- Nathalie Baye est morte à 77 ans. Sa famille l'a annoncé à l'AFP le 18 avril 2026
- La cause du décès n'a pas été communiquée par la famille
- Quatre César remportés : 1981, 1982, 1983 pour trois rôles consécutifs, puis 2006 pour Le Petit Lieutenant
- Dix nominations aux César au total, sur un parcours de cinquante ans entamé en 1972
- Née le 6 juillet 1948 à Mainneville (Eure), elle laisse une fille, la comédienne Laura Smet
Nathalie Baye est morte. Elle avait 77 ans.
Sa famille a transmis la nouvelle à l'AFP le 18 avril 2026, tôt dans la matinée. Aucune cause n'a été précisée. L'actrice s'était faite plus rare au cinéma ces dernières années, sans s'éloigner tout à fait des plateaux : son dernier long-métrage, La Nuit du verre d'eau, date de 2023.
Derrière elle, un palmarès rare. Quatre César. Dix nominations. Cinquante ans de rôles, entre cinéma d'auteur et grand public.
Quatre César, dont trois années de suite
Le chiffre frappe quand on le pose à plat : dix nominations aux César, quatre victoires. Un taux de réussite de quarante pour cent sur un quart de siècle.
Son premier César, en 1981, lui revient pour le second rôle dans Sauve qui peut (la vie), le retour de Jean-Luc Godard au cinéma dit commercial. L'année suivante, nouvelle récompense du second rôle pour Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre. En 1983, elle décroche enfin le premier rôle pour La Balance de Bob Swaim, polar urbain devenu culte.
Trois années consécutives, trois statuettes. La séquence reste rare dans l'histoire des César.
Elle devra attendre 2006 et Le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois pour en remporter un quatrième, de nouveau en premier rôle, face à Jalil Lespert. Dans l'intervalle, six autres nominations. Jamais transformées. Le cinéma français l'aimait sans cesse lui donner raison.
De Truffaut à Spielberg
Elle entre au cinéma en 1972 avec Faustine et le Bel Été de Nina Companeez. Premier emploi, premiers pas. La révélation vient l'année suivante : François Truffaut lui confie le rôle de la scripte dans La Nuit américaine, film qui remporte l'Oscar du meilleur film étranger en 1974.
Truffaut, Godard, Pialat, Tavernier, Chabrol. La Nouvelle Vague et ses héritiers l'installent au centre du cinéma d'auteur français des années 1970 et 1980. Maurice Pialat la dirige dans La Gueule ouverte (1974). Bertrand Tavernier la choisit pour Une semaine de vacances en 1980.
Puis Hollywood la trouve. Steven Spielberg lui confie un rôle face à Leonardo DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux en 2002. Nathalie Baye joue la mère de Frank Abagnale, personnage réel. Le film dépasse les 350 millions de dollars de recettes mondiales.
En 2017, Xavier Beauvois la réunit à sa fille Laura Smet dans Les Gardiennes. Mère et fille jouent mère et fille. Une première pour elles deux à l'écran, même si elles s'étaient croisées sur d'autres projets.
Johnny Hallyday, une rencontre d'avril 1982
Sa vie privée, elle l'a toujours défendue avec une réserve rare dans le métier. Un épisode a échappé à cette discrétion : sa relation avec Johnny Hallyday.
Ils se rencontrent le 23 avril 1982, sur un plateau de télévision. Le chanteur quitte Sylvie Vartan. Leur histoire durera quatre ans. Le 15 novembre 1983, naît leur fille Laura, que Johnny Hallyday reconnaît sous le nom de Smet, son vrai patronyme. Le couple se sépare en mars 1986.
Laura Smet prolonge la lignée. Elle tourne pour la première fois en 2004 dans Les Corps impatients de Xavier Giannoli. Nomination aux César l'année suivante, dans la catégorie espoir féminin.
2022, l'aveu public : dyslexie, dyscalculie, claustrophobie
En 2022, Nathalie Baye accorde un entretien dans lequel elle revient sur son parcours scolaire. Dyslexique, dyscalculique, claustrophobe. Trois troubles qu'elle avait gardés pour elle pendant des décennies.
L'aveu surprend ceux qui l'ont vue incarner des figures maîtresses à l'écran. Il rappelle aussi que la scène et le plateau ne coïncident pas toujours avec la vie qu'on mène à côté.
Elle dira s'être réfugiée dans la danse classique adolescente, avant de basculer vers le théâtre puis le cinéma. Une trajectoire qui, à l'entendre, ressemblait moins à un plan qu'à une succession d'échappées.
Des derniers rôles jusqu'en 2023
Les années 2020 l'ont retrouvée régulièrement à l'affiche. Garçon chiffon de Nicolas Maury en 2020. Haute couture de Sylvie Ohayon en 2021, où elle incarne une première d'atelier chez Dior partant à la retraite. Lui de Guillaume Canet la même année. Downton Abbey 2 : Une nouvelle ère en 2022, son deuxième détour anglo-saxon après Spielberg. Alibi.com 2 de Philippe Lacheau en 2023, à l'autre bout du spectre. Puis La Nuit du verre d'eau de Carlos Chahine, toujours en 2023.
Le grand public l'avait croisée sur tous les registres. Le thriller, la comédie d'auteur, la série britannique, le film populaire de studio. Elle passait d'un pôle à l'autre sans que le public ni les cinéastes s'en étonnent.
Ce qui reste
Il y a les films. Il y a le palmarès. Il y a aussi une manière d'être à l'écran, sobre et attentive, que beaucoup d'acteurs plus jeunes ont citée comme référence.
Le cinéma français perd une présence. Le chiffre des quatre César résumera une partie de l'hommage. Les dix nominations en rappelleront une autre : quelqu'un de souvent appelé, rarement consensuel, toujours choisi.
La famille n'a pas précisé de date de cérémonie.
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