Deux lignes des factures d'énergie bougent autour du 1er novembre 2026. Le prix repère du gaz, que la Commission de régulation de l'énergie (CRE) publie chaque mois, augmente de 6,6 % toutes taxes comprises par rapport à octobre, selon son communiqué du 12 octobre. Une nouvelle vague de foyers abonnés à l'option classique heures pleines/heures creuses commence à recevoir, foyer par foyer, des horaires différents, avec une partie des heures creuses déplacée en journée. Le premier changement touche ceux dont le contrat de gaz suit le prix repère ; le second, ceux qui ont un compteur Linky et cette option, quand leur fournisseur les aura prévenus.
Gaz : une hausse pour les contrats qui suivent le prix repère
Il n'y a plus de tarif réglementé du gaz depuis le 1er juillet 2023. À la place, la CRE calcule un prix repère, qu'elle décrit comme une « boussole » pour comparer les offres, à laquelle on ne souscrit pas, même si « une partie des offres commercialisées lui est toutefois indexée ». Pour novembre, ce repère s'établit en moyenne à 194,90 euros par mégawattheure toutes taxes comprises, contre 182,88 euros en octobre, d'après les publications du médiateur national de l'énergie pour les deux mois. Pour un foyer dont le contrat suit ce repère, 100 euros de gaz en octobre deviennent environ 106,60 euros en novembre, en moyenne et à consommation égale ; la CRE chiffre le supplément à « 12 € TTC en moyenne » sur le mois pour ces foyers.
La grille détaillée de la CRE, pour la zone desservie par GRDF, qui couvre environ 95 % des foyers raccordés au gaz, donne pour un logement chauffé au gaz un prix moyen de 0,1576 euro par kilowattheure et un abonnement de 360,79 euros par an, taxes comprises. Un foyer qui brûle 12 000 kilowattheures dans l'année, chauffage compris, paierait, si les prix de novembre valaient toute l'année, 1 891 euros de gaz et 361 euros d'abonnement, soit 2 252 euros. Pour les foyers qui n'utilisent le gaz que pour la cuisine ou l'eau chaude, le kilowattheure est plus cher, 0,19027 euro, mais l'abonnement tombe à 152,46 euros par an. La CRE signale un cas intermédiaire : entre 4 000 et 6 000 kilowattheures par an, un foyer chauffé au gaz peut être classé par son fournisseur dans l'une ou l'autre catégorie, et elle l'invite à comparer les offres selon sa consommation réelle. Les foyers raccordés à une entreprise locale de distribution, soit les quelque 5 % qui ne dépendent pas de GRDF, ont leur propre prix repère, que la CRE publie aussi chaque mois, zone par zone.
Le prix repère additionne trois parts : la fourniture, l'acheminement par les réseaux, et les taxes. Dans la fourniture, seul le coût d'achat du gaz a changé. « Seule la part approvisionnement évolue au 1er novembre 2026 », écrit la CRE, « conséquence d'une augmentation des prix sur les marchés du gaz au mois de septembre ». Cette part suit pour 80 % le prix du gaz acheté un mois à l'avance sur la bourse européenne EEX et pour 20 % le prix acheté un trimestre à l'avance ; les tarifs de réseau, eux, ne changent qu'en avril et en juillet.
Qui ne paiera pas plus
Les fournisseurs « n'ont pas l'obligation d'appliquer ce prix repère et sont libres dans la construction de leurs offres », écrit le médiateur. La hausse ne s'applique d'office qu'aux offres indexées sur le repère. Environ 40 % des foyers clients du gaz avaient choisi fin 2025 une offre à prix fixe, selon la CRE. Ces offres protègent des hausses « pendant la durée prévue au contrat, selon les conditions de l'offre », rappelle le médiateur : pour ces clients, le kilowattheure ne bouge pas en novembre. Pour savoir ce que l'on paie vraiment, le médiateur conseille de comparer le prix du kilowattheure et celui de l'abonnement, et non les mensualités estimées, avec son comparateur.
