Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures du matin, il sera 2 heures : la France passe à l'heure d'hiver, rappelle Service-Public. Le changement intervient cette année le plus tôt possible. La règle le fixe au dernier dimanche d'octobre, qui tombe forcément entre le 25 et le 31 ; il n'était pas tombé un 25 depuis 2020, et cela n'arrivera plus avant 2037.
Le prochain changement aura lieu dans la nuit du samedi 27 au dimanche 28 mars 2027, où l'on avancera d'une heure, puis le retour à l'heure d'hiver le dimanche 31 octobre 2027, selon le calendrier publié par la Commission européenne.
Une règle fixée à l'échelle européenne
La date ne relève pas d'un choix français. Depuis 1998, les dates du changement d'heure sont harmonisées au sein de l'Union européenne : dans tous les pays membres, le passage à l'heure d'hiver a lieu le dernier dimanche d'octobre, et le passage à l'heure d'été le dernier dimanche de mars, selon Service-Public. La règle est inscrite dans la directive européenne 2000/84/CE. En France, un arrêté du 3 avril 2001 la transpose en heure légale : l'heure d'été « se termine le dernier dimanche du mois d'octobre à 3 heures du matin. A cet instant, il est retranché une heure à l'heure légale. »
Un héritage du choc pétrolier
Le changement d'heure a été instauré en France à la suite du choc pétrolier de 1973-1974, pour économiser l'énergie, et il est en vigueur en France hexagonale depuis 1976, selon Vie-publique, le site d'information du gouvernement.
L'argument de l'énergie a perdu de sa force. Selon une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), le changement d'heure a permis d'économiser environ 440 gigawattheures sur l'éclairage en 2009, l'équivalent de la consommation d'éclairage de 800 000 ménages, et l'agence prévoyait que ce gain sur l'éclairage tomberait à 340 gigawattheures en 2030. En octobre 2025, l'Espagne affirmait dans une note aux autres États membres qu'aucun gain d'énergie n'avait été constaté dans le monde, en s'appuyant sur une analyse de 44 études.
Ce que le changement fait à l'organisme
L'organisme met en général de un jour à une semaine à s'adapter à ce décalage, selon l'Inserm. Les jeunes enfants et les personnes âgées ont plus de risque d'en ressentir des effets négatifs, tout comme les adolescents, les travailleurs de nuit et les personnes qui souffrent d'un trouble du sommeil. Le passage à l'heure d'hiver reste le plus facile des deux : selon les chercheurs de l'Inserm Claude Gronfier et Armelle Rancillac, il est généralement plus difficile pour l'organisme d'avancer son horloge biologique d'une heure, au printemps, que de la reculer, à l'automne.
Si le changement d'heure disparaissait, « la grande majorité de la communauté scientifique » recommande de garder l'heure d'hiver toute l'année, indique l'Inserm : avec l'heure d'été en permanence, le réveil en hiver et le coucher en été seraient plus difficiles.
La fin du changement d'heure, bloquée depuis 2019
L'Union européenne a failli y mettre fin. La Commission a proposé en septembre 2018 que chaque État garde la même heure toute l'année, et le Parlement européen a approuvé le principe le 26 mars 2019, par 410 voix contre 192 et 51 abstentions, avec un dernier changement prévu en 2021. En France, une consultation organisée par l'Assemblée nationale en février et mars 2019 avait réuni plus de deux millions de participants : 83,71 % se disaient favorables à la fin du changement d'heure, et 59,17 % préféraient garder l'heure d'été.
Le texte n'a jamais abouti : les États membres, réunis au sein du Conseil de l'Union européenne, n'ont pas trouvé de position commune. « Tant qu'une décision finale n'aura pas été prise, le système actuel restera en place », indique le Conseil. En octobre 2025, l'Espagne a demandé aux autres États membres la reprise des négociations.
La prochaine étape est une étude. Selon une note de la Commission transmise aux États en juin 2026, les discussions se sont enlisées au Conseil en 2019 ; la présidence polonaise a proposé en 2025 d'essayer pendant deux ans l'heure d'été permanente dans toute l'Union, et la Commission a lancé en février 2026 une étude dont les conclusions sont attendues fin 2026. D'ici là, les horloges continueront d'avancer en mars et de reculer en octobre.











