Aller au contenu principal

Pour ses 80 ans, Trump transforme la Maison Blanche en arène de MMA

Donald Trump a fêté ses 80 ans en transformant les pelouses de la Maison Blanche en arène de MMA. Un show démesuré, évalué à 60 millions de dollars, qui détonne alors que la guerre contre l’Iran pèse sur le budget des Américains.

Mis à jour le dimanche 12 juillet 2026 — 02h16
4 min
Donald Trump, en casquette « USA », et son épouse Melania suivent les combats de MMA
Donald Trump, en casquette « USA », son épouse Melania et le patron de l’UFC Dana White (au premier plan) assistent aux combats de MMA organisés à la Maison Blanche pour les 80 ans du président, le 14 juin 2026 à Washington.© AFP / Kent Nishimura

Le 14 juin 2026, jour de ses 80 ans, Donald Trump a transformé les pelouses de la Maison Blanche en arène de MMA. Sous une arche métallique de 28 mètres — baptisée « La Griffe », plus haute que la résidence présidentielle —, sept combats d’arts martiaux mixtes se sont enchaînés en soirée, devant 4 000 invités triés sur le volet et quelque 100 000 curieux massés dans un parc voisin, devant écran géant.

Le spectacle, évalué à 60 millions de dollars par la presse américaine — la Maison Blanche assure que l’UFC, l’organisation qui l’a piloté, a réglé la facture —, s’est tenu alors que la guerre contre l’Iran, déclenchée par Washington et Israël le 28 février, pesait sur le budget des Américains ; le président disait alors espérer un accord de paix imminent, que Téhéran n’avait pas confirmé. L’événement tombait à la veille du sommet du G7, à Évian, où M. Trump s’est envolé dès le lendemain.

Zuckerberg au bord de la cage, Gane dans l’octogone

Combats de MMA dans l’octogone dressé à la Maison Blanche
Sept combats se sont succédé dans l’octogone dressé sur la pelouse sud de la Maison Blanche, le 14 juin 2026 à Washington.AFP / Kent Nishimura

Autour de la cage grillagée se pressaient des invités de marque, de Mark Zuckerberg, patron de Meta, à David Ellison, patron de Paramount, dont la chaîne détenait les droits exclusifs de diffusion. Baptisé « Freedom 250 », l’événement s’inscrivait dans les 250 ans de la Déclaration d’indépendance américaine. Dans l’octogone, c’est le Français Ciryl Gane qui a signé le combat vedette : le Vendéen de 36 ans a dominé le Brésilien Alex Pereira par KO technique, d’un coup du droit au visage après une minute et demie dans le deuxième round, et décroché la ceinture intérimaire UFC des poids lourds. Juste après, il a échangé une poignée de main avec Donald Trump, installé au bord de la cage. « On n’est pas du tout dans la politique », a réagi le combattant, « mais on a cette chance d’être exposé aux yeux du monde ».

Le combattant français Ciryl Gane avant son combat à la Maison Blanche
Le Français Ciryl Gane, gants levés, avant son combat victorieux contre le Brésilien Alex Pereira, à la Maison Blanche, le 14 juin 2026.AFP / Brendan Smialowski

« La Maison Blanche n’a jamais été aussi belle »

« La Maison Blanche n’a jamais été aussi belle. Le cadre était inégalé ! », s’est félicité le président le lendemain sur son réseau Truth Social, y voyant « l’un des jours les plus excitants de l’histoire de notre légendaire Maison Blanche ». Le MMA, populaire chez les jeunes hommes — un électorat qui a compté dans son retour au pouvoir —, épouse son goût pour la virilité décomplexée : les combattants, a-t-il dit au New York Post, sont « les gens les plus endurcis » que l’on puisse rencontrer. Dana White, patron de l’UFC et proche du président, orchestrait la soirée. Son organisation se défend de mêler sport et politique : « une occasion unique de célébrer ce pays et nos athlètes », a plaidé l’un de ses dirigeants, Craig Borsari, assurant qu’elle aurait monté le même projet « à 100 % » avec un président démocrate.

L’âge et la guerre en toile de fond

Le faste a éclipsé les interrogations sur l’âge du président, le plus vieux jamais élu aux États-Unis, qui assure être en excellente santé. « Ce n’est pas un chiffre qui me plaît, mais je suis là quand même », a lancé le désormais octogénaire. Tous les convives n’étaient pas des inconditionnels : Nyles Rife, trentenaire et fan de l’UFC, avouait ne pas être « le plus grand fan » de Trump « en ce moment », mais voyait dans la soirée quelque chose de « typiquement américain » — un sentiment que partageait Mark Toone, ancien Marine. Reste que le show, en pleine guerre, a fait grincer des dents, entre dépenses jugées somptuaires et mélange des genres avec le symbole de la démocratie américaine. « Il gère sa présidence comme il gérait sa carrière auparavant : comme un grand spectacle tape-à-l’œil », résume Peter Loge, de l’université George Washington.

L'essentiel

  • Le 14 juin 2026, pour ses 80 ans, Donald Trump a fait dresser une cage de MMA sur les pelouses de la Maison Blanche : sept combats sous une arche de 28 mètres, 4 000 invités et quelque 100 000 spectateurs, pour un show évalué à 60 millions de dollars.
  • Le Français Ciryl Gane a remporté le combat vedette face au Brésilien Alex Pereira, par KO technique au deuxième round, et décroché la ceinture intérimaire UFC des poids lourds, avant d’échanger une poignée de main avec le président.
  • Orchestré par Dana White (UFC), proche de Trump, l’événement « Freedom 250 » a détonné en pleine guerre contre l’Iran, entre dépenses jugées somptuaires et critiques sur le mélange du sport et du symbole présidentiel.

Antoine Lefebvre

Partagez cet article

Pour aller plus loin

Plus d'actualités Monde

Voir tout

La synthèse de la semaine

Chaque vendredi : l'essentiel des 7 derniers jours et les signaux à suivre pour les 7 prochains.

Gratuit · 1 email/semaine · Désabonnement en un clic