Le prêt à taux zéro a changé de dimension. Depuis le 1er avril 2025, en application du décret du 29 mars 2025, il couvre de nouveau toutes les zones du territoire — y compris les zones B2 et C, qui en étaient exclues depuis 2020 pour le neuf — et les maisons individuelles redeviennent éligibles. Le dispositif est prolongé jusqu'au 31 décembre 2027.
Derrière ces annonces, les conditions restent précises. Le PTZ ne finance qu'une partie de l'achat, il est réservé aux primo-accédants, et son montant dépend de la zone, du type de logement et des revenus. Détaillons les règles avant de déposer un dossier.
Qui peut en bénéficier
Le PTZ est réservé aux primo-accédants : toute personne qui n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des deux années précédant la demande de prêt. Exception faite des personnes en situation de handicap ou d'invalidité, et des victimes de catastrophes ayant rendu leur logement inhabitable.
Le logement financé doit devenir la résidence principale de l'emprunteur dans un délai d'un an après l'achat ou la fin des travaux. Les ressources prises en compte sont celles du revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année (année N-2).
Ce qu'a changé la réforme d'avril 2025
| Critère | Avant | Depuis avril 2025 |
|---|---|---|
| Zones éligibles (neuf) | A, A bis, B1 uniquement | Toutes zones (A à C) |
| Maisons individuelles neuves | Exclues | Éligibles (quotité 10 à 30 %) |
| Quotité appartement neuf | jusqu'à 40 % | jusqu'à 50 % |
| Validité du dispositif | échéance reportée | 31 décembre 2027 |
L'élargissement aux zones B2 et C est le changement le plus significatif. Un primo-accédant dans une ville moyenne ou en zone rurale peut désormais financer un appartement neuf ou une maison individuelle neuve avec un PTZ — c'était impossible depuis 2020. La loi de finances 2026 n'a pas modifié les plafonds de ressources ni de coût d'opération ; elle a en revanche ouvert le PTZ aux acquéreurs d'un logement en bail réel solidaire (BRS), un dispositif qui dissocie le foncier du bâti pour faire baisser le prix d'achat.
Combien le PTZ finance
Le PTZ ne couvre qu'une fraction du coût total de l'opération. Cette fraction s'appelle la quotité : jusqu'à 50 % pour un appartement neuf, de 10 à 30 % pour une maison individuelle neuve, et de 20 à 50 % selon les revenus pour un logement ancien avec travaux.
Cette quotité s'applique dans la limite d'un plafond de coût d'opération, qui dépend de la zone et du nombre d'occupants : il avoisine 156 000 euros pour une personne seule en zone A et grimpe pour une famille nombreuse. Concrètement, pour un appartement neuf de 200 000 euros éligible à une quotité de 50 %, le PTZ peut financer jusqu'à 100 000 euros à taux zéro ; le reste doit être couvert par un prêt immobilier classique, un apport personnel ou d'autres aides.
Ancien avec travaux : les conditions
Dans l'ancien, le PTZ reste limité aux zones B2 et C, les moins tendues. Le logement doit nécessiter des travaux représentant au moins 25 % du coût total de l'opération, et ces travaux doivent améliorer la performance énergétique.
C'est une option pertinente dans les petites villes et les territoires ruraux, là où le prix de l'ancien est plus accessible et où les logements ont souvent besoin d'une rénovation lourde. Le PTZ peut alors se combiner avec d'autres aides à la rénovation énergétique.
Le différé de remboursement
Le PTZ comporte une période pendant laquelle l'emprunteur ne rembourse pas le prêt à taux zéro — il ne rembourse que son prêt classique. Ce différé varie de 2 à 10 ans selon la tranche de revenus : plus les revenus sont modestes, plus il est long. Ce mécanisme allège les mensualités des premières années, souvent les plus tendues pour un primo-accédant qui vient de s'endetter.
Comment déposer un dossier
Le PTZ se demande auprès d'une banque ou d'un courtier en crédit immobilier. Ce n'est pas un dossier séparé : il est intégré à la demande de prêt principal. Les pièces nécessaires : avis d'imposition N-2, compromis de vente ou contrat de réservation, attestation sur l'honneur de primo-accession, et le diagnostic de performance énergétique pour l'ancien.
Les dossiers complets sont généralement traités en deux à quatre semaines. Les taux des crédits immobiliers classiques tournent autour de 3,3 % sur vingt ans, au gré de la politique de la Banque centrale européenne. Alors que les taux ne baissent plus, le PTZ, qui finance une part du projet sans intérêts, allège d'autant le coût total du crédit — un levier utile pour boucler un plan de financement, aux côtés des autres aides au logement comme les APL.











