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Hajj 2026 :
1,5 million de pèlerins sur le mont Arafat, sous une chaleur extrême

Plus de 1,5 million de musulmans prient sur le mont Arafat, étape phare du hajj, sous plus de 45 °C. Le cœur du pèlerinage de l'islam se déroule cette année sur fond de négociations entre les États-Unis et l'Iran, avec environ 30 000 pèlerins iraniens présents.

Mis à jour le mardi 26 mai 2026 — 12h10
4 min
Vue aérienne du complexe de la Grande Mosquée de La Mecque, où les musulmans effectuent la prière du soir autour de la Kaaba, le 24 mai 2026 en Arabie saoudite, avant le pèlerinage annuel du Hajj
Vue aérienne du complexe de la Grande Mosquée de La Mecque, où les musulmans effectuent la prière du soir autour de la Kaaba, le 24 mai 2026 en Arabie saoudite, avant le pèlerinage annuel du Hajj© AFP / Zain JAAFAR

Le jour de Arafat : 1,5 million de pèlerins sur la colline du dernier sermon

Mardi 26 mai, étape phare du hajj : plus de 1,5 million de musulmans prient sur le mont Arafat, une colline de 70 mètres située à une vingtaine de kilomètres de La Mecque, où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. Dès l'aube, vêtus de l'ihram — deux pans de tissu blanc —, les fidèles s'y rassemblent pour prier et réciter le Coran, sous des températures dépassant 45 °C. Le site n'offrant quasiment pas d'ombre, ils restent exposés des heures au soleil du désert : des équipes médicales ont été déployées et des volontaires distribuent des parasols.

« C'est un sentiment indescriptible », confie Ahmoud Abou Elezz, ingénieur égyptien de 35 ans, qui marche vers Arafat pour la première fois. Les pèlerins gagneront ensuite Muzdalifah, où ils ramassent les cailloux de la « lapidation du diable », qui débute mercredi, jour de l'Aïd al-Adha. La veille, lundi 25 mai, ils avaient entamé le pèlerinage par le tawaf — sept tours autour de la Kaaba, au cœur de la Grande Mosquée — avant de rejoindre la cité de tentes de Mina. Selon Ryad, le hajj a attiré cette année plus de fidèles que le précédent.

Contre la chaleur, un dispositif hors norme

La chaleur reste l'ennemie numéro un du hajj. Pour protéger les fidèles, l'Arabie saoudite a déployé sur les esplanades de la Grande Mosquée un puissant circuit de climatisation, des brumisateurs géants et des systèmes de refroidissement des sols ; des bouteilles d'eau sont distribuées gratuitement, et les tentes de Mina sont climatisées. Échaudé par des éditions précédentes endeuillées par des coups de chaleur, le royaume a aussi durci ses contrôles d'accès pour écarter les pèlerins non autorisés — première cause de surpopulation sur les sites.

Un pèlerinage sur fond de diplomatie régionale

Cette édition s'ouvre en pleines tractations entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin au conflit régional déclenché par l'attaque israélo-américaine du 28 février contre Téhéran — un conflit qui a visé les pays du Golfe, frappés par des drones et des missiles iraniens. Le jour même, Donald Trump réclamait que des pays musulmans, dont l'Arabie saoudite, normalisent leurs relations avec Israël. Mais Ryad tient à garder la politique à distance du hajj, où prient des milliers de fidèles iraniens. « Le conflit en Iran a affecté le monde entier. Personne ne veut de guerres », confie à l'AFP Mohammed Chahada, un pèlerin égyptien. Le royaume reste néanmoins sur le qui-vive : sa défense aérienne a été chargée de « protéger le ciel au-dessus des lieux saints ». Quelque 30 000 pèlerins iraniens sont sur place, selon la compagnie Iran Air citée par l'agence Irna — bien moins que les 86 000 attendus initialement, en raison de la guerre.

Le hajj, cinquième pilier de l'islam

Le hajj est l'un des cinq piliers de l'islam : tout musulman qui en a les moyens doit l'accomplir au moins une fois dans sa vie. Avant d'entrer à La Mecque, les pèlerins se mettent en état de pureté, l'ihram — les hommes revêtent un drap blanc sans couture, qui efface les différences de statut et de nationalité ; les femmes portent des robes amples ne laissant paraître que le visage et les mains. Le rituel se déroule sur plusieurs jours : tours de la Kaaba, nuit à Mina, station au mont Arafat, lapidation symbolique du diable, puis la fête de l'Aïd al-Adha, qui tombe cette année le 27 mai. Gardienne des lieux saints de La Mecque et de Médine, l'Arabie saoudite tire chaque année des milliards de dollars du hajj et de la Omra, le petit pèlerinage.

L'essentiel

  • Mardi 26 mai 2026, plus de 1,5 million de musulmans prient sur le mont Arafat, étape phare du hajj, sous des températures dépassant 45 °C.
  • Les pèlerins gagnent ensuite Muzdalifah pour la « lapidation du diable », qui débute mercredi, jour de la fête de l'Aïd al-Adha (27 mai).
  • Environ 30 000 pèlerins iraniens sont sur place, contre 86 000 attendus, en raison de la guerre déclenchée le 28 février.
  • L'Arabie saoudite a déployé un dispositif anti-chaleur hors norme (climatisation, brumisateurs, refroidissement des sols) et durci les contrôles d'accès.
  • Le hajj, cinquième pilier de l'islam, se tient sur fond de négociations entre les États-Unis et l'Iran ; Ryad maintient la politique à l'écart du pèlerinage.

Questions fréquentes

Quand a lieu le hajj 2026 ?
Le hajj 2026 a débuté le lundi 25 mai. La station au mont Arafat, étape phare, a lieu le mardi 26 mai, suivie de la « lapidation du diable » et de la fête de l'Aïd al-Adha le 27 mai.
Qu'est-ce que le jour de Arafat ?
C'est le temps fort du hajj : les pèlerins se rassemblent sur le mont Arafat, une colline à une vingtaine de kilomètres de La Mecque, pour prier de l'aube au coucher du soleil, là où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon.
Combien de pèlerins participent au hajj 2026 ?
Plus de 1,5 million de musulmans, selon les autorités saoudiennes, soit davantage que l'an passé. Environ 30 000 pèlerins iraniens sont présents, contre 86 000 attendus, en raison de la guerre.
Pourquoi fait-il si chaud pendant le hajj ?
Le pèlerinage se tient en pleine saison chaude en Arabie saoudite, avec des températures dépassant 45 °C. La chaleur est la première cause de malaises ; le royaume déploie climatisation, brumisateurs et distributions d'eau.
Quel lien entre le hajj 2026 et le conflit Iran–États-Unis ?
Le pèlerinage coïncide avec les négociations pour mettre fin au conflit régional déclenché le 28 février. L'Arabie saoudite tient à garder la politique à l'écart des lieux saints, où prient des milliers de fidèles iraniens.

Antoine Lefebvre

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