Le record n'aura tenu qu'un an. Avec une température moyenne de 20,74 °C, l'Europe occidentale a connu le mois de juin le plus chaud jamais mesuré sur son sol, a annoncé jeudi 9 juillet l'observatoire climatique européen Copernicus dans son rapport mensuel : 3,06 °C au-dessus des normales de la période 1991-2020, devant juin 2025, qui détenait la marque.
À l'échelle de la planète, ce mois de juin se classe deuxième, à 0,12 °C seulement du record établi en 2024. Même rang pour le continent européen pris dans son ensemble, où juin 2019 conserve la première place. Les températures mondiales du mois ont dépassé de 1,39 °C la moyenne de l'ère préindustrielle, la période 1850-1900 qui sert de référence, toujours selon l'observatoire.
Ces records portent la marque de la vague de chaleur de la seconde quinzaine de juin, souligne l'observatoire, lorsqu'un dôme de chaleur — un système de haute pression qui agit à la manière d'un couvercle posé sur une marmite — est resté installé plusieurs jours sur le continent. Du 15 au 30 juin, 410 millions d'Européens, soit plus des deux tiers de la population, ont subi des températures supérieures à 35 °C, selon une analyse de l'AFP. Des milliers de décès ont été liés à cet épisode, principalement en France, en Espagne et en Belgique. La vague « a contribué à de graves répercussions sur la santé, notamment des décès liés à la chaleur », écrit Copernicus.

Le mois de juin le plus chaud aussi en France
Plusieurs pays ont annoncé leurs propres records ces derniers jours : la France a vécu, elle aussi, son mois de juin le plus chaud jamais enregistré, et l'Espagne son premier semestre le plus chaud. La Méditerranée a connu une vague de chaleur marine record, qui a aussi touché les côtes atlantiques du continent et mis des écosystèmes en danger, relève l'observatoire. Les océans du globe n'avaient jamais été aussi chauds en juin, au moment où le phénomène El Niño se développe dans le Pacifique tropical.
La sécheresse a favorisé la propagation des feux de forêt dans la péninsule Ibérique et le sud de la France, note encore Copernicus. Et l'enchaînement se poursuit : une troisième vague de chaleur frappe l'Europe cette semaine. En France, neuf départements de l'Ouest ont été placés en vigilance rouge canicule vendredi 10 juillet, et Météo-France en annonce vingt-quatre pour samedi, du Morbihan à la région parisienne, pendant que les nappes phréatiques baissent et que les incendies ont déjà parcouru 25 000 hectares dans le pays.

Des vagues de chaleur plus intenses et plus longues
« Le changement climatique est en train de passer du statut de problème futur abstrait et statistique, dont on prend connaissance dans des rapports, à celui d'une réalité concrète et perturbatrice de la vie quotidienne », analyse auprès de l'AFP Samantha Burgess, responsable stratégique des questions climatiques au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, l'organisation intergouvernementale qui gère Copernicus. L'Europe « se réchauffe bien plus vite que la moyenne mondiale », souligne-t-elle, en pointant notamment les changements de circulation atmosphérique.
Ces changements annoncent, selon elle, des épisodes plus nombreux à l'avenir : « Elles seront plus intenses, dureront plus longtemps et toucheront davantage de zones géographiques », prévient la scientifique au sujet des vagues de chaleur à venir, en appelant à atteindre « dès que possible » la neutralité en matière d'émissions de gaz à effet de serre.
Le réseau de climatologues World Weather Attribution a de son côté jugé la vague de juin « la plus intense jamais enregistrée » en Europe, et « pratiquement impossible » sans le changement climatique. Un phénomène similaire survenu en juin 2003 aurait été plus frais d'environ 2 °C.











