Après des mois de guerre, Washington et Téhéran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi un accord de paix censé mettre fin « immédiatement » aux combats au Moyen-Orient, sur tous les fronts, Liban compris. L'annonce est venue du médiateur pakistanais ; la cérémonie de signature est attendue le 19 juin à Genève. Washington comme Téhéran s'en sont félicités, chacun à sa façon.
Un accord censé arrêter la guerre « sur tous les fronts »
C'est le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, médiateur clé du conflit, qui a annoncé sur X que les États-Unis et l'Iran étaient parvenus à un « accord de paix » mettant fin sans délai à toutes les opérations militaires dans la région. « Maintenant que l'accord est conclu, les médiateurs faciliteront une série de réunions cette semaine » pour préparer « les pourparlers techniques et la cérémonie officielle de signature », a-t-il écrit. Côté iranien, le vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a confirmé à la télévision d'État « la fin immédiate et définitive de la guerre et des opérations militaires sur les différents fronts, y compris au Liban ».
L'accord, présenté comme une première étape, doit être complété par des pourparlers techniques dans les semaines à venir. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, y a vu une « étape cruciale » vers la paix. S'il tient, il referme la guerre entre l'Iran et les États-Unis déclenchée le 28 février, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
Une signature attendue à Genève
Selon le médiateur, la cérémonie officielle se tiendra le 19 juin à Genève. Le vice-président américain, JD Vance, a indiqué à Fox News qu'il comptait y assister « dans quelques jours », ajoutant que la présence de Donald Trump était « possible ». Le président américain a, lui, promis sur sa plateforme Truth Social que le détroit d'Ormuz rouvrirait dès la signature, « afin de permettre le déminage », pour que « le pétrole coule à nouveau des deux côtés ». Une précision qui corrige un précédent message évoquant une réouverture immédiate.
Deux récits de victoire
Chacun revendique le dénouement. « Ce grand accord apportera la paix et la sécurité à toute la région », a écrit Donald Trump. À Téhéran, Kazem Gharibabadi a assuré que « la République islamique d'Iran a remporté de grandes victoires » et que l'ennemi avait vu « tous ses objectifs réduits à néant » ; l'état-major iranien a parlé d'« ennemis américains et sionistes humiliés », sommés « d'accepter la défaite ».
L'annonce intervient au lendemain d'une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, qui avait fait trois morts et poussé Téhéran à menacer d'une riposte « imminente » — un épisode qui avait, de l'aveu de Donald Trump, retardé l'accord « de quelques heures ». Sur le terrain, la guerre n'est pas encore officiellement close : rien ne sera paraphé avant la cérémonie du 19 juin, au terme d'une semaine de réunions préparatoires.











