Donald Trump a annulé jeudi soir les frappes qu'il menaçait de lancer « très fort » contre l'Iran quelques heures plus tôt, affirmant avoir trouvé « un très bon accord » pour mettre fin à la guerre. À Téhéran, la diplomatie a aussitôt tempéré : aucune décision n'est arrêtée.
« Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l'Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe », a déclaré le président américain depuis le Bureau ovale. Il a avancé que son vice-président, JD Vance, pourrait parapher le texte dès « ce week-end » et dit penser que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait validé un « accord-cadre très solide ».
Le président américain n'a donné aucun détail sur le contenu du compromis, sinon qu'il garantirait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz après la signature et l'impossibilité pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Selon un message du bureau de Benjamin Netanyahu sur X, il aurait promis que tout accord final inclurait « l'élimination de l'uranium enrichi » de Téhéran.
La diplomatie iranienne a refroidi l'annonce. « Jusqu'à présent, l'Iran n'a pas encore abouti à une conclusion définitive concernant l'accord », a déclaré son porte-parole, Esmaeil Baqaei, aux médias d'État. Mardi déjà, Donald Trump avait promis un accord imminent — pour la 38e fois depuis le début du conflit, selon un décompte de CNN.
Des frappes annulées au dernier moment
Quelques heures avant ce revirement, le président américain promettait de frapper l'Iran « très fort » dans la soirée et menaçait de « prendre l'île de Kharg », principal terminal pétrolier du pays. Il a finalement annoncé sur son réseau Truth Social avoir « annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus », en « prenant acte » que les discussions avaient été « vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes ». Cet épisode s'inscrit dans une guerre ouverte le 28 février, dont notre dossier retrace les origines et les enjeux.
Cette désescalade survient au lendemain d'une nuit de tirs croisés. L'armée américaine a visé, dans la nuit de mercredi à jeudi, « des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne » à travers l'Iran. Téhéran a riposté en tirant une vingtaine de missiles — tous interceptés — sur la base américaine d'Azraq, en Jordanie, et a de nouveau lancé des drones sur les monarchies du Golfe ; à Bahreïn, une enfant a été blessée par des débris.
Ormuz fermé, le pétrole reflue
Sur le terrain, le geste d'apaisement ne s'est pas encore traduit dans les faits. L'autorité maritime iranienne maintient le détroit d'Ormuz fermé « jusqu'à nouvel ordre », quand les États-Unis continuent d'imposer un blocus des ports iraniens. Les marchés, eux, ont parié sur la détente : le baril de Brent est retombé à 89,12 dollars, contre 93,65 dollars la veille, et les Bourses asiatiques ont rebondi, l'indice Nikkei gagnant plus de 3 % et le Kospi de Séoul plus de 8 %.
Reste le dossier libanais, que Téhéran refuse de dissocier du sien. L'Iran exige que tout accord englobe le Liban, quand Washington veut en traiter le sort séparément. Jeudi, dix membres du personnel d'un hôpital de Tyr, dans le sud du pays, ont été blessés dans un bombardement israélien ; depuis début mars, les opérations israéliennes y ont fait plus de 3 700 morts, selon les autorités libanaises — un front détaillé dans notre suivi Israël-Liban.
Tard jeudi soir, l'Égypte a appelé Washington et Téhéran à saisir « l'opportunité » d'un accord pour mettre fin à la guerre.











