Plus de la moitié des 53 vagues de chaleur mesurées en France depuis 1947 sont survenues après 2010. La dernière en date vient d'ajouter une ligne au tableau : seize jours de chaleur continue, du 4 au 19 juillet, ce qui en fait la troisième plus longue jamais enregistrée dans le pays, a annoncé Météo-France — à égalité avec celles d'août 2003, de l'été 2018 et de l'été 2025.
Le record de longévité tient toujours : juillet 1983 et ses 23 jours de chaleur ininterrompue, devant juillet 2006 (21 jours). Pour départager les épisodes, les climatologues s'appuient sur l'indicateur thermique national, une température moyenne à l'échelle du pays calculée sur trente stations de référence. Au plus fort de l'épisode, il a atteint 28,1 °C — plus de 7 °C au-dessus des normales de saison.

Durée, intensité, sévérité : trois classements, trois lectures
La durée n'est qu'une des façons de mesurer une canicule. À l'aune de l'intensité, c'est la vague du 17 au 30 juin qui domine l'histoire des relevés : avec un indicateur thermique national monté à 30 °C, elle est de loin la plus forte jamais enregistrée, devant celle de juillet 2019 (29,4 °C). Et si l'on combine durée et intensité — ce que les climatologues appellent la sévérité —, la vague historique d'août 2003 conserve la première place (indice 59,4), devant celle de juin dernier (51,1), selon les données combinées par l'AFP. Un classement qui rappelle que la mesure météorologique ne dit pas tout : 2003 reste aussi la canicule la plus meurtrière, avec 15 000 morts, et le bilan humain de cet été s'écrit déjà.
Trois canicules en moins de deux mois
L'épisode de juillet était le troisième de l'année — en moins de deux mois. La répétition n'a rien d'une anomalie statistique : signe du réchauffement climatique, plus de la moitié des 53 vagues de chaleur répertoriées depuis 1947 sont intervenues après 2010, dans un pays qui se réchauffe plus vite que la moyenne du globe. Les effets de cet enchaînement se mesurent désormais bien au-delà des thermomètres, jusque dans le niveau des nappes phréatiques.
La série de Météo-France raconte l'accélération mieux qu'aucun commentaire : plus de six décennies pour remplir la première moitié du tableau — à peine quinze ans pour la seconde.











