est « à 30 % » mais n'acquitte que 7 % de ses revenus.
  • Ce qui est prélevé chaque mois n'est qu'un acompte : l'avis d'été fait les comptes, et le solde éventuel part à l'automne, en une fois ou en quatre selon son montant.

Questions fréquentes

Comment est calculé l'impôt sur le revenu ?
En cinq temps. On ramène d'abord le revenu imposable à une part, on lui applique le barème progressif, puis la décote allège les impositions modestes. Vient ensuite le quotient familial, qui tient compte des personnes à charge, et les réductions comme les crédits ferment la marche. Rien d'autre n'entre dans le montant final.
Qu'est-ce que la tranche marginale d'imposition ?
Le taux le plus élevé qu'atteignent vos revenus. Il mesure le coût du prochain euro que vous gagnerez, et non ce que vous versez sur l'ensemble. Une personne seule qui déclare trente mille euros relève du taux de 30 % et n'acquitte pourtant qu'environ 7 % de ses revenus.
Pourquoi ai-je un solde à payer malgré le prélèvement à la source ?
Parce que ce qui a été prélevé pendant l'année reposait sur un taux calculé d'avance. Quand les revenus réels dépassent cette estimation, ou qu'un crédit d'impôt se révèle plus faible que l'avance reçue, la différence se paie à l'automne ; dans le cas inverse, elle est remboursée l'été.
Qu'est-ce que la décote sur l'impôt sur le revenu ?
Un rabais appliqué d'office aux petites impositions. Un exemple vaut mieux que la formule : pour une personne seule dont l'impôt ressort à 1 000 euros avant correction, la décote atteint 444,50 euros, et la note tombe à 555,50 euros. L'avantage disparaît au-dessus de 1 982 euros d'impôt pour une personne vivant seule, et de 3 277 euros à deux.
Quand l'avis d'impôt sur le revenu est-il disponible ?
Dans l'espace personnel en ligne dès la fin juillet, et par courrier en août pour qui n'a pas renoncé au papier. Trois lignes méritent l'attention : le revenu de référence qu'utilisent de nombreuses aides et placements réservés, le taux qui vaudra pour les mois suivants, et la somme restant due, ou à récupérer.

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