Le Tour de France s'élance de Barcelone en fin de journée, entre 17h05 et 19h15, pour épargner aux coureurs le plus fort du soleil — 32 à 33 degrés attendus à l'ombre. Plus de 35 degrés sont annoncés mardi entre Carcassonne et Foix, et le ministère de l'Intérieur a franchi un cap inédit : les préfets sont désormais autorisés à annuler une étape, « à titre exceptionnel », en cas de vigilance rouge canicule. Le même week-end, les Bleus affrontent le Paraguay sous la chaleur du Mondial. Ce que les organisateurs redoutent porte un nom médical précis : l'hyperthermie d'effort.
Le danger ne concerne pas que les professionnels. Pendant la canicule de juin, des soignants ont alerté sur des cas graves survenus chez de jeunes adultes après des efforts excessifs — joggeurs, randonneurs, sportifs du dimanche persuadés que leur âge les protège.
Qu'est-ce que l'hyperthermie d'effort ?
Aussi appelée coup de chaleur d'exercice, elle se définit par l'apparition brutale de troubles neurologiques pendant ou juste après un effort musculaire intense, avec une température centrale égale ou supérieure à 40 °C. Le corps produit alors plus de chaleur qu'il ne parvient à en évacuer : la machine de refroidissement — la transpiration — est débordée, puis lâche. C'est une urgence vitale, qui frappe volontiers des sujets jeunes et en bonne santé, et qui ne nécessite même pas une canicule : un effort trop intense par temps chaud et humide suffit.
Les signes qui doivent tout arrêter
Les signaux d'alerte décrits par les référentiels médicaux tiennent en trois familles : des troubles du comportement — confusion, agitation, propos incohérents, démarche anormale —, une peau qui devient sèche et brûlante alors que la transpiration s'arrête paradoxalement, et, au pire, la perte de connaissance. Détail traître : la victime, dont le jugement est précisément altéré, minimise presque toujours. C'est donc à l'entourage — coéquipiers, encadrants, proches — de repérer le coureur qui divague ou titube, de tout arrêter et d'appeler le 15 ou le 112.
Refroidir d'abord, transporter ensuite
En attendant les secours, une seule priorité, martelée par Santé publique France : faire chuter la température par tous les moyens, dans les trente minutes. L'idéal est l'immersion du corps dans une eau à moins de 20 °C ; à défaut, ombre, eau versée sur tout le corps, glace, ventilation. Chaque minute compte davantage que le transport lui-même.
La prévention, elle, se joue avant. Courir tôt le matin ou tard le soir, jamais aux heures les plus chaudes ; s'acclimater — la tolérance à la chaleur se construit sur une à deux semaines d'exposition progressive ; boire régulièrement sans excès ; renoncer quand le corps le demande, comme on le ferait au travail sous la canicule. Les recommandations complètes, publiées par le ministère des Sports, valent pour le match de quartier comme pour le reste de l'été.
Le peloton du Tour, lui, roulera en horaires aménagés, escorté de motos « fraîcheur » et de camions brumisateurs. Et pour la première fois en 113 éditions, l'annulation d'une étape pour cause de chaleur est officiellement une option.











