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KNDS :
accord franco-allemand sur les chars, cap sur la Bourse

La France et l'Allemagne ont scellé un accord sur la gouvernance paritaire de KNDS, le géant franco-allemand des chars Leclerc et Leopard. Berlin montera à parité avec Paris, et le groupe pourrait bientôt entrer en Bourse, à une valorisation estimée entre 15 et 18 milliards d'euros.

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Des dirigeants de KNDS lors d'un salon de défense, devant un matériel du groupe
Des dirigeants de KNDS devant un système d'artillerie du groupe, lors d'un salon de défense.© AFP / Thomas Samson

Paris et Berlin ont scellé lundi un accord sur la gouvernance « paritaire » de KNDS, le géant franco-allemand de l'armement terrestre né de la fusion du français Nexter et de l'allemand Krauss-Maffei Wegmann. L'entente rééquilibre l'actionnariat entre les deux États et ouvre la voie à une prochaine introduction en Bourse du fabricant des chars Leclerc et Leopard.

Jusqu'ici, l'État français détenait seul la moitié du capital ; l'Allemagne, qui montera à 40 %, vise désormais la parité. Le geste est autant politique qu'industriel, alors que l'Europe s'emploie à muscler son industrie de défense face à la guerre en Ukraine et au désengagement américain. Selon l'agence Bloomberg, l'opération valoriserait le groupe entre 15 et 18 milliards d'euros, avec une cotation envisagée à Paris comme à Francfort.

Le char du futur en ligne de mire

Derrière l'accord capitalistique se joue un programme stratégique : le MGCS, ce « système principal de combat terrestre » censé remplacer, à l'horizon 2040, le Leopard 2 allemand et le Leclerc français. Longtemps enlisé dans les rivalités industrielles entre les deux pays — qui se sont disputé pendant des années le leadership du programme, la répartition des tâches et le calendrier —, le projet associe aussi l'allemand Rheinmetall et le français Thales. KNDS fournit déjà chars et systèmes d'artillerie à plusieurs armées européennes et soutient l'effort ukrainien ; la clarification de sa gouvernance lève l'un des principaux verrous qui retardaient le programme.

L'ouverture du capital intervient alors que le continent réarme. La France a revu à la hausse sa programmation militaire, et l'ensemble de l'Europe réoriente ses budgets vers la défense. Berlin, qui a fortement relevé ses dépenses militaires depuis l'invasion de l'Ukraine, pousse pour une industrie continentale plus intégrée et moins dépendante des États-Unis. Coter KNDS permettrait au groupe de lever des capitaux pour financer ses programmes — quitte à diluer, demain, le contrôle des États sur un actif jugé stratégique.

Plusieurs fleurons industriels ont récemment choisi la Bourse pour financer leur croissance, à l'image de la cotation très attendue de SpaceX ; pour un groupe d'armement détenu par deux gouvernements, l'exercice s'annonce plus délicat, entre appétit des marchés et impératifs de souveraineté.

L'introduction en Bourse n'a pas encore de date. Mais en réglant la question de qui commande, Paris et Berlin ont retiré l'obstacle qui empêchait, depuis des années, leur champion commun des chars de parler d'une seule voix.

L'essentiel

  • La France et l'Allemagne ont conclu un accord sur la gouvernance paritaire de KNDS, le groupe franco-allemand qui fabrique les chars Leclerc et Leopard, ouvrant la voie à son introduction en Bourse.
  • L'État français détenait seul 50 % du capital ; Berlin montera à 40 %, avec l'objectif d'un actionnariat à parité. L'opération valoriserait le groupe entre 15 et 18 milliards d'euros.
  • L'accord débloque le programme du char du futur (MGCS), censé remplacer le Leopard 2 et le Leclerc à l'horizon 2040, et s'inscrit dans l'effort de réarmement européen.

Antoine Lefebvre

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