Aller au contenu principal

L'Espagne referme par la mer la frontière de Ceuta

Les victimes de la ruée se sont noyées en contournant la barrière ou ont péri écrasées sur la digue. L'enclave a retrouvé sa frontière en trois jours, et c'est en mer que l'Espagne a refermé la brèche.

Mis à jour le jeudi 6 août 2026 — 09h41
2 min
Des personnes debout derrière une clôture surmontée de barbelés qui descend jusqu'à la mer
Des personnes rassemblées le long de la clôture qui prolonge la frontière jusqu'à la mer, aux abords de Ceuta, le 2 août 2026.© AFP / Abdel Majid Bziouat

Le bilan de la ruée sur Ceuta atteint 67 morts, a annoncé le 1er août le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, un décompte que la préfecture de Ceuta a porté à au moins 79 quatre jours plus tard, auxquels Rabat ajoute onze morts sur le versant marocain. Des migrants se sont noyés en contournant à la nage la barrière qui prolonge la frontière dans la mer ; d'autres ont été écrasés dans une bousculade sur la digue qui sépare l'enclave du Maroc.

Trois jours après le pic de la crise, le ministère évoque le retour de la plus grande partie des quelque 60 000 personnes entrées les 30 et 31 juillet, un total que le ministère a depuis réévalué à environ 72 000 — l'équivalent des trois quarts de la population de l'enclave, qui compte un peu plus de 80 000 habitants. « La situation a été presque entièrement renversée », a déclaré le ministre, qui crédite la coopération marocaine d'un retournement obtenu « en vingt-quatre heures ».

Le ministre a aussi défendu le voisin marocain : « Le Maroc n'est pas une menace pour Ceuta, ni pour le reste de l'Espagne. C'est un partenaire fiable. » Au plus fort de la crise, le chef du gouvernement Pedro Sánchez attribuait la ruée à une rumeur d'ouverture de la frontière, exploitée selon lui par « les mafias » à partir d'une décision de justice détournée de son sens.

Sur place, le président de la ville autonome, Juan Jesús Vivas, décrit une vie quotidienne « perturbée à la suite de l'incident à la frontière », selon des propos rapportés par l'agence Associated Press.

Pour parer une répétition, une barrière de confinement de 500 mètres a été installée le long du brise-lames frontalier, d'après la même agence. C'est là, en mer, que les passages à la nage se faisaient.

Nous avons raconté la rumeur d'ouverture qui a jeté des dizaines de milliers de Marocains vers l'enclave, et le décompte des victimes s'y est alourdi de jour en jour.

Le matin même de l'annonce, rapporte l'agence américaine, les tout derniers migrants franchissaient encore le poste-frontière, dans le sens du retour.

L'essentiel

  • Le président de la ville, Juan Jesús Vivas, témoigne d'un quotidien local marqué par l'épisode
  • La coopération marocaine a permis de reprendre la main en vingt-quatre heures, selon le ministre de l'Intérieur
  • L'Espagne a bouché le passage à la nage en installant une barrière de 500 mètres le long du brise-lames

Par Antoine Lefebvre · Journaliste international

Partagez cet article

Pour aller plus loin

Plus d'actualités Monde

Voir tout

À ne pas manquer

L'essentiel de la semaine

Chaque vendredi soir : les 7 derniers jours résumés, et les signaux à suivre pour les 7 prochains.

Gratuit · 1 email/semaine · Désabonnement en un clic