Chaque année, des millions de musulmans convergent vers La Mecque, en Arabie saoudite, pour accomplir le hajj, le grand pèlerinage. Cinquième pilier de l'islam, il rassemble en quelques jours des fidèles venus du monde entier autour d'une série de rites précis — sous une chaleur qui constitue, édition après édition, le principal danger.
Le hajj, cinquième pilier de l'islam
Le hajj est l'un des cinq piliers de l'islam : tout musulman qui en a les moyens, physiques et financiers, doit l'accomplir au moins une fois dans sa vie. Il se tient chaque année aux mêmes dates du calendrier musulman, lunaire — si bien qu'il se décale d'environ onze jours par an dans le calendrier grégorien, et tombe régulièrement en plein été. Gardienne des lieux saints de La Mecque et de Médine, l'Arabie saoudite tire chaque année des milliards de dollars du hajj et de la Omra, le « petit pèlerinage » qui, lui, peut s'accomplir à tout moment.
L'ihram et le déroulé des rites
Avant d'entrer à La Mecque, les pèlerins se mettent en état de pureté rituelle, l'ihram. Les hommes revêtent deux pans de tissu blanc sans couture, qui effacent les différences de statut et de nationalité ; les femmes portent des vêtements amples ne laissant paraître que le visage et les mains.
Le rituel s'étire sur plusieurs jours. Il s'ouvre par le tawaf — sept tours autour de la Kaaba, l'édifice cubique au cœur de la Grande Mosquée vers lequel les musulmans se tournent pour prier. Les fidèles gagnent ensuite la cité de tentes de Mina, puis le mont Arafat, une colline d'une soixantaine de mètres à une vingtaine de kilomètres de La Mecque, où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. La station à Arafat, journée entière de prière en plein soleil, est le temps fort du pèlerinage. Vient ensuite Muzdalifah, où les pèlerins ramassent les cailloux de la « lapidation du diable », rite symbolique, avant l'Aïd al-Adha, la « fête du sacrifice », qui clôt le hajj.
La chaleur, principal danger
Parce qu'il tombe souvent en été, le hajj se déroule régulièrement sous des températures qui dépassent 45 °C. Le mont Arafat n'offrant quasiment pas d'ombre, les fidèles y restent exposés des heures au soleil du désert, et plusieurs éditions ont été endeuillées par des coups de chaleur meurtriers. Les recommandations rejoignent celles de tout épisode de canicule : s'hydrater, se couvrir la tête, fuir l'exposition aux heures les plus chaudes. Pour protéger les pèlerins, l'Arabie saoudite déploie un dispositif hors norme — circuits de climatisation et brumisateurs géants sur les esplanades, refroidissement des sols, tentes climatisées à Mina, distribution gratuite d'eau, équipes médicales et parasols. Le royaume durcit aussi les contrôles d'accès pour écarter les pèlerins non autorisés, première cause de surpopulation sur les sites — facteur aggravant des bousculades.
Quels que soient leur pays ou leur fortune, les pèlerins se fondent dans une même foule vêtue de blanc : c'est cette égalité rituelle, autant que l'accomplissement d'un devoir religieux, que beaucoup décrivent comme l'expérience d'une vie.











