Aller au contenu principal

Sport par forte chaleur :
reconnaître l'hyperthermie d'effort

Le Tour de France aménage ses horaires, le Mondial joue sous la chaleur, et les urgentistes voient arriver des sportifs amateurs en hyperthermie. Pourquoi l'effort par temps chaud peut tuer, comment repérer les signes et pourquoi il faut refroidir avant tout.

3 min
Tadej Pogacar à l'entraînement sous la chaleur avant le départ du Tour de France à Barcelone
Tadej Pogacar à l'entraînement à Barcelone, deux jours avant un Tour de France placé sous le signe de la chaleur.© AFP

Le Tour de France s'élance de Barcelone en fin de journée, entre 17h05 et 19h15, pour épargner aux coureurs le plus fort du soleil — 32 à 33 degrés attendus à l'ombre. Plus de 35 degrés sont annoncés mardi entre Carcassonne et Foix, et le ministère de l'Intérieur a franchi un cap inédit : les préfets sont désormais autorisés à annuler une étape, « à titre exceptionnel », en cas de vigilance rouge canicule. Le même week-end, les Bleus affrontent le Paraguay sous la chaleur du Mondial. Ce que les organisateurs redoutent porte un nom médical précis : l'hyperthermie d'effort.

Le danger ne concerne pas que les professionnels. Pendant la canicule de juin, des soignants ont alerté sur des cas graves survenus chez de jeunes adultes après des efforts excessifs — joggeurs, randonneurs, sportifs du dimanche persuadés que leur âge les protège.

Qu'est-ce que l'hyperthermie d'effort ?

Aussi appelée coup de chaleur d'exercice, elle se définit par l'apparition brutale de troubles neurologiques pendant ou juste après un effort musculaire intense, avec une température centrale égale ou supérieure à 40 °C. Le corps produit alors plus de chaleur qu'il ne parvient à en évacuer : la machine de refroidissement — la transpiration — est débordée, puis lâche. C'est une urgence vitale, qui frappe volontiers des sujets jeunes et en bonne santé, et qui ne nécessite même pas une canicule : un effort trop intense par temps chaud et humide suffit.

Les signes qui doivent tout arrêter

Les signaux d'alerte décrits par les référentiels médicaux tiennent en trois familles : des troubles du comportement — confusion, agitation, propos incohérents, démarche anormale —, une peau qui devient sèche et brûlante alors que la transpiration s'arrête paradoxalement, et, au pire, la perte de connaissance. Détail traître : la victime, dont le jugement est précisément altéré, minimise presque toujours. C'est donc à l'entourage — coéquipiers, encadrants, proches — de repérer le coureur qui divague ou titube, de tout arrêter et d'appeler le 15 ou le 112.

Refroidir d'abord, transporter ensuite

En attendant les secours, une seule priorité, martelée par Santé publique France : faire chuter la température par tous les moyens, dans les trente minutes. L'idéal est l'immersion du corps dans une eau à moins de 20 °C ; à défaut, ombre, eau versée sur tout le corps, glace, ventilation. Chaque minute compte davantage que le transport lui-même.

La prévention, elle, se joue avant. Courir tôt le matin ou tard le soir, jamais aux heures les plus chaudes ; s'acclimater — la tolérance à la chaleur se construit sur une à deux semaines d'exposition progressive ; boire régulièrement sans excès ; renoncer quand le corps le demande, comme on le ferait au travail sous la canicule. Les recommandations complètes, publiées par le ministère des Sports, valent pour le match de quartier comme pour le reste de l'été.

Le peloton du Tour, lui, roulera en horaires aménagés, escorté de motos « fraîcheur » et de camions brumisateurs. Et pour la première fois en 113 éditions, l'annulation d'une étape pour cause de chaleur est officiellement une option.

L'essentiel

  • L'hyperthermie d'effort associe troubles neurologiques et température corporelle d'au moins 40 °C pendant ou juste après un effort intense.
  • Signes d'alerte : confusion, propos incohérents, peau sèche et brûlante, perte de connaissance — la victime elle-même minimise presque toujours.
  • La priorité absolue est de refroidir par tous les moyens en moins de trente minutes, idéalement par immersion, en appelant le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un coup de chaleur d'exercice ?
L'apparition brutale de troubles neurologiques — confusion, agitation, propos incohérents, perte de connaissance — pendant ou juste après un effort intense, avec une température centrale d'au moins 40 °C. C'est une urgence vitale, qui touche souvent des sujets jeunes et en bonne santé.
Quels sont les signes d'un coup de chaleur pendant le sport ?
Un comportement inhabituel (confusion, propos incohérents, démarche anormale), une peau qui devient sèche et brûlante parce que la transpiration s'arrête, des nausées, puis la perte de connaissance. La personne atteinte minimise généralement ses symptômes : c'est à l'entourage de donner l'alerte.
Que faire en cas d'hyperthermie d'effort ?
Arrêter immédiatement l'effort, appeler le 15 ou le 112, et refroidir par tous les moyens en moins de trente minutes : immersion dans une eau à moins de 20 °C si possible, sinon ombre, eau sur tout le corps, glace, ventilation. Le refroidissement prime sur le transport.
Peut-on faire du sport pendant une canicule ?
Les recommandations officielles invitent à reporter l'effort intense aux heures fraîches, tôt le matin ou tard le soir, à réduire l'intensité, à boire régulièrement sans excès et à s'acclimater progressivement — la tolérance à la chaleur se construit sur une à deux semaines.

Partagez cet article

Plus d'actualités Santé

Voir tout

La synthèse de la semaine

Chaque vendredi : l'essentiel des 7 derniers jours et les signaux à suivre pour les 7 prochains.

Gratuit · 1 email/semaine · Désabonnement en un clic