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Plan ORSAN :
qu'est-ce que c'est, ses volets et ses niveaux

Activé dès qu'une crise menace de submerger les hôpitaux, le plan ORSAN organise la réponse du système de santé. Ce qu'il est, ses cinq volets, ses niveaux, et ce qui le distingue du plan blanc et de la vigilance canicule.

4 min
Une infirmière prépare une perfusion à l'hôpital
Une infirmière prépare une perfusion à l'hôpital Purpan de Toulouse.© AFP / Ed Jones

Chaque fois qu'une crise menace de submerger les hôpitaux — une canicule, une épidémie de grippe ou de bronchiolite, un afflux de blessés —, un dispositif s'enclenche en coulisses pour éviter l'embolie : le plan ORSAN. Méconnu du grand public, il est devenu le mot que prononcent ministres et directeurs d'hôpital dès qu'il faut, selon la formule consacrée, que « le système de santé tienne ». Voici ce qu'il recouvre.

Que veut dire ORSAN ?

ORSAN est l'acronyme d'« Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles ». Né d'un décret du 6 octobre 2016 et inscrit dans le Code de la santé publique, il poursuit un but simple : organiser la montée en charge coordonnée de tous les acteurs du soin — hôpitaux publics et cliniques, Samu, médecine de ville, secteur médico-social — lorsqu'un événement exceptionnel fait gonfler le nombre de patients. Plutôt que de laisser chaque établissement improviser, ORSAN trace à l'avance les parcours de soins et la manière dont les renforts s'activent.

Le dispositif est piloté à l'échelon régional : c'est le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) qui l'arrête et le déclenche, après avis des préfets et en articulation avec le dispositif ORSEC, son équivalent du côté de la sécurité civile. En cas de crise majeure, le ministère chargé de la Santé peut l'activer au niveau national.

Les cinq volets du plan ORSAN

ORSAN n'est pas un plan unique mais une boîte à outils déclinée selon la nature de la menace. On en distingue cinq volets :

  • AMAVI : l'accueil massif de victimes après un accident, une catastrophe ou un attentat ;
  • EPI-CLIM : les tensions liées à une épidémie saisonnière, comme la grippe ou la bronchiolite, ou à un phénomène climatique — canicule, grand froid, pic de pollution ;
  • REB : le risque épidémique et biologique, connu ou émergent, soit le volet d'une pandémie ;
  • NRC : les accidents nucléaires, radiologiques ou chimiques ;
  • MEDICO-PSY : la prise en charge psychologique des victimes d'un événement grave.

Canicule, épidémies : les niveaux du volet EPI-CLIM

Le volet le plus fréquemment mobilisé, EPI-CLIM, fonctionne par paliers, du plus calme au plus tendu. Le premier niveau relève de la veille — surveillance des indicateurs hospitaliers, à l'image de la veille saisonnière canicule ouverte chaque 1er juin. Le deuxième renforce la coordination entre établissements. Le troisième, présenté par les autorités comme « la réponse face à une tension maximale », est le cran le plus élevé de mobilisation ; un quatrième correspond à la sortie de crise et au retour à la normale.

Concrètement, passer au niveau 3 déclenche l'ouverture de lits supplémentaires en hospitalisation et en soins critiques, la déprogrammation des opérations non urgentes, le rappel de soignants via une cellule de crise de l'ARS, et la mobilisation de la réserve sanitaire et d'étudiants en médecine. Lors d'une canicule d'une ampleur inédite, le ministère a porté pour la première fois ce volet à son niveau 3 sur l'ensemble du territoire, avec une enveloppe de 100 millions d'euros pour installer des dispositifs de rafraîchissement — une mesure de la pression que les vagues de chaleur font peser sur l'hôpital.

ORSAN, plan blanc, plan canicule : ne pas confondre

Trois dispositifs s'emboîtent et sont souvent mélangés. ORSAN est le cadre régional qui coordonne l'ensemble du système de santé. Le plan blanc, lui, se joue à l'échelle d'un seul établissement : c'est l'outil par lequel un hôpital rappelle ses soignants en congé, ouvre des lits et déprogramme, quand ORSAN orchestre la réponse au-dessus de lui. Le plan national canicule et la vigilance de Météo-France — verte, jaune, orange, rouge — relèvent encore d'une autre logique, météorologique et préfectorale, qui sert de signal d'alerte, et dont découlent les consignes sanitaires. ORSAN, c'est la réponse du soin ; la vigilance, l'alerte qui la déclenche.

Inscrit dans le droit en 2016, ORSAN est longtemps resté un sigle d'initiés. Il fonctionne pourtant comme un baromètre : quand son niveau grimpe, c'est que l'hôpital, déjà sous tension chronique, approche de la saturation.

L'essentiel

  • Le plan ORSAN (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles), créé par un décret de 2016, organise la montée en charge coordonnée des hôpitaux, du Samu et de la médecine de ville face aux crises.
  • Il se décline en cinq volets — afflux de victimes (AMAVI), épidémies et climat (EPI-CLIM), risque biologique (REB), nucléaire-chimique (NRC) et médico-psychologique — et est piloté par les agences régionales de santé.
  • Le volet EPI-CLIM monte par paliers jusqu'au niveau 3, la « réponse à une tension maximale » (lits supplémentaires, déprogrammations, réserve sanitaire) — à ne pas confondre avec le plan blanc, propre à chaque hôpital.

Questions fréquentes

Que veut dire ORSAN ?
ORSAN signifie « Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles ». Créé par un décret de 2016, il organise la montée en charge coordonnée des hôpitaux, du Samu et de la médecine de ville face à une crise.
Qui déclenche le plan ORSAN ?
Il est arrêté et activé par le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS), après avis des préfets. En cas de crise majeure, le ministère chargé de la Santé peut l'activer au niveau national.
Quels sont les niveaux du plan ORSAN EPI-CLIM ?
Le volet épidémies et climat monte par paliers : veille (niveau 1), renforcement de la coordination (niveau 2), réponse à une tension maximale (niveau 3) et retour à la normale (niveau 4).
Quelle différence entre le plan ORSAN et le plan blanc ?
Le plan blanc s'applique à un seul établissement, qui rappelle ses personnels et ouvre des lits. ORSAN est le cadre régional, piloté par l'ARS, qui coordonne l'ensemble des acteurs de santé au-dessus des plans blancs.
Quels sont les volets du plan ORSAN ?
Ils sont au nombre de cinq : AMAVI (afflux de victimes), EPI-CLIM (épidémies et phénomènes climatiques), REB (risque épidémique et biologique), NRC (nucléaire, radiologique, chimique) et MEDICO-PSY (prise en charge psychologique).

Hélène Fabre

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