Le jour de ses 80 ans, dimanche, Donald Trump a fait dresser une cage de MMA sur les pelouses de la Maison Blanche. Sous une arche métallique de 28 mètres — baptisée « La Griffe », plus haute que la résidence présidentielle —, sept combats d'arts martiaux mixtes doivent s'enchaîner en soirée, devant 4 000 invités triés sur le volet et jusqu'à 125 000 curieux massés dans un parc voisin, devant écran géant.
Le spectacle, évalué à 60 millions de dollars par la presse — la Maison Blanche assure que l'UFC, l'organisation qui le pilote, le finance intégralement —, se tient alors que la guerre contre l'Iran, déclenchée par Washington et Israël le 28 février, pèse sur le coût de la vie des Américains. L'anniversaire pourrait même coïncider avec la signature, annoncée par M. Trump, d'un accord censé mettre fin au conflit, que Téhéran n'a pas confirmée.
L'événement tombe à la veille du sommet du G7, à Évian : le président doit y retrouver dès lundi des dirigeants que cette guerre a irrités.
« Le plus grand spectacle au monde »
« Le plus grand spectacle au monde », a promis le président, fidèle à son goût de la démesure. Fanfares militaires, survol aérien et parachutistes sont annoncés autour de l'octogone, où combattra notamment le Français Ciryl Gane, opposé au Brésilien Alex Pereira. Baptisé « Freedom 250 », l'événement s'inscrit dans les 250 ans de la Déclaration d'indépendance américaine.
Le MMA, populaire chez les jeunes hommes — un électorat qui a compté dans son retour au pouvoir —, épouse le goût de M. Trump pour la virilité décomplexée : les combattants, a-t-il dit au New York Post, sont « les gens les plus endurcis » qu'on puisse rencontrer. Dana White, patron de l'UFC et proche du président, orchestre la soirée. Son organisation se défend de mêler sport et politique : « une occasion unique de célébrer ce pays et nos athlètes », plaide l'un de ses dirigeants, Craig Borsari, qui assure qu'elle aurait monté le même projet « à 100 % » avec un président démocrate.
L'âge et la guerre en toile de fond
Le faste éclipse les interrogations sur l'âge du président, le plus vieux jamais élu aux États-Unis, nourries par des hématomes maquillés sur ses mains et des moments où il a semblé s'assoupir en public — son médecin le dit en excellente santé. Dans une vidéo diffusée par son entourage, M. Trump admet n'être « pas ravi » de fêter cet anniversaire : « Ce n'est pas un chiffre qui me plaît, mais je suis là quand même. »
La guerre affleure jusque dans la fête : selon le président, le ministère de la Défense profitera de la soirée pour inviter la jeunesse américaine à « rejoindre notre grande machine de combat ». « Il gère sa présidence comme il a géré sa carrière : comme un grand spectacle tape-à-l'œil », résume Peter Loge, de l'université George Washington. Restait un aléa qu'aucun décret ne maîtrise : la pluie et l'orage menaçaient la soirée, au grand agacement de Dana White, lassé « d'entendre parler de la météo ».











