La première phase des pourparlers de paix entre l'Iran et les États-Unis s'est achevée tôt le lundi 22 juin au Bürgenstock, au-dessus du lac de Lucerne, sur ce que le vice-président américain JD Vance a qualifié de « bases très solides pour aboutir à un accord final réussi ». Engagées le 21 juin pour donner corps au protocole d'accord signé le 17 juin, ces discussions doivent solder plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. Mais le lendemain, mardi 23 juin, un nouveau point d'achoppement a surgi : l'Iran a refusé l'accès de ses sites nucléaires aux inspecteurs de l'agence onusienne.
Le nucléaire, nouveau point de friction
Téhéran a fait savoir le mardi 23 juin qu'il n'entendait pas, à ce stade, laisser l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) inspecter ses sites clés, bombardés pendant la guerre par Israël et les États-Unis. La veille, le lundi 22 juin, JD Vance avait pourtant assuré que les Iraniens avaient « accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs », y voyant un « premier pas » vers « l'arrêt définitif du programme d'armement nucléaire iranien ». Le revirement laisse planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un contentieux de fond avec Washington. L'Iran a toujours nié vouloir se doter de l'arme atomique, tout en défendant son droit à une filière nucléaire civile.
Les pourparlers, où le Pakistan et le Qatar jouent les médiateurs, doivent aboutir à un document final sous un délai de soixante jours renouvelables. La diplomatie s'est aussitôt déployée : le secrétaire d'État américain Marco Rubio est attendu jusqu'au jeudi 25 juin aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, tandis que le président iranien Massoud Pezeshkian effectue une visite d'État à Islamabad et que ses négociateurs se rendent à Oman pour évoquer Ormuz.
Ormuz, le levier que Téhéran ne lâche pas
Car le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du pétrole et du gaz mondial, reste au cœur du bras de fer. Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, également président du Parlement, s'est rendu à Oman pour en discuter : Téhéran et Mascate ont annoncé étudier les « coûts » des services liés à l'administration du détroit, en soulignant « leur souveraineté sur leurs eaux territoriales » — une manière de signifier que les conditions de passage ne reviendraient pas à celles d'avant-guerre. Le protocole prévoit pourtant sa réouverture : le lundi 22 juin, le trafic y a atteint un niveau record depuis le début du conflit, avec trente-sept navires de matières premières, selon la plateforme spécialisée Kpler. Les marchés ont soufflé : monté à plus de 126 dollars au paroxysme de la guerre, le baril de Brent est repassé sous 78 dollars.
Washington, pressé d'éteindre un conflit qui pèse sur le pouvoir d'achat américain, multiplie les gestes : le Trésor a autorisé « toutes les transactions » sur le pétrole iranien jusqu'au 21 août. Sur le déblocage des avoirs gelés de Téhéran, JD Vance s'est montré plus prudent, assurant qu'un tel geste « ne servirait pas à financer le terrorisme » ; le gouverneur de la Banque centrale iranienne a de son côté démenti l'idée, avancée par Donald Trump, que ces avoirs devraient obligatoirement servir à acheter des biens « exclusivement en provenance des États-Unis ».
Le Liban, premier test de l'accord
Sur le front libanais, que Téhéran a tenu à associer aux discussions, une cinquième session de négociations directes entre le Liban et Israël doit s'ouvrir le mardi 23 juin à Washington, alors que les deux pays n'ont pas de relations diplomatiques. Le Hezbollah pro-iranien, qui a entraîné le Liban dans la guerre début mars, rejette ce processus défendu par le président libanais Joseph Aoun. Le protocole prévoit une « cellule de gestion des conflits » pour faire taire les armes entre Israël et le Hezbollah. Une accalmie tient depuis quelques jours, mais des tirs israéliens ont encore fait deux morts le mardi 23 juin ; côté libanais, les opérations israéliennes ont fait plus de 4 100 morts depuis le début de la guerre.
À des milliers de kilomètres des salons feutrés du Bürgenstock, l'attente n'a rien d'abstrait. Dans le village de Tayr Debba, au sud du Liban, Fadi Zayat résume ce que pèsent ces tractations pour ceux qui les subissent : « La peur domine chez tout le monde. »
Ces pourparlers n'ont pas abouti. La trêve s'est effondrée début juillet : de nouvelles frappes américaines, des attaques de pétroliers dans le détroit et le rétablissement des sanctions ont fait voler l'accord en éclats, et le 12 juillet les Gardiens de la révolution ont de nouveau déclaré Ormuz fermé. Le baril, un temps retombé, est reparti à la hausse au-dessus de 78 dollars, et le processus s'est effondré avant son terme, sans accord final.