Une partie des heures creuses passe en journée
Le second changement touche l'électricité, et seulement les clients qui ont choisi l'option heures pleines/heures creuses : 14,5 millions en 2025, selon Enedis, le gestionnaire du réseau ; les offres Tempo ou à heures super creuses ne sont pas concernées, précise la CRE dans sa foire aux questions. Depuis le 1er novembre 2025, l'entreprise redistribue leurs huit heures creuses quotidiennes. La règle nouvelle, fixée par la CRE : au moins cinq heures consécutives la nuit, entre 23 heures et 7 heures, et jusqu'à trois heures déplacées en journée, entre 11 heures et 17 heures, surtout l'été, quand les panneaux solaires produisent le plus. Les créneaux du matin, de 7 heures à 11 heures, et du soir, de 17 heures à 23 heures, disparaissent progressivement des heures creuses. Enedis compte déplacer ainsi environ cinq gigawatts de consommation vers les après-midis des mois ensoleillés.
Une première vague, de novembre 2025 à juin 2026, a concerné 1,7 million de clients, ceux qui avaient déjà des heures creuses en journée. La seconde porte sur 9,3 millions de clients, avec une nouveauté : des horaires différents en été et en hiver. Sur sa date, les sources officielles ne disent pas tout à fait la même chose. Le médiateur national de l'énergie écrit le 23 octobre qu'elle commence « à partir du 1er novembre 2026 » ; chez Enedis, le communiqué du 15 octobre 2025 annonce un début « à partir du 2ème semestre 2026 », et la page d'explication, mise à jour en février 2026, situe cette seconde phase « de décembre 2026 à octobre 2027 ». EDF, le principal fournisseur, indique de son côté que ses clients encore en attente recevront leurs nouveaux horaires « entre le 4 novembre 2026 et le 30 novembre 2027 », selon sa page d'information. Dans tous les cas, le passage se fait progressivement, étalé sur des mois, et 3,5 millions de clients, dont les horaires respectent déjà la règle, ne verront rien changer. Les professionnels passeront en dernier, au second semestre 2027.
En hiver, du 1er novembre au 31 mars, les heures creuses se répartissent, selon le médiateur, en six heures la nuit, entre 23 heures et 7 heures, et deux heures en journée ; la CRE précise que certains clients pourront avoir leurs huit heures entièrement la nuit. L'été, du 1er avril au 31 octobre, la part de journée peut monter jusqu'à trois heures. Les horaires exacts dépendent du réseau local : ils sont fixés par Enedis et « ne peuvent pas être choisis par le consommateur », précise le médiateur. « Fini les 8 heures d'affilée uniquement la nuit pour la majorité des foyers », résume l'entreprise ; « seule une minorité conservera une plage unique ».
Aucune démarche, mais des appareils à reprogrammer
Le compteur Linky reçoit ses nouveaux horaires à distance, sans rien demander au client. Le fournisseur d'électricité doit prévenir chaque client « au moins un mois avant la date effective du changement, par courrier ou par voie électronique », indique le médiateur. Les horaires en vigueur figurent sur la facture et dans l'espace client ; en cas de doute, Enedis renvoie au fournisseur, « votre interlocuteur principal ».
Le chauffe-eau dont le contacteur jour-nuit est raccordé à la sortie prévue du compteur Linky, le « contact sec », bascule tout seul sur les nouveaux créneaux. Les appareils programmés à la main, lave-linge, lave-vaisselle, borne de recharge, devront être « reprogrammés manuellement ou via des prises connectées », prévient Enedis. L'option devient avantageuse dès qu'au moins un quart de la consommation a lieu en heures creuses, rappelle le médiateur : un foyer qui continue de faire tourner ses machines le soir, dans un créneau devenu plein, les paiera au tarif des heures pleines.











